Le SPARKX i8 vient de faire sauter le compteur de l’Indiegogo, et je ne m’attendais pas à ça. Lundi 21 septembre 2026, Creality a ouvert une campagne de financement participatif pour sa nouvelle imprimante 4 couleurs. Quarante minutes plus tard, la page officielle de la marque affichait déjà plus d’un million de dollars récoltés. Quand j’ai vu passer le chiffre, j’ai cru à une blague de community manager. Non : le SPARKX i8 a réellement déclenché une ruée, et ce n’est pas un hasard.

Ce n’est pas une énième déclinaison de la gamme Sparkx après la i7 Nano que j’ai décortiquée en août. Cette fois, Creality ne vend pas seulement une imprimante de débutant avec quatre couleurs : elle vend un système de changement de filament entièrement repensé, baptisé QuarTeks, avec une promesse très simple à écrire et très difficile à tenir. Quatre filaments, une seule buse, et moins d’une seconde pour passer de l’un à l’autre.
Dans mon atelier, le multicolore a toujours été le point faible de mes machines. Ça fonctionne, mais ça pue la tour de purge, ça bouffe du filament pour rien et ça transforme une impression de trois heures en un chantier de dix heures. Alors quand un constructeur annonce 0 g de purge externe et 500 % de vitesse en plus, j’écarquille les yeux, et je sors la calculette.
🧾 Le SPARKX i8 en chiffres
Quatre canaux de filament dans une seule tête, chemin partagé de moins de 1 mm, changement de couleur annoncé sous la seconde, 0 g de purge externe, 13 capteurs et une caméra IA, volume d’impression de 260 × 260 × 255 mm, 500 mm/s en vitesse max, 300 °C en température buse. Super early bird à 289 $ sur Indiegogo, prix public conseillé de 399 $ après la campagne.
🚀 Cinq jours de campagne et déjà un raz-de-marée
Je suis la scène maker depuis assez longtemps pour savoir qu’une campagne Indiegogo réussie ne prouve jamais la qualité d’un produit. Elle prouve seulement qu’un constructeur a compris ce que voulait son public. Mais le timing du SPARKX i8 est intéressant à analyser.

Creality sort d’un été chargé, et le SPARKX i8 arrive au bout de cette séquence. La marque a présenté la K3 et son changeur de buse KliTek à l’IFA, elle a secoué le segment des débutants avec la SPARKX i7, et elle a continué à pousser son écosystème Creality Cloud. Le SPARKX i8 arrive donc au moment où tout le monde attend de voir si le multicolore abordable peut enfin se passer de tour de purge.
Les premiers chiffres donnés par la marque sur la page de campagne sont spectaculaires : plus d’un million de dollars en 40 minutes, un premier millier de contributeurs qui récupère les frais de port et les taxes, et un prix de lancement affiché à 289 $ en super early bird, soit une économie annoncée jusqu’à 23 % par rapport au tarif final. Pour une machine vendue ensuite autour de 399 $, la proposition est agressive. Trop agressive, peut-être. C’est exactement le genre d’offre qui m’oblige à regarder le produit technique avant de regarder le prix.
🎯 QuarTeks : quatre filaments, une seule buse, moins d’une seconde
Le cœur du SPARKX i8, c’est le QuarTeks. Creality a intégré quatre canaux de filament indépendants directement dans une tête d’impression unique. Pas de changeur d’outils, pas de plateau à buse multiple, pas de système externe qui tire le filament sur deux mètres à chaque changement. Les quatre bobines débouchent dans le même bloc, préchargées, prêtes à être poussées vers la buse.

La vraie astuce est ailleurs, dans une longueur. Sur le SPARKX i8, la distance commune avant la buse est inférieure à 1 mm, pour un volume de l’ordre de 2 mm³. Creality affirme que ce chemin partagé est au moins trente fois plus court que celui de la plupart des systèmes multicolores du marché. Traduction concrète : au moment du changement de couleur, il reste une quantité ridicule de filament de l’ancienne teinte à évacuer.
C’est ce qui permet à la marque d’annoncer un changement de canal en moins d’une seconde et une comparaison imagée qui m’a fait sourire : passer d’une couleur à l’autre comme on clique sur un stylo quatre couleurs. Sur mes machines à buse unique avec système externe, changer de couleur prend des minutes, avec retrait, réinsertion, purge et nettoyage. Le SPARKX i8 promet de transformer ce calvaire en non-événement.
🧹 Zéro purge : où finit vraiment le filament de transition
Déclarons 0 g de purge externe, c’est un joli slogan, mais il faut comprendre ce que ça veut dire techniquement. Sur une imprimante multicolore classique, chaque changement de couleur pousse le filament hors de la buse pour évacuer l’ancienne teinte. Ce filament part dans une tour de purge ou dans un bac, et il est perdu.

Sur le SPARKX i8, Creality redirige ce résidu directement dans le remplissage et les parois internes de la pièce. Autrement dit, le filament de transition n’est pas supprimé : il est recyclé dans le volume que personne ne voit. La marque ajoute qu’une paroi de propreté isole ce remplissage coloré pour que la surface extérieure reste impeccable, et que la tour de purge disparaît complètement sur les modèles compatibles.
Résultat, le SPARKX i8 revendique un taux d’utilisation de la surface d’impression proche de 100 %, puisque plus besoin de réserver un coin du plateau pour évacuer les transitions. Dans un atelier comme le mien, où je lance souvent des pièces larges en fin de journée, ce détail change vraiment la donne. Je perds moins de matière, je perds moins de temps, et je peux imbriquer plusieurs pièces là où la tour de purge me volait de la place.
Attention toutefois : une petite quantité de filament est quand même poussée au tout début de l’impression, et toute cette mécanique de recyclage dépend des réglages de tranchage. Le 0 g n’est pas magique, il est conditionnel. Creality le dit clairement dans les notes de bas de page de sa page de campagne, et je préfère le répéter plutôt que de relayer un chiffre brut sans nuance.
⏱️ Les vrais chiffres de Creality, et ce qu’ils valent
Creality a publié sur sa page de campagne une série de comparaisons face à une imprimante multicolore à système d’alimentation externe, sur des modèles qui parlent à tout le monde. Un benchy quatre couleurs passe de 10 h 45 à 1 h 56. Le Crystal Dragon tombe de 34 h 04 à 10 h 09. Le casque Pilot Cat descend de 32 h 43 à 14 h 39, et le grand-duc d’Amérique de 90 h 03 à 41 h 12.

Sur la matière, l’écart est encore plus parlant. Le même benchy multicolore consomme 29,57 g sur le SPARKX i8 contre 149,35 g sur une machine classique. Le grand-duc passe de 1 305 g à 620 g. Creality pousse même le calcul jusqu’à l’année : sur un modèle à 3 000 changements de couleur, la machine boucle 20 h de travail et 707 g de filament là où la référence y passe 98 h et 1 773 g, ce qui représenterait 438 kg de filament économisés sur un an et environ 15 000 $ au prix moyen du kilo.
Ces chiffres sont constructeur : ils ont été mesurés en laboratoire sur un SPARKX i8, avec du Hyper PLA Creality et des réglages choisis par la marque. Je ne les prends jamais pour argent comptant. Mais leur ordre de grandeur raconte quelque chose de crédible : quand on raccourcit le chemin partagé à moins d’un millimètre, on réduit mécaniquement le temps de purge et la masse de filament gaspillé. La physique va dans le sens de la promesse, ce qui est déjà plus que ce qu’on peut dire de certains systèmes multicolores vendeurs de rêve.
🤖 13 capteurs et une caméra IA dans la tête
Le deuxième axe de la machine, c’est la surveillance. Le SPARKX i8 embarque treize capteurs intelligents dans la tête d’impression, capables de suivre en temps réel l’état des quatre canaux de filament. Vide, filament qui glisse, impression dans le vide : la machine doit détecter et alerter avant que la pièce ne parte en lambeaux.

La caméra du SPARKX i8 grimpe à 720p, jusqu’à 30 images par seconde, avec éclairage d’appoint, qui détecte les fameux cheveux d’ange et l’impression à vide. Couplée à Creality Cloud, elle permet de surveiller l’impression depuis son téléphone et de générer un time-lapse à la fin du job. Dans la pratique, c’est le genre de fonction que je finis toujours par utiliser, même quand je la jugeais gadget au départ.

Le reste de la fiche technique est solide sans être révolutionnaire : nivellement automatique en 81 points avec compensation du Z, mise à niveau locale, input shaping à balayage de fréquence pour limiter les résonances, buse de 0,4 mm remplaçable en cinq secondes, écran 2,85 pouces, carte microSD de 8 Go, connectivité Wi-Fi 2,4 GHz et mises à jour OTA. La machine annonce 45 dB en fonctionnement, pour un poids net de 9,72 kg, et arrive assemblée à 90 %.
Je note aussi que le SPARKX i8 propose le remplissage automatique : jusqu’à quatre bobines du même matériau peuvent être chargées, et la machine bascule sur la suivante quand l’une se vide. Pour un print farm amateur lancé le soir, c’est une fonction qui compte plus que n’importe quelle courbe marketing.
💰 Prix, campagne Indiegogo et livraison

Le SPARKX i8 est proposé sur Indiegogo avec un super early bird limité à 289 $, puis un palier early bird autour de 309 $ d’après la presse spécialisée. Le prix public conseillé une fois la campagne terminée est annoncé à 399 $, soit une économie mise en avant par Creality pouvant atteindre 23 %. Les mille premiers contributeurs de la première journée récupèrent par ailleurs les frais de port et les taxes, dans la limite d’une machine par personne.
Côté calendrier, le SPARKX i8 doit entrer en production en usine à partir d’octobre, avec des livraisons attendues en novembre, en fonction des régions et de la logistique de fin d’année. Autrement dit, un rythme classique de campagne participative : la machine existe, les premières unités sortent, mais la vraie question reste la tenue des délais pendant le pic du quatrième trimestre.
Pour l’Europe, il faut encore surveiller les revendeurs. Un distributeur tchèque référence déjà la machine, sans stock disponible, à 13 990 couronnes, ce qui donne une idée du niveau de prix une fois les taxes et la logistique intégrées. Je m’attends à un tarif européen plus élevé que les 399 $ annoncés, comme toujours avec ce genre d’annonce libellée en dollars hors taxes.
🆚 Face au Snapmaker U1, au Palette 300 et à l’AMS
Le multicolore sans purge n’est plus un terrain vierge, et Creality arrive après plusieurs concurrents bien installés. Snapmaker a lancé en 2025 son U1, une machine à quatre têtes d’impression indépendantes qui change d’outil au lieu de changer de filament, avec une réduction de matière annoncée autour de 80 %. AtomForm a positionné son Palette 300 beaucoup plus haut, avec douze matériaux et douze buses. Et côté Bambu Lab, l’AMS reste la référence en matière d’automatisation, mais avec un fonctionnement par purge et tour de transition qui génère de la matière perdue.
La différence du SPARKX i8 tient dans son architecture : une seule buse, une seule tête, quatre canaux. Pas de décalage possible entre plusieurs buses, pas d’étalonnage croisé à refaire, pas de temps perdu à changer d’outil. En échange, toutes les couleurs passent par le même orifice, avec les limites que cela implique sur la maîtrise des teintes. C’est un compromis assumé, et il est cohérent avec un tarif qui reste deux à trois fois inférieur à celui des machines à outils multiples.
Reste que la concurrence progresse vite. La K3 et son changeur KliTek, présentée quelques semaines plus tôt, montre que Creality travaille aussi la piste des têtes remplaçables. Le SPARKX i8 et la K3 ne jouent donc pas exactement dans la même cour, et je trouve intéressant que la marque pousse les deux approches en parallèle plutôt que de trancher.
⚠️ Ce qui me fait tiquer sur le SPARKX i8
Je ne vais pas faire semblant d’y croire à 100 %. Trois points me retiennent avant de sortir la carte bancaire.
D’abord, la couleur. Creality parle d’impression quadricolore en mélangeant quatre filaments CMJN sur plusieurs couches, avec seize à trente-deux combinaisons possibles. La marque précise elle-même, dans un honnête avertissement, que ce mélange par couches n’équivaut pas à une correspondance colorimétrique précise et ne peut pas reproduire fidèlement toutes les teintes demandées. Si vous cherchez un Pantone exact, ce n’est pas la machine qu’il faut regarder.

Ensuite, le format. Le SPARKX i8 affiche 260 × 260 × 255 mm et un châssis ouvert de type bedslinger, ce qui reste correct pour un usage domestique, mais ce n’est pas la machine d’un atelier qui imprime du grand volume technique. Et surtout, il n’y a pas de chambre chauffante fermée, donc les matériaux exigeants comme l’ABS ou l’ASA demanderont un caisson et de la patience.
Enfin, il y a la nature même de la campagne. Un financement participatif, aussi réussi soit-il, reste un pari sur la production et sur la qualité du logiciel au lancement. Le système QuarTeks est inédit, avec un chemin partagé ridiculement court et treize capteurs à coordonner : c’est précisément le genre d’architecture où les premiers lots révèlent des surprises. J’attends les retours des testeurs indépendants avant de valider quoi que ce soit.
🛠️ À qui je recommanderais le SPARKX i8
Si vous imprimez beaucoup de figurines, de cosplay, de déco multicolore ou d’objets personnalisés, le SPARKX i8 vise exactement votre usage, et que la tour de purge vous a déjà fait jeter une demi-bobine par mois, la proposition est très cohérente. Le SPARKX i8 attaque exactement le point douloureux de ce type d’usage, et le prix d’appel reste dans la zone accessible pour quelqu’un qui a déjà une machine mono-couleur à côté.
Si vous imprimez surtout des pièces techniques en un seul matériau, mon conseil ne change pas : une bonne machine mono-couleur fiable et un bon séchoir à filament vous serviront davantage. Et si vous hésitez avec un système à têtes multiples, relisez mon retour sur la Creality SPARKX i7 Nano : la logique de la gamme Sparkx s’y lit déjà très bien, avec des compromis différents.
Pour suivre la suite, je continuerai à décortiquer les annonces de la marque, comme je l’ai fait pour la Creality K3 et son changeur KliTek. Et si vous voulez voir comment le multicolore évolue chez les autres constructeurs, mon article sur Snapmaker Space donne un aperçu de la direction prise par la concurrence.
Le SPARKX i8 est-il vraiment sans purge ?
Creality annonce 0 g de purge externe pendant l’impression, car le filament de transition est redirigé dans le remplissage et les parois internes de la pièce. Une petite quantité de filament est tout de même évacuée au démarrage de l’impression, et le résultat dépend des réglages de tranchage. Le SPARKX i8 supprime donc la tour de purge et le gaspillage visible, pas toute forme de perte.
Combien coûte le SPARKX i8 sur Indiegogo ?
La campagne ouverte le 21 septembre 2026 affiche un super early bird limité à 289 $, puis un palier early bird autour de 309 $, pour un prix public conseillé de 399 $ une fois la campagne terminée. Les mille premiers contributeurs récupèrent les frais de port et les taxes, dans la limite d’une imprimante par personne.
Quel volume d’impression propose le SPARKX i8 ?
Le SPARKX i8 offre un volume de 260 × 260 × 255 mm sur un châssis ouvert de type bedslinger, avec une buse de 0,4 mm, une vitesse maximale annoncée de 500 mm/s, une accélération de 10 000 mm/s² et une température de buse allant jusqu’à 300 °C. C’est un format domestique, sans chambre chauffante fermée.
Quand le SPARKX i8 sera-t-il livré ?
Creality prévoit de lancer la production en usine en octobre 2026, avec des livraisons attendues à partir de novembre, selon les régions et la logistique de fin d’année. Comme toujours sur une campagne participative, ces dates restent des objectifs et non des garanties contractuelles.
Si tu veux continuer la discussion sur le multicolore, les réglages de purge et les premiers retours du SPARKX i8, l’atelier est ouvert.
💬 Le Discord du CréAtelier
On y compare les réglages, on y montre nos ratés et on y débat des nouvelles machines. Rejoins la bande, c’est gratuit et ça parle impression 3D toute la journée.
Johan
🔗 Sources
- Page officielle de la campagne Creality SPARKX i8, pour les chiffres, la fiche technique et les comparaisons constructeur.
- La campagne Indiegogo du SPARKX i8, pour les paliers de prix et les contreparties.
- L’analyse de 3D Printing Industry sur le SPARKX i8, pour les prix early bird, la date de lancement et la comparaison avec le Snapmaker U1 et le Palette 300.
- La fiche du SPARKX i8 chez le revendeur européen 3Dstisk, pour l’indication de prix en couronnes.
Article rédigé le 27 septembre 2026. Les caractéristiques et les prix cités proviennent de la documentation officielle Creality et de la presse spécialisée à cette date : ils peuvent évoluer pendant la campagne.




