Il y a un truc qui m’a toujours agacé avec le PETG : cette brillance de plastique, celle qui trahit chaque couche et qui donne à un objet pourtant solide une tête de jouet bas de gamme. Le PETG Matte de Bambu Lab arrive pile pour régler ce problème, et je dois dire que je ne l’ai pas vu venir.

Bambu Lab a lancé son PETG Matte fin septembre 2026, et la promesse tient en une phrase : la finition mate du PLA, la solidité du PETG, huit teintes au catalogue et un prix qui reste dans la zone raisonnable. Dans mon atelier, le PETG est le filament que j’utilise le plus pour tout ce qui doit survivre à l’humidité, au soleil ou à une salle de bain. Mais je le boudais dès qu’un objet devait être joli sur une étagère.
Donc oui, cette sortie m’intéresse au plus haut point. Au programme de cet article : la fiche technique officielle, les vrais chiffres mécaniques, la règle des 72 heures pour l’humidité, les réglages que je vais appliquer sur mes machines et le prix en Europe. Reste sur la partie supports et sur la partie séchage, ce sont les deux passages qui changent vraiment la vie.
Le PETG Matte de Bambu Lab est un PETG reformulé à finition mate, proposé en 8 teintes, à 15,99 € la bobine (9,59 € en lot de 10 bobines et plus), compatible avec tous les AMS, avec une buse réglée entre 230 et 260 °C et un plateau entre 65 et 75 °C.
🎨 PETG Matte : enfin un PETG qui ne brille plus
La brillance du PETG, c’est le détail qui tue un print réussi. Tu sors une pièce nickel, tu la poses sur ton établi, et la lumière rasante vient révéler chaque petite variation d’extrusion. Le PETG Matte corrige exactement ça avec un fini peu brillant qui absorbe la lumière et qui gomme visuellement les lignes de couches.
C’est le même raisonnement que le PLA mat, sauf que le PLA mat garde les défauts du PLA : il ramollit dans une voiture garée en plein soleil et il devient cassant avec le temps. Le PETG Matte, lui, se présente comme un filament de déco ET de fonction. Une lampe de chevet, un cache-pot, un organisateur de salle de bain, une figurine pour un enfant : c’est exactement la zone où je cherchais un filament correct depuis des mois.

Le discours de Bambu Lab est clair : dire adieu à l’effet plastique brillant, cacher les lignes de couches et donner à chaque print un rendu plus haut de gamme. Sur le papier, c’est du marketing. Dans l’atelier, c’est très concret : un vase imprimé en PETG Matte rose et un vase imprimé en PETG Basic rose ne ressemblent pas du tout au même objet, même imprimés sur la même machine avec le même profil.
Et l’argument qui me parle le plus n’est même pas esthétique. Un filament mat est beaucoup plus indulgent sur les traces de doigts, les micro-rayures et la poussière. Sur un objet qui vit dans une cuisine ou dans un garage, ça change la perception de qualité au quotidien.
🖨️ Les specs officielles : buse 230 à 260 °C, plateau 65 à 75 °C
J’ai téléchargé la fiche technique du PETG Matte (TDS version 1.0) publiée par Bambu Lab, et tout y est chiffré. C’est agréable, parce qu’on peut arrêter de deviner ses profils à l’aveugle.
| Paramètre | Valeur officielle |
|---|---|
| Température buse | 230 à 260 °C |
| Température plateau | 65 à 75 °C |
| Vitesse d’impression | moins de 250 mm/s |
| Température de chambre | 35 à 50 °C |
| Buses compatibles | 0,2 / 0,4 / 0,6 / 0,8 mm |
| Surplomb maximum | environ 70° |
| Pontage maximum | environ 30 mm |
| Plateaux | PEI texturé, PEI lisse, Cool Plate Supertack |
Un point important que je relève tout de suite : la chambre à 35-50 °C, ce qui veut dire que le PETG Matte est taillé pour les machines fermées comme la H2D, la H2S ou la X2D. Sur une P1S ou une A1 ouverte, tu imprimes quand même, mais tu perds le bénéfice de la tenue en température sur les pièces grandes et fines.
Autre détail qui compte pour ceux qui bricolent leurs profils : la rétraction officielle se situe entre 0,4 et 0,8 mm, à une vitesse de 30 à 60 mm/s. Ce sont des valeurs très raisonnables, comparables à ce que je mets déjà sur le PETG Basic. Rien d’exotique, donc : le PETG Matte se comporte comme un PETG bien élevé, avec une meilleure dégaine.
💪 Solidité : les chiffres du TDS ne mentent pas

Attention, ici je veux être précis, parce que beaucoup de titres annoncent n’importe quoi. Les mesures du constructeur, réalisées sur une H2 avec une buse acier trempé de 0,4 mm à 245 °C et un plateau à 70 °C, donnent une résistance en flexion de 65 MPa dans le plan XY et de 47 MPa dans l’axe Z. La résistance à la traction atteint 42,9 MPa en XY et 30,1 MPa en Z.
À côté, le PETG Basic revendique 75 MPa en flexion XY et 56 MPa en Z. Autrement dit, le PETG Matte n’est pas plus résistant que le PETG Basic en flexion, il est même très légèrement en dessous. Mais il reste largement au-dessus du PLA sur la ténacité, avec une résistance aux chocs de 32,6 kJ/m² en XY, contre 20,6 kJ/m² pour le PLA Basic. C’est cette valeur-là qui explique pourquoi un objet en PETG Matte tombe par terre sans exploser.
Côté thermique, la fiche technique annonce une température de fusion de 160 °C, une transition vitreuse à 71 °C et une température de fléchissement sous charge (HDT, à 1,8 MPa) de 71,2 °C. Traduction concrète : ton cache-pot ne se déforme pas sur un balcon exposé, et ton organiseur de salle de bain ne se gondole pas à côté du sèche-cheveux. Pour avoir testé des pièces en PLA dans ces conditions, je peux te garantir que la différence est violente.
Le PETG Matte garde la ténacité du PETG (32,6 kJ/m² de résistance aux chocs), encaisse 71,2 °C de HDT et reste dans la même famille mécanique que le PETG Basic. Ce n’est pas un filament de structure pour une pièce porteuse, c’est un filament d’usage quotidien très largement suffisant.
💧 Humidité : la vraie règle des 72 heures
Voilà le passage que tu dois retenir si tu achètes ce filament. Bambu Lab annonce une formule retravaillée, plus résistante à l’humidité ambiante qu’un PETG classique, ce qui permet de sortir une bobine du placard et d’imprimer directement. C’est vrai, mais avec un astérisque énorme : au-delà de 72 heures exposées à plus de 50 % d’humidité relative, il faut sécher.

Et les paramètres de séchage officiels sont précis : 65 °C pendant 8 heures dans un four à convection, ou 80 °C pendant 12 heures sur le plateau chauffant d’une série X, P ou H2, ou 60 °C pendant 12 heures dans un AMS 2 Pro avec la bobine en place. Ensuite, la bobine se stocke dans un contenant fermé à moins de 20 % d’humidité relative, avec du dessiccant.
Si tu vis dans une région humide, c’est le moment de sortir la caisse sèche. J’utilise un déshumidificateur de filament au quotidien. Avec un PETG reformulé mais toujours hygroscopique, ça reste la meilleure assurance qualité de l’atelier.
Petit rappel de la fiche technique : le PETG Matte absorbe 0,29 % d’eau en conditions normales (25 °C, 55 % d’humidité relative) et affiche une reprise d’humidité de 0,40 %. Ce ne sont pas des chiffres dramatiques, mais un PETG humide, ça se voit tout de suite : fils, bulles, surface rugueuse. Si ton PETG Matte fait de la barbe d’ange, la première chose à faire n’est pas de toucher au slicer, c’est de sécher la bobine.
🧩 Des supports qui se décollent enfin à la main

C’est ma vraie raison d’espérer sur ce filament. Le PETG a une fâcheuse tendance à souder ses supports à la pièce : tu finis à la pince, tu marques la surface, et parfois tu arraches un morceau du modèle avec. Bambu Lab annonce une formule modifiée qui permet aux supports de partir à la main, même sur les surplombs raides et les trous profonds.
Le constructeur précise quand même deux choses importantes. D’abord, le PETG Matte adhère fortement aux plateaux PEI : il faut laisser refroidir complètement avant de décoller, sinon tu déformes la pièce ou tu abîmes la surface. Ensuite, pour les supports multi-matériaux, il faut utiliser du PETG Basic comme matériau de support, pas du PETG Matte. C’est contre-intuitif, mais c’est écrit noir sur blanc dans les notes du produit.
Concrètement, ça veut dire que le PETG Matte est optimisé pour les supports du même matériau, ce qui tombe bien : c’est exactement ce que fait la majorité des utilisateurs sur une machine mono-extrusion. Pour le multicouleur et les interfaces propres, tu restes sur le couple support dédié plus PETG Basic, comme je l’explique dans mon comparatif AMS contre tool changer.
🎨 Huit teintes, du baby blue au violet

Le catalogue PETG Matte compte huit couleurs, dont le baby blue, le vert avocat, le rose et le violet. Bambu Lab vise clairement la déco intérieure : figurines de saison, orchidées, lampes de chevet à lumière douce. Les teintes pastel fonctionnent très bien avec le rendu mat, parce qu’il n’y a pas de reflet pour casser la couleur.
C’est aussi là que le style mat devient un argument pratique. Sur une pièce en trois couleurs imprimée avec un AMS, les transitions sont franches et les surfaces se lisent comme un objet moulé plutôt que comme un empilement de couches. J’ai mis du temps à comprendre que la brillance était le principal signal qui trahissait une impression 3D auprès d’un oeil non averti.
Si tu cherches un rendu bois, une texture carbone ou un effet métal, tu oublies : pour ça, il faut passer par des plaques de plateau texturées ou des filaments chargés. Le PETG Matte, lui, est un mat franc, sans paillettes ni effet spécial.
🛒 Prix en Europe : 9,59 € la bobine en lot

Parlons tarif, parce qu’un filament mat qui coûte un bras ne m’intéresse pas. Sur la boutique européenne de Bambu Lab, le PETG Matte est affiché à 15,99 € la bobine au prix conseillé, avec une dégressivité nette : 14,39 € pour deux bobines, 12,79 € pour quatre, 11,19 € pour six et 9,59 € à partir de dix. Le mélange de couleurs est autorisé pour atteindre le palier.
À ce prix, le PETG Matte se place juste sous ou au niveau du PETG Basic de la même marque, dont la grille tarifaire est identique. Il faut le dire : c’est une sortie de filament rare où la version premium visuelle n’est pas facturée plus cher. Je vois mal comment ne pas le prendre en compte pour quelqu’un qui imprime régulièrement de la déco.
Petit rappel de contexte : Bambu Lab sortait justement d’une grosse opération commerciale, et j’avais détaillé les remises du moment dans mon article sur les soldes Bambu Lab. Le prix de référence du PETG Matte à 9,59 € en lot s’inscrit exactement dans cette politique de volume.
🔄 Refill, bobine réutilisable et RFID

Le PETG Matte existe en deux formats : la bobine complète et la recharge refill, qui exige une bobine réutilisable Bambu Lab. Sur la boutique, la bobine réutilisable est à 9,09 € au lieu de 13,99 €, et la recharge coûte logiquement moins cher que la version sur support. Si tu as déjà des bobines réutilisables à l’atelier, le refill est le choix évident : moins de plastique jeté et un coût au kilo plus bas.
Autre point, la puce RFID. Elle est intégrée au PETG Matte, ce qui signifie que l’AMS lit automatiquement les paramètres d’impression, la couleur et le type de matériau. Sur mes machines, ça supprime les erreurs de profil qui arrivent quand on change de bobine en vitesse, et ça évite de se retrouver avec un profil PLA sur une bobine de PETG.
La compatibilité est large : le PETG Matte fonctionne sur toutes les imprimantes Bambu Lab, avec l’AMS, l’AMS 2 Pro, l’AMS HT et l’AMS Lite, sur tous les plateaux et avec toutes les buses. Pour un accessoire de finition, Bambu Lab recommande le Support for PLA/PETG, qui est justement proposé avec une remise sur la même page produit.
🧪 Mon plan de test à l’atelier
Je ne vais pas te vendre ce filament sur une fiche technique. Voilà comment je compte le tester pour de vrai, et ce que je regarderai en priorité.
Premier test, le grand vase à paroi fine, en mode mat, avec une buse de 0,4 mm et un profil PETG Matte aux paramètres officiels, buse à 245 °C et plateau à 70 °C. Objectif : vérifier si les lignes de couches disparaissent visuellement et si la surface reste propre sur toute la hauteur. Deuxième test, une pièce avec surplombs à 70° et un pontage de 30 mm, pour voir si les supports partent vraiment à la main sans pince.
Troisième test, le test d’humidité, celui qui m’intéresse le plus. Je vais laisser une bobine à l’air libre plus de 72 heures à plus de 50 % d’humidité relative, puis imprimer la même pièce et comparer. C’est le seul protocole honnête pour vérifier la promesse du constructeur, et ça me permettra de dire si le PETG Matte tient sa réputation sur la durée.
Quatrième test, la tenue en extérieur. Un cache-pot sur le balcon, plein sud, avec un arrosage régulier. Le PETG n’est pas un filament stable aux UV sur le long terme, mais je veux voir comment le rendu mat vieillit par rapport à un PETG brillant, parce que c’est la question que tout le monde se pose. Et je terminerai par le comparatif de consommation dans le slicer, sur une même pièce, entre PETG Matte, PETG Basic et PLA mat, pour avoir enfin une idée claire du coût réel au print. Je te ferai un retour complet sur la chaîne une fois les tests passés.
❓ FAQ PETG Matte
Le PETG Matte s’imprime-t-il comme un PETG classique ?
Oui, globalement. La fiche technique officielle donne une buse entre 230 et 260 °C, un plateau entre 65 et 75 °C et une vitesse sous 250 mm/s. La rétraction de 0,4 à 0,8 mm reste dans les valeurs habituelles du PETG, et un profil PETG déjà maîtrisé part donc d’une bonne base. La différence se joue surtout sur la finition et sur l’adhérence au plateau PEI, qui demande un refroidissement complet avant le décollement.
Faut-il sécher le PETG Matte avant impression ?
Pas systématiquement, et c’est la nouveauté. Bambu Lab annonce une meilleure résistance à l’humidité ambiante, donc une bobine fraîchement ouverte s’imprime correctement. Mais après plus de 72 heures exposées à plus de 50 % d’humidité relative, le séchage redevient obligatoire : 65 °C pendant 8 heures au four à convection, 80 °C pendant 12 heures sur le plateau, ou 60 °C pendant 12 heures dans un AMS 2 Pro.
Le PETG Matte est-il adapté aux pièces mécaniques ?
Pour des pièces de tous les jours, oui. Avec 65 MPa en flexion XY, 42,9 MPa en traction XY et 32,6 kJ/m² de résistance aux chocs, il encaisse des charges normales : crochets muraux, supports, boîtiers, organisateurs. Pour une pièce structurelle très sollicitée, le PETG Basic reste un peu devant sur la flexion, et des filaments techniques comme le PPS-CF jouent dans une autre catégorie.
Le PETG Matte est-il compatible avec l’AMS et le multicouleur ?
Oui. Le PETG Matte est annoncé compatible avec l’AMS, l’AMS 2 Pro, l’AMS HT et l’AMS Lite, et chaque bobine embarque une puce RFID qui transmet automatiquement les paramètres à la machine. Attention à un point précis du fabricant : pour les supports multi-matériaux, il faut utiliser du PETG Basic comme matériau de support, pas du PETG Matte.
📚 Mes sources
Pour écrire cet article, je me suis appuyé sur la page produit officielle du PETG Matte sur la boutique européenne de Bambu Lab, sur la fiche technique TDS version 1.0 au format PDF, sur le guide d’utilisation du PETG publié sur le wiki Bambu Lab et sur la procédure officielle de séchage des filaments. La sortie du PETG Matte a été relayée par la presse spécialisée, notamment All3DP, qui confirme un prix de 13,99 dollars aux États-Unis et une disponibilité en huit couleurs.
Si tu cherches à imprimer plus léger et plus propre sur d’autres familles de matériaux, mon retour sur le Prusament PLA Lightweight complète bien ce dossier : deux approches très différentes du même problème. Et si le PETG Matte te tente, dis-moi sur le Discord quel objet tu veux voir testé, je le mettrai en priorité sur l’établi.
Tu imprimes déjà du PETG Matte ou tu hésites à passer le cap ? Rejoins le Discord du CréAtelier, on y partage profils, réglages et ratés d’atelier : discord.gg/vJRTMFtnGV
Johan




