OrcaSlicer 2.5 vient de sortir en alpha le 16 octobre 2026, et c’est tout simplement la version la plus gonflée de l’histoire du slicer : plus de 950 pull requests, 140 contributeurs, des plugins Python, le mélange de couleurs, la texture en relief, les imprimantes à tapis roulant et même un onglet CAD. J’ai lu les notes de version en entier, regardé chaque démo et testé l’installation dans mon atelier. Voilà ce qui marche, ce qui casse et ce que je te conseille d’activer dès maintenant.
OrcaSlicer 2.5, c’est le moment où ce logiciel gratuit cesse d’être « un fork de Bambu Studio avec des réglages en plus ». Il devient une plateforme extensible, avec son propre magasin de plugins et son propre moteur de CAO. Pour un outil développé par des bénévoles, le saut est énorme, et je vais te montrer pourquoi ça change ta façon de trancher.
Les chiffres à retenir
OrcaSlicer 2.5.0 alpha : 950+ pull requests, 140+ contributeurs, plus de 40 textures intégrées, 8 couches de texture empilables, démarrage en 3,4 s contre 7,5 s avant. Sortie le 16 octobre 2026 sur GitHub, gratuite et open source.
Avant d’entrer dans le détail, un avertissement que je répète à chaque alpha : OrcaSlicer 2.5 n’est pas une version de production. L’équipe le dit noir sur blanc dans les notes, plusieurs fonctions sont expérimentales et l’API des plugins va encore bouger. Sauvegarde tes profils et tes projets avant de jouer avec, sinon tu vas pleurer tes réglages de filament maison.
🧩 Les plugins Python : OrcaSlicer 2.5 s’ouvre pour de bon
C’est la nouveauté qui compte le plus sur le long terme. OrcaSlicer 2.5 embarque un runtime Python complet, donc plus besoin d’installer quoi que ce soit à côté : un plugin est un simple fichier .py ou un paquet .whl, et ses dépendances s’installent toutes seules. Sur Windows, ça fonctionne même quand le chemin dépasse la limite des 260 caractères, ce qui arrivait tout le temps avec une installation portable dans un dossier profond.

Quatre familles de plugins existent dans OrcaSlicer 2.5. Les Script ajoutent des actions lancées en un clic depuis la fenêtre Plugins ou le Speed Dial. Les Slicing Pipeline interviennent pendant le tranchage lui-même : ils lisent et modifient les couches, les parois et le remplissage, et le G-code suit. Les Pages ajoutent un onglet à côté de Prepare, Preview et Device, ou un panneau docké déplaçable. Les Resource Texture fournissent des packs de textures pour le Texture Displacement.
Le magasin est hébergé sur Orca Cloud, et j’y ai déjà vu passer des choses intéressantes : PrintProfiles pour piocher des profils de filament communautaires, un pont vers Spoolman pour la gestion des bobines, un inspecteur de réglages modifiés, un plugin de maintenance imprimante, un générateur de SVG multicolore. L’abonnement suit ton compte : un plugin installé sur un poste arrive sur les autres quand tu te connectes, et les mises à jour sont proposées automatiquement.
Le détail sécurité qui rassure
Un plugin ne peut pas lire le fichier de configuration d’OrcaSlicer 2.5 ni ton jeton Orca Cloud. Les dossiers nommés secrets, certs ou config et les fichiers .conf et .ini sont bloqués. Dès qu’un plugin veut écrire hors du dossier de données, aller sur le réseau, lancer un programme ou démarrer un thread, une fenêtre te demande l’autorisation et mémorise ta réponse.
Franchement, c’est le genre de garde-fou que je n’attendais pas d’un projet communautaire. Un plugin peut mentir, mais il ne peut pas te voler tes identifiants sans que tu aies cliqué oui. Et si un préréglage du projet utilise un plugin absent, OrcaSlicer 2.5 propose de l’installer ou de l’activer, et garde le bouton Slice désactivé tant que ce n’est pas réglé. Ça évite les tranchages silencieux avec des réglages incomplets.
⚡ Speed Dial : la barre espace devient ton meilleur raccourci

Appuie sur espace n’importe où dans OrcaSlicer 2.5, et une palette de recherche s’ouvre. Tu tapes trois mots et tu lances à peu près tout : ouvrir un projet, changer de mode Simple, Advanced ou Expert, slicer, sauter à une couche, arranger le plateau, lancer une calibration, exécuter un script de plugin. Tu peux aussi sauter directement à n’importe quel réglage d’imprimante, de filament ou de process, avec son infobulle affichée et F1 qui ouvre la page wiki correspondante.
Les actions récentes remontent en premier, ce qui est la vraie bonne idée : au bout de dix minutes, la palette connaît ta façon de travailler. On épingle jusqu’à dix favoris avec Ctrl ou Cmd + B, puis on les lance avec Alt ou Option + 1 à 9. Et si ton interface est en français, la recherche d’OrcaSlicer 2.5 comprend aussi les noms anglais des commandes, donc un tuto anglophone reste utilisable. Dans mon atelier, c’est le genre de détail qui fait gagner plus de temps que trois réglages exotiques.
🎨 Le mélange de couleurs : deux bobines, une palette entière
Voilà la fonction que j’attendais depuis mon article sur le vrai prix de l’impression multicouleur. Dans OrcaSlicer 2.5, une nouvelle section Mixed Filament combine deux ou trois filaments du même type, aux ratios que tu choisis, dans un emplacement de filament supplémentaire. Tu assignes ensuite ce mélange à un objet, une partie, une fonctionnalité ou une zone peinte.

Le principe est simple : OrcaSlicer 2.5 imprime les deux couleurs en couches très fines alternées, et ton œil fait la moyenne. La case Mixed color sublayer, dans Process puis Quality, découpe ces couches en sous-couches encore plus fines pour un dégradé plus propre. Et si tu l’actives sur un mélange, tu peux même imprimer un vrai gradient qui glisse d’une couleur à l’autre sur la hauteur de la pièce. La boîte de dialogue prévisualise le résultat et propose des mélanges recommandés.
Deux détails que j’aime beaucoup. D’abord, Decompose Color dans le menu contextuel d’un filament : tu lui donnes la couleur cible, il te dit quel mélange de tes bobines actuelles s’en approche le plus. Ensuite, l’import de modèles texturés : glTF, GLB et FBX sont acceptés, et les couleurs du modèle sont converties en peinture de couleur, avec un réglage Color Count pour réduire la palette. Le bouton d’auto-mélange CMYW ou RYBW construit des filaments proches des couleurs que tu n’as pas en stock.
Bon point pour le portefeuille : les mélanges n’agrandissent pas la tour de purge. Et ils sont sauvegardés avec le projet, donc ton fichier reste lisible sur une autre machine.
🧱 Texture Displacement : du relief réel, pas de la fausse peau

La peau floue, c’est sympa cinq minutes. Là, OrcaSlicer 2.5 va beaucoup plus loin avec Texture Displacement : tu peins une zone du modèle, tu choisis une texture parmi plus de 40 intégrées ou tu importes ton PNG, JPG ou BMP, tu règles la profondeur et la taille de motif en millimètres, et tu cliques sur Bake. Sauf qu’à la différence du fuzzy skin, le bake modifie le maillage lui-même. Donc la texture se tranche, se prévisualise et s’exporte comme n’importe quelle géométrie.
On peut empiler jusqu’à huit couches de texture, avec des modes de fusion Add, Override, Subtract, Multiply ou Divide. Chaque couche se projette de six façons : triplanaire, cylindrique, sphérique, depuis la vue courante, Unwrap avec son propre éditeur UV, ou Model UV quand le modèle apporte ses coordonnées. Et tout ça reste éditable : les couches, les images, les zones peintes et la mise en page UV sont enregistrées dans le fichier 3MF.
Le truc qui m’a scotché dans OrcaSlicer 2.5, c’est l’option Colors. Une texture en couleur peut aussi colorer la pièce : chaque couleur de l’image est associée au filament le plus proche, et avec Mix filaments, le bake crée automatiquement des filaments mélangés pour les teintes intermédiaires, huit par défaut. Une image devient donc un objet imprimé en relief et en couleur, sans passer par un logiciel de sculpture. Pour de la personnalisation de boîtier, de la signalétique ou un cadeau un peu fou, c’est une dinguerie.
🏭 Tapis roulant, IDEX et IQEX : OrcaSlicer 2.5 sort des sentiers battus
Deux gros morceaux matériels dans cette version. D’abord les imprimantes à tapis roulant, ces machines à Z infini dont le portique est incliné au-dessus d’une bande qui évacue la pièce. OrcaSlicer 2.5 livre des profils pour la Printcepts BabyBelt Pro et l’IdeaFormer IR3 V2, plus un profil Generic Belt Printer à adapter à la famille CR-30. L’angle est dans le profil, donc un tapis à 30 degrés passe aussi.

Techniquement, OrcaSlicer 2.5 tourne le modèle pour l’aligner sur l’angle du tapis et tranche avec le moteur habituel. Résultat : parois, remplissage, coutures, lissage et peinture fonctionnent sans réglage spécifique. La « première couche » devient une bande le long du tapis, avec sa vitesse et sa température appliquées sur toute la hauteur. En revanche, jupe, radeau, bouclier, tour de purge standard, arc fitting et couture en scarf sont désactivés, et le Z-hop est à zéro. La tour de purge multicouleur est remplacée par une tour latérale adaptée à la bande.

Ensuite, l’impression parallèle sur IDEX et IQEX. Sur une machine à deux têtes indépendantes, un double portique ou une IQEX avec deux têtes par portique, chaque chariot actif imprime sa propre copie de la pièce en même temps, en copie simple ou en miroir. Un seul tranchage produit donc deux à quatre pièces. OrcaSlicer 2.5 slice une fois, affiche l’emplacement exact de chaque chariot, garde les pièces hors des zones de collision et indique au firmware le mode à exécuter. Klipper, RepRapFirmware et Marlin 2 sont pris en charge.
Dans la pratique, tu définis le rôle de chaque outil dans une grille visuelle, Copy, Mirror, Span ou inactif, avec le G-code qui bascule ton firmware dans ce mode. Chaque plateau a son icône de mode, donc un même projet peut mélanger des plateaux normaux et des plateaux en miroir. Les profils Vivedino Xplorer sont fournis, et les autres machines se configurent à la main. Si tu hésites encore entre changeur d’outils et système multicolore classique, mon comparatif AMS contre tool changer reste la bonne porte d’entrée.
✏️ Un CAD dans le slicer : l’onglet Design, très expérimental

C’est la partie qui va faire parler. OrcaSlicer 2.5 cache un atelier de CAO paramétrique dans un onglet Design, désactivé par défaut. Pour l’activer, il faut cocher « CAD feature (experimental) » dans Preferences, General, Features, puis redémarrer. Tu dessines une esquisse sur le plateau, un plan de référence ou une face, avec lignes, rectangles, arcs, cercles, lumières et splines, puis tu contrains et tu cotés pendant que le solveur affiche les degrés de liberté restants.
Ensuite, Extrude, Revolve, Sweep et Loft transforment le profil en solide, affiné par congés, chanfreins, coques, dépouilles, perçages aux normes ISO et ANSI, filetages modélisés, motifs et booléens. Des variables et des expressions peuvent piloter n’importe quelle cote, et chaque étape reste éditable dans l’arbre de fonctions. On importe des STEP en solides, on exporte en STEP, et Commit to Plate envoie la pièce dans Prepare. L’historique est stocké dans le 3MF.
Mon avis : pour de la pièce fonctionnelle simple, ça va devenir un gain de temps monstrueux, parce que tu ne sors plus du slicer. Pour du vrai design, un outil dédié reste devant, et j’en parle dans mon article sur SolidCraft, le CAD open source en Rust. Et c’est une preview : attends-toi à des changements entre deux builds.
🔩 Bambu Lab H2C, A2L et buses mixtes sur H2D et X2D

OrcaSlicer 2.5 ajoute le support complet de la Bambu Lab H2C et de l’A2L, avec préchauffage, refroidissement et impression multicolore sur le rack à changement de buse de la H2C. Le slicer suit quel filament est chargé dans chaque buse et ne purge que lorsque le filament change, donc la consommation et le temps restent proches de Bambu Studio. Le Filament Track Switch de Bambu est aussi porté, mais l’équipe précise qu’il n’a pas été testé sur machine.
Autre nouveauté très concrète : les buses de tailles différentes sur H2D et X2D. Une buse de 0,2 mm pour les parois extérieures et une de 0,8 mm pour le remplissage rapide, dans le même print. Les largeurs de ligne, le remplissage, les supports et le lissage sont calculés selon la buse qui imprime chaque partie. Et les variantes d’extrudeur arrivent sur toutes les imprimantes : Standard, High Flow, Extra High Flow, chaque buse ayant ses propres vitesses et limites.
Côté Bambu toujours, OrcaSlicer 2.5 permet de lancer et surveiller le séchage du filament sur un AMS 2 Pro ou un AMS HT depuis l’onglet Device, affiche les filaments dégradés et multicolores dans le sélecteur AMS, et passe à un lecteur vidéo basé sur FFmpeg pour une image plus fluide.
🚀 Une alpha deux fois plus rapide au démarrage

Les chiffres viennent des tests Windows des développeurs, et ils sont spectaculaires. La page d’accueil est prête en 3,4 secondes au lieu de 7,5. Le chargement des préréglages au lancement tombe de 810 à 256 millisecondes. Après une mise à jour de profil, les dialogues de sélection d’imprimante et de filament s’ouvrent en 2,3 secondes au lieu de 6,2. Sur mon poste, la différence se sent surtout au premier lancement de la journée, quand je veux juste vérifier une cote.
Il y a aussi du plus discret mais du utile : les modificateurs Precise Seam, de nouvelles options de remplissage, la publication de 3MF, des améliorations de la ligne de commande, et une longue liste de corrections sur les ponts, les supports, les profils et la connectivité. L’équipe parle aussi de résultats de tranchage plus cohérents, ce qui compte quand tu compares deux impressions dans la même journée.
⚠️ Ce que je ne te conseille pas de faire avec OrcaSlicer 2.5
Trois réserves, et elles sont sérieuses. Primo, c’est une alpha : sauvegarde ton dossier de profils avant l’installation, et garde la 2.4.2 à côté pour les commandes urgentes. Deuxio, l’API des plugins va évoluer, donc ne construis pas ton flux de production sur un plugin maison avant la version stable. Tertio, les fonctions expérimentales comme le Slicing Pipeline et l’onglet Design peuvent changer de comportement entre deux builds.
Mon conseil d’atelier pour OrcaSlicer 2.5 : installation portable dans un dossier séparé, projet de test uniquement, et un seul réglage nouveau activé à la fois. Comme ça, si une pièce rate, tu sais immédiatement ce qui est en cause. Et pour le boulot sérieux, la version 2.4.2 reste ta filet de sécurité.
🔧 Comment je l’installe dans mon atelier
Je télécharge l’installeur depuis la page GitHub des releases, je choisis la version portable pour ne pas toucher à mon installation stable, et je coche le mode Advanced dès le premier lancement. Ensuite, je copie mes profils d’imprimante et de filament un par un, pas en bloc : c’est le meilleur moyen de repérer un profil qui ne passe pas la nouvelle gestion des variantes d’extrudeur.
Deuxième étape, j’ouvre la fenêtre Plugins d’OrcaSlicer 2.5 et j’installe un seul script, jamais cinq d’un coup, pour vérifier que les autorisations se comportent comme prévu. Troisième étape, je lance un bench de calibration sur une pièce de référence et je compare le temps et le rendu avec la 2.4.2. Si l’écart est nul, je migre. Si l’écart est positif, je garde les deux et j’attends la bêta. C’est la méthode que j’applique depuis mon premier article sur les six bénévoles derrière OrcaSlicer, et elle m’a évité bien des impressions gâchées.
❓ FAQ OrcaSlicer 2.5
OrcaSlicer 2.5 est-il stable pour un usage quotidien ?
Non. OrcaSlicer 2.5 est une alpha destinée aux tests, et l’équipe demande explicitement de sauvegarder projets et profils. Pour la production, garde la 2.4.2 et teste la 2.5 en parallèle sur des projets sans enjeu.
Les plugins d’OrcaSlicer 2.5 peuvent-ils accéder à mes fichiers ?
Uniquement avec ton accord. OrcaSlicer 2.5 bloque l’accès au fichier de configuration et au jeton Orca Cloud, et demande une autorisation explicite pour écrire hors du dossier de données, sortir sur le réseau, lancer un programme ou démarrer un thread.
Faut-il une imprimante spéciale pour le mélange de couleurs d’OrcaSlicer 2.5 ?
Non, il faut surtout deux ou trois filaments du même type chargés. Le mélange fonctionne en imprimant des couches très fines alternées, donc n’importe quelle imprimante multicouleur compatible avec OrcaSlicer 2.5 peut le faire, sans tour de purge plus grosse.
L’onglet Design d’OrcaSlicer 2.5 remplace-t-il un vrai logiciel de CAO ?
Pas encore. L’onglet Design d’OrcaSlicer 2.5 est une preview expérimentale, désactivée par défaut, qui excelle sur les pièces fonctionnelles simples. Pour du design complexe, un outil dédié comme SolidCraft ou FreeCAD reste nécessaire, mais l’export STEP permet de passer de l’un à l’autre.
📚 Sources
Notes de version officielles : OrcaSlicer v2.5.0-alpha sur GitHub (publiée le 16 octobre 2026).
Documentation de la version : wiki OrcaSlicer, V2.5.0 Alpha.
Guide des plugins : Premiers pas avec les plugins OrcaSlicer.
Magasin communautaire : Orca Cloud, plugin hub.
Couverture presse : 3Druck, OrcaSlicer 2.5.0 Alpha.
On en discute sur le Discord du CréAtelier : mes tests de slicer, mes profils de filament et mes ratés d’alpha y passent en premier.
Johan
Le CréAtelier




