J’ai passé une partie de la nuit dans Stamp Maker, le nouvel outil de tampons personnalisés que Bambu Lab vient d’ajouter à son MakerLab. En dix minutes, j’avais trois tampons prêts à imprimer : texte en miroir géré automatiquement, poignée filetée, export 3MF qui conserve les couleurs. Pour un atelier qui vend des objets personnalisés, c’est le genre d’outil qui remplace une bonne heure de Blender et deux erreurs de sens de texte.
Le principe est direct : tu dessines ton tampon dans le navigateur, tu contrôles la plaque en 3D, tu exportes, tu imprimes. Aucun plugin à installer, aucune inscription sur un site obscur. Tout se passe sur MakerWorld, la plateforme de modèles que Bambu Lab pousse depuis 2023.
Dans cet article, je te montre ce que Stamp Maker fait vraiment, ce qu’il refuse de faire, où se situe la version Pro, et surtout comment je règle l’impression pour que la plaque encaisse l’encre sans baver. Parce qu’un tampon, ce n’est pas un Benchy : la géométrie est facile, c’est le contact avec l’encre qui décide si ton objet finit sur un carton d’invitation ou à la poubelle.
Ce qui change pour toi : un outil gratuit qui sort un STL ou un 3MF directement exploitable, avec les tailles standard de tampons professionnels (rond 18 à 45 mm, rectangle jusqu’à 58 x 22 mm) et le texte en arc pour les ovales. La partie payante, elle, débloque tes propres polices et des plaques de n’importe quelle forme à partir d’un SVG.
🤖 MakerLab, la boîte à outils web de Bambu Lab

MakerLab, c’est l’onglet de MakerWorld où Bambu Lab empile des générateurs qui tournent dans le navigateur : boîtes à découper au laser, dés, médailles, cartes souvenirs, statues à partir d’un portrait. Stamp Maker rejoint cette collection avec une promesse claire : concevoir un tampon complet, corps et poignée compris, sans logiciel de CAO.
Un détail que je n’ai pas vu dans les annonces et qui a son importance : l’outil n’est pas développé par Bambu Lab. La marque fournit la plateforme et l’audience, le moteur de conception vient d’un éditeur tiers. Concrètement, ça ne change rien pour toi quand tu dessines, mais ça explique pourquoi l’interface ne ressemble pas à Bambu Studio et pourquoi la partie payante passe par un paiement unique plutôt que par le store Bambu.
L’éditeur travaille en millimètres, avec grille et règle graduée. Tu peux poser du texte, des icônes, des SVG et des formes simples, puis les déplacer, les tourner et les redimensionner librement. Le texte peut suivre un arc, avec un rayon et une direction réglables : c’est exactement ce qu’il faut pour un tampon rond d’entreprise ou un ovale de mariage. Et comme les cotes saisies correspondent à la taille réelle du modèle, tu ne découvres pas à l’impression que ton logo fait deux fois la largeur prévue.
📐 Stamp Maker : les formats et le vrai confort de l’éditeur

Les gabarits de Stamp Maker couvrent l’essentiel du marché du tampon : des ronds de 18 à 45 mm de diamètre, des rectangles de 15 x 15 mm jusqu’à 58 x 22 mm, et deux tailles ovales. Tu peux aussi sortir des cotes maison si ton projet ne rentre dans aucune case, ce qui m’a servi pour un tampon de 70 x 12 mm destiné à marquer des étiquettes de bobines.
Ce que j’apprécie le plus dans Stamp Maker, c’est la vue 3D. Elle affiche la face du tampon, le corps et la poignée, et tu peux tourner autour avant d’exporter. Sur un tampon, l’erreur classique n’est pas dans le dessin : elle est dans l’assemblage. Une poignée trop courte, un corps trop fin, et tu te retrouves avec un objet qui bascule au moment d’appuyer. Voir l’ensemble avant de trancher évite trois itérations.
La gestion des couleurs de Stamp Maker est pensée pour les imprimantes multicouleur. Tu attribues une couleur séparée à la surface, au bord, à la plaque et à la poignée. En 3MF, ces informations sont conservées, donc ton slicer récupère les assignations sans que tu refasses le travail à la main. C’est le genre de détail qui fait gagner un vrai temps sur une commande de dix tampons.
🎨 Relief ou gravure : le choix qui décide de ton rendu

Stamp Maker propose deux logiques de motif, et beaucoup de makers se trompent à ce moment-là. En mode relief, les lettres dépassent et prennent l’encre : c’est le tampon classique, celui que tu poses sur le papier et qui laisse ton texte encreur sur fond blanc. En mode creusé, c’est l’inverse : les lettres restent en retrait, la surface autour prend l’encre, et tu obtiens un tampon en négatif, avec un texte qui apparaît en blanc dans un bloc de couleur.
Les deux rendus sont utiles, mais ils ne se règlent pas pareil, et Stamp Maker ne t’avertit pas si tu te trompes de mode. Un motif en relief demande une surface bien plane et une pression régulière. Un motif en négatif pardonne moins les défauts : la moindre surépaisseur sur le pourtour se voit tout de suite comme une tache. Sur mes essais, le négatif est celui qui m’a demandé le plus d’ajustements de débit.
Autre point que Stamp Maker gère pour toi : le miroir. Sur la photo du haut, les plaques affichent un texte inversé, c’est normal, c’est la face qui touche l’encre. Stamp Maker applique cette inversion à l’export, et c’est précisément là que la plupart des tutos Blender font perdre une heure à leurs lecteurs.
💸 Gratuit ou Pro : ce que tu paies vraiment
La base de Stamp Maker est gratuite et déjà utilisable pour de la vraie production : tu dessines, tu exportes en STL ou en 3MF, tu imprimes. Les projets se sauvegardent en JSON, ce qui permet de rouvrir un tampon six mois plus tard pour changer une date ou un numéro de série sans repartir de zéro.
La version Pro de Stamp Maker s’achète en une fois, et elle débloque trois choses précises : tes propres polices TTF et OTF, des plaques de forme libre à partir d’un contour SVG, et sept cadres décoratifs (vague, zigzag, méandre et compagnie). Point important : un projet qui utilise une fonction Pro ne s’exporte qu’avec la version Pro. Si tu bosses avec un client tatillon qui veut sa police de marque, tu n’as pas le choix, il faut passer à la caisse.
Mon conseil : commence gratuit. Un tampon d’adresse, un logo simple, un tampon d’atelier avec ton numéro de série, tout passe avec les gabarits standards. Le Pro devient intéressant le jour où tu veux une plaque ronde qui épouse un logo vectoriel existant ou une police sur mesure.
🖨️ Mon réglage d’atelier pour un tampon qui encaisse

Un tampon imprimé en 3D, ça marche, mais pas avec n’importe quel filament. Le PLA rigide sur une plaque fine donne un contact sec, irrégulier, et l’encre ne se répartit pas. Sur les plaques que je sors de Stamp Maker, je pars sur du TPU souple pour la partie qui touche le papier, et je garde le PLA ou le PETG pour le corps et la poignée. C’est exactement le montage de la photo : une base rigide imprimée en bleu, une plaque souple rapportée dessus, et l’encre qui se dépose sur les lettres.
Le réglage qui compte, c’est la hauteur de couche sur la face gravée. Plus la couche est fine, plus les lettres sont nettes, mais plus l’impression est longue. Sur une plaque de 40 x 15 mm, je reste sur une couche fine et une vitesse basse sur les premières couches, quitte à perdre vingt minutes. Un tampon, tu ne l’imprimes pas tous les jours : autant que la première version soit la bonne.
Deuxième réglage : le débit. Un léger sous-extrusion sur la face du tampon est préférable à une sur-extrusion. Une surépaisseur de matière sur le pourtour d’un motif en négatif se transforme en halo à l’encrage, et aucun ponçage ne rattrape ça proprement.
Troisième point, l’encre. Un tampon imprimé en 3D boit l’encre si la surface est poreuse. Une surface bien lisse, voire un léger ponçage au papier très fin sur les lettres, change complètement la qualité du rendu. Et pour les grosses plaques, je préfère l’encrage à la main au tampon encreur classique plutôt qu’un coussin trop chargé.
⚠️ Les trois limites que personne ne te dit

Première limite de Stamp Maker : le texte fin. Sous 18 mm de diamètre, un tampon rond avec un texte détaillé devient un exercice de patience. L’outil te laisse descendre dans les petites tailles, mais ce n’est pas parce que le fichier sort que la plaque s’encrera lisiblement. En dessous de cette taille, je simplifie le dessin, je supprime les fioritures, et je monte l’épaisseur des traits.
Deuxième limite : Stamp Maker n’est pas un logiciel de CAO. Il ne sait pas construire un mécanisme, un boîtier ou une pièce technique. Pour ça, il faut SolidCraft, FreeCAD ou un outil comme OrcaSlicer pour la préparation. L’outil fait une chose, il la fait bien, mais il ne remplace pas ton atelier logiciel.
Troisième limite de Stamp Maker : la dépendance à la plateforme. Un tampon rangé dans ton navigateur, c’est pratique, sauf le jour où le service change de modèle économique. Le JSON sauvegardé et le STL exporté sont tes vrais filets de sécurité. Je télécharge systématiquement le fichier local, même pour un projet d’essai.
🆚 Stamp Maker face aux autres méthodes

Avant Stamp Maker, un tampon personnalisé, c’était deux routes. La première : commander chez un fabricant de tampons encreurs, avec un délai de plusieurs jours et un prix qui grimpe vite dès qu’on sort des formats standards. La seconde : imprimer une plaque soi-même, souvent en sculptant le texte en miroir dans un logiciel de CAO, puis coller la plaque sur une poignée imprimée à part.
La deuxième route marche très bien, et Prusa a même publié un guide complet sur l’impression de tampons, avec les essais de plaques souples et les empreintes qui vont avec. Mais elle demande de maîtriser le miroir, l’épaisseur de trait et l’assemblage. L’outil de Bambu Lab range tout ça dans une interface unique, avec des gabarits qui correspondent aux tailles réellement vendues dans le commerce.
Il reste un cas où je ne l’utilise pas : les tampons très grands, au-delà de 58 x 22 mm, ou les motifs purement graphiques sans texte. Là, je repasse par un vectoriel et une découpe laser sur caoutchouc, parce que le rendu sur de grandes surfaces reste plus régulier. Mais pour 90 % des demandes d’un atelier de personnalisation, l’outil suffit largement.
✅ FAQ : les questions que je reçois sur Stamp Maker
Stamp Maker est-il vraiment gratuit ?
Oui pour l’essentiel. Avec Stamp Maker, tu peux dessiner, mettre du texte, choisir un gabarit, voir la plaque en 3D et exporter en STL ou 3MF sans payer. La version Pro, en paiement unique, ajoute les polices personnelles (TTF et OTF), les plaques de forme libre à partir d’un SVG et sept cadres décoratifs. Un projet qui contient une fonction Pro ne s’exporte qu’avec le Pro.
Quels formats puis-je sortir de Stamp Maker ?
Du STL, qui ne garde pas les couleurs, et du 3MF, qui conserve les assignations de couleur pour les imprimantes multicouleur. Le corps et la poignée peuvent être exportés ensemble ou séparément. Les projets, eux, se sauvegardent en JSON.
Quel filament pour une plaque de tampon imprimée en 3D ?
Je pars sur du TPU souple pour la plaque qui touche le papier, avec un corps et une poignée en PLA ou en PETG. Le TPU épouse mieux le papier et répartit l’encre, alors qu’une plaque 100 % rigide donne un contact sec et irrégulier. Et sur les motifs en négatif, je surveille le débit pour éviter les surépaisseurs.
Combien de temps pour fabriquer un tampon avec Stamp Maker ?
Le dessin dans Stamp Maker prend quelques minutes quand le gabarit est choisi. Le temps réel part dans l’impression : une plaque de 40 x 15 mm en couche fine demande de la patience, et c’est le poste qui compte si tu produis une série. Sur une commande de dix tampons, je lance une plaque de test avant la série, systématiquement.
🔗 Sources
Toutes les informations techniques de cet article viennent de sources vérifiables, pas d’une notice inventée :
- 3Druck.com : Bambu Lab Stamp Maker, l’annonce et les gabarits
- MakerWorld MakerLab : la liste des outils, dont Stamp Maker
- Blog Prusa Research : les guides d’impression de tampons
- Bambu Lab Wiki : réglages imprimante et profils filament
Si tu veux aller plus loin sur les réglages de filament, j’ai déjà détaillé comment j’imprime le TPU sans galère, et le vrai prix de la multicouleur pour savoir quand le 3MF coloré vaut le coup. Et si tu hésites encore entre personnalisation imprimée et gravée, mon article sur le PETG Matte te donnera le rendu attendu sur les objets du quotidien.
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Johan
À demain pour une nouvelle actu maker, et d’ici là, lance Stamp Maker et imprime un tampon avec ton propre nom : c’est le meilleur test pour comprendre la logique du miroir.




