C’est une ligne de changelog qui passe inaperçue au milieu de quinze autres : OpenPrintTag. Le 3 novembre 2026, Prusa Research a publié le firmware 8.0.0 pour toute sa gamme, et cette version fait enfin ce que la communauté réclamait depuis un an : la CORE One lit les bobines équipées d’un tag NFC et, surtout, elle réécrit la consommation de filament directement dessus. J’ai installé la mise à jour dans l’atelier, branché mon lecteur, scanné une Prusament, et le diagnostic est tombé. Ce n’est pas un gadget marketing, c’est le chaînon qui manquait au standard ouvert.

Je vous préviens tout de suite : cette mise à jour n’apporte pas de nouvelle vitesse d’impression, pas de nouveau plateau, rien de spectaculaire à montrer en vidéo. Elle apporte quelque chose de plus rare : la fin du jeu de devinettes sur le poids restant d’une bobine. Et pour ceux qui ont suivi le feuilleton OpenPrintTag, c’est exactement ce qu’on demandait en commentaire sous l’article de la base de connaissances Prusa, il y a des mois, quand la question était encore « quand est-ce qu’une imprimante sera capable de lire ces tags ».

📦 OpenPrintTag : le firmware 8.0.0 tient enfin sa promesse

Rappelons le contexte. En octobre 2025, Prusa a lancé l’OpenPrintTag avec sa nouvelle bobine Prusament redessinée : 3 mm plus fine, noyau plastique verrouillable, polycarbonate recyclé, tenue jusqu’à 100 °C, et surtout un anneau NFC collé au centre. Sur le papier, une bobine OpenPrintTag savait dire à une imprimante quel matériau elle contenait, quelle couleur, quelle température buse et plateau, et combien de grammes il restait. Dans les faits, seule l’application Prusa savait la lire. L’imprimante, elle, restait muette.

Le firmware 8.0.0 comble ce trou et rend l’OpenPrintTag vraiment utile sur la machine. Il est publié en stable pour la CORE One L+, la CORE One L, la CORE One+ (Gen 2) INDX, la CORE One INDX, la CORE One+ (Gen 2), la CORE One, la XL+, la XL, la MK4S, la MK4, la MK3.9S, la MK3.9, la MK3.5S, la MK3.5, la MINI+ et la MINI. La lecture du tag, elle, ne concerne que la CORE One et la CORE One L. Les autres machines récupèrent les correctifs et les autres nouveautés, mais pas le NFC.

Il faut un lecteur OpenPrintTag compatible, connecté à la machine. Bonne nouvelle : son firmware est embarqué dans celui de l’imprimante et se met à jour automatiquement. Quand l’opération se déclenche alors que l’imprimante est au repos, un écran de progression s’affiche, ce qui évite le classique « ça a planté sans prévenir ». Le nouveau menu Réglages > OpenPrintTag affiche l’état du lecteur et propose une fonction « Lire le tag » qui balance tout le contenu brut sur l’écran.

Le détail qui compte : la 8.0.0 embarque aussi les correctifs de sécurité introduits par la 7.0.0. Si vous aviez sauté cette version par prudence, cette release est le bon moment pour vous remettre à jour, puisque tout est consolidé ici.

OpenPrintTag : bobine Prusament avec son tag NFC noir au centre

Ce qui me plaît dans cette release, c’est la façon dont Prusa l’a documentée. Chaque fonctionnalité a son paragraphe, chaque limitation est écrite noir sur blanc, y compris les bugs connus. Sur un marché où les constructeurs annoncent des features en trois mots dans une infographie, un changelog de neuf mille caractères avec une section « Known issues », ça mérite d’être souligné. C’est aussi ce qui m’a permis de tester proprement, sans tomber dans les pièges.

La version 8.0.0 remplace donc la 8.0.1 pour les XL et MINI, et elle absorbe la 7.0.1 des CORE One INDX. Traduction pratique : si vous possédez une machine de la famille, vous n’avez plus qu’une seule mise à jour à faire, tout est dedans.

📡 Comment un tag OpenPrintTag se lit vraiment

Le standard OpenPrintTag est publié par Prusa sous licence libre, sans frais, et l’ensemble des spécifications est disponible publiquement. Le principe est simple : toutes les données essentielles vivent sur le tag lui-même. Matériau, couleur, réglages de base, poids restant, longueur restante. Aucune connexion Wi-Fi, aucun compte, aucun serveur constructeur. Une imprimante hors ligne reconnaît une bobine OpenPrintTag exactement comme une imprimante connectée.

Trois détails de conception valent le détour. D’abord, le tag est un grand anneau circulaire : il se lit dans n’importe quelle orientation, donc plus besoin de faire tourner la bobine jusqu’à trouver la bonne position. Ensuite, un seul tag suffit même sur une bobine de 2 kg, et il traverse l’épaisseur du plastique, ce qui évite les systèmes à deux puces qui se désynchronisent. Enfin, un tag OpenPrintTag est réinscriptible : une fois la bobine vide, je décolle le tag, je le colle sur une bobine d’une autre marque, je le flashe avec mon téléphone, et la voilà devenue intelligente.

Tag OpenPrintTag universel vierge avec QR code, à coller sur n'importe quelle bobine

Ce dernier point est celui qui change tout pour un atelier comme le mien. Je consomme des bobines de marques différentes, souvent achetées en promotion, et jusqu’ici chaque changement de filament impliquait de retrouver le bon profil dans le slicer. Avec un stock de tags OpenPrintTag vierges, je peux transformer n’importe quelle bobine en bobine traçable, sans dépendre du bon vouloir d’un constructeur.

Le site officiel de l’OpenPrintTag affiche d’ailleurs vingt-deux logos de fabricants et de projets intéressés par le standard : Prusament évidemment, mais aussi 3DXTech, Push Plastic, Filamentum, Printed Solid, FeelO, Numakers, Siddament, Swedament, Eolas, ou encore Voron Design et SimplyPrint. Tous ne livrent pas encore des bobines taguées, je ne vais pas prétendre le contraire, mais la dynamique est là. Et comme le standard est gratuit et extensible, chacun peut y ajouter ses propres champs, numéro de lot, propriétés mécaniques, tout ce qui lui sert.

🧮 Le suivi de consommation, minute par minute

Voilà la partie que j’attendais le plus. La CORE One ne se contente pas de lire le tag au chargement : elle écrit dedans, directement sur l’OpenPrintTag. Le firmware déclenche une écriture après le chargement du filament, avant le déchargement, à la fin d’une impression, et pendant une impression longue au maximum toutes les cinq minutes. La consommation est ajoutée au total déjà stocké, ce qui garde le compte juste même quand la même bobine passe d’une imprimante à l’autre.

Concrètement, l’écran Filament > Filament chargé affiche maintenant le nom du filament, sa couleur, sa marque, le poids et la longueur restants, plus un statut OpenPrintTag sans ambiguïté : OK, NOT ASSIGNED, WRONG TAG, TAG MISSING ou TAG PROBLEM. On peut aussi délier le tag depuis cet écran. Et si je retire une bobine liée du lecteur, l’imprimante me propose de décharger le filament, ce qui évite de tirer comme un sourd sur un tube encore engagé.

Application Prusa qui affiche les données du filament OpenPrintTag

Deux garde-fous OpenPrintTag très utiles avant de lancer un gros print. Le premier est un avertissement « Pas assez de filament » quand la quantité suivie est insuffisante pour le G-code. Le second concerne le SpoolJoin : la quantité combinée n’est vérifiée que si toutes les bobines liées sont suivies par un OpenPrintTag. C’est du bon sens, mais il fallait le coder.

Et comme rien n’est parfait, il existe un cas de figure où l’imprimante vous demande de garder la bobine à portée du lecteur : l’écran « OpenPrintTag Pending Write ». Il apparaît quand une consommation reste en attente au moment du déchargement. Les échecs, eux, remontent sous deux formes explicites, OPENPRINTTAG CANNOT TRACK ou OPENPRINTTAG WRITE FAILED. J’ai eu la seconde une fois, en retirant la bobine trop vite, et le message était suffisamment clair pour que je comprenne immédiatement.

Dernier point technique qui plaira aux intégrateurs : chaque filament OpenPrintTag lu reçoit trois identifiants, Material UUID, Package UUID et Instance UUID, la dernière désignant la bobine physique elle-même. Ils sont visibles et modifiables dans l’écran de détail, et paramétrables en G-code via M865.1. Une chaîne vide efface la valeur. De quoi faire de la vraie traçabilité de production sans passer par un ERP.

⚖️ OpenPrintTag contre le RFID fermé : le vrai match

Il faut le dire franchement : les bobines intelligentes existaient avant Prusa. Le problème, c’est qu’elles étaient intelligentes chacune dans leur coin. Le site officiel de l’OpenPrintTag résume parfaitement les trois défauts des systèmes actuels : des écosystèmes verrouillés où le tag d’une marque n’est lisible que par sa machine, une dépendance au cloud où le tag ne contient qu’un identifiant à interroger en ligne, et une conception en lecture seule, à usage unique, qui interdit toute mise à jour des données réelles.

Chez Bambu Lab, par exemple, les bobines portent une puce lue par l’AMS. Ça fonctionne très bien dans l’écosystème Bambu, c’est indéniablement pratique, mais les données restent la propriété du constructeur et une bobine tierce n’est pas reconnue de la même manière. J’avais déjà démonté le sujet du multicouleur dans mon comparatif AMS contre tool changer, et la conclusion n’a pas bougé : le confort vient toujours avec une forme de dépendance.

Tag OpenPrintTag Prusament : l'anneau NFC lisible à 360 degrés

L’approche OpenPrintTag est l’inverse point par point. Le tag contient tout, il est lisible hors ligne, il est réinscriptible, il est réutilisable sur une autre bobine, et sa spécification est publiée sans royalties. Le jour où une marque quelconque décide de taguer ses bobines, elle n’a aucune licence à payer et aucun serveur à maintenir. C’est exactement le raisonnement qui a fait gagner les formats ouverts dans l’impression 3D ces dernières années, du G-code aux slicers.

Est-ce que ça veut dire que je vais jeter mes bobines non taguées ? Non. Le standard prévoit justement le cas : on colle un tag vierge, on le flashe, et la bobine devient suivie. Le coût d’un tag reste dérisoire face au prix d’une bobine, et il se recycle indéfiniment. C’est la vraie différence entre un OpenPrintTag et une puce propriétaire qu’on jette avec la bobine vide.

⚙️ M204 F : le réglage que les gens pointus vont adorer

Au milieu du NFC OpenPrintTag, il y a une nouveauté que les utilisateurs avancés vont probablement adopter en premier, et qui n’a rien de visuel : un limiteur d’accélération du filament. Le firmware borne désormais l’accélération du flux de filament pour éviter les sauts brusques de vitesse d’extrusion provoqués par le pressure advance. Si la limite est dépassée, l’imprimante réduit l’accélération de tout le mouvement d’impression, y compris les vitesses de virage proches des mouvements d’extrusion. Les déplacements sans extrusion ne sont pas touchés.

La commande est simple : M204 F en mm/s², par exemple M204 F120. La valeur par défaut est de 120 mm/s² sur toutes les imprimantes, sauf la MINI qui reste à 50 mm/s². M204 F0 désactive le limiteur. Attention à un détail qui m’a surpris : le réglage est remis à la valeur par défaut après un redémarrage. Pour vérifier ce qui est actif, il faut interroger M204 ou M503.

Sur le papier, ça ressemble à une ligne de plus dans un changelog. En pratique, c’est le genre de garde-fou qui sauve une impression quand on pousse une machine rapide avec du PLA bas de gamme. Le pressure advance calcule des accélérations théoriques que l’extrudeur ne peut pas toujours suivre, et c’est là que les coins bavent ou que les parois se dédoublent. Brider l’accélération du flux, c’est accepter de perdre un peu de vitesse pour gagner en régularité.

🌀 TPU trois fois plus rapide, et un Prusa Connect qui répond

Deuxième amélioration très concrète pour mon atelier, et elle n’a rien à voir avec l’OpenPrintTag : les mouvements d’extrudeur pilotés par le firmware avec du filament flexible passent de 1/6 à 1/2 de la vitesse standard. Chargement, déchargement, purge, parcage en pause, changement d’outil, nettoyage de buse : tout ça va trois fois plus vite. Les mouvements d’impression issus du G-code ne changent pas, ce qui est logique puisque la vitesse y est déjà écrite. Le changement s’applique aux filaments dont l’option « Is Flexible » est activée, par exemple le profil FLEX.

Imprimante Prusa CORE One, la machine qui lit l'OpenPrintTag avec le firmware 8.0.0

Sur du TPU 95A, ce genre de détail fait la différence entre un chargement propre et un filament qui se tortille dans l’extrudeur. J’ai connu l’époque où un changement de TPU me coûtait dix minutes de patience et une prière. Là, on divise le temps par trois sans toucher à un seul réglage.

Autre point, moins visible mais réel : la connexion à Prusa Connect pendant une impression est devenue plusieurs fois plus rapide. Sur la MK4 au repos, on passe d’environ onze secondes à 2,4 secondes. Pendant une impression lourde, l’établissement de la connexion pouvait prendre si longtemps qu’il échouait, et la machine perdait temporairement le contact avec le cloud. Ça m’est arrivé plusieurs fois sur des prints de huit heures, et à chaque fois sans explication. Le problème est donc traité à la racine.

Dans la même veine, la machine remonte maintenant des données d’outils et de filament bien plus détaillées : chaque tête avec ses températures et ses ventilateurs, chaque slot de filament quand une MMU est présente, et pour les bobines OpenPrintTag, le poids et la consommation. Les déplacements d’extrudeur depuis le menu Contrôle > Déplacer un axe extrudent aussi exactement la longueur demandée : avant, il manquait environ 5 % sur une machine dont l’extrudeur était calibré différemment des réglages d’usine.

🔧 INDX : la calibration qui ne recommence plus tout

Si vous avez une INDX ou une XL+, cette version vaut le coup même sans OpenPrintTag rien que pour la calibration des décalages d’outils. Avant, un seul outil qui échouait faisait repartir toute la séquence depuis le début. Désormais, l’imprimante ne remesure que l’outil fautif, et chaque type d’échec a son propre écran avec un code d’erreur et l’outil concerné : outil impossible à saisir, capteur introuvable, mesure échouée ou dangereuse. Pour avoir passé des soirées à relancer des calibrations complètes pour une seule tête récalcitrante, je considère ça comme un vrai progrès.

Sur l’INDX toujours, le plateau descend moins bas pendant les calibrations qui demandent de passer la main à l’intérieur de la machine. Dock Calibration, Nozzle Cleaner Calibration et contrôle d’équerrage du portique amènent désormais le plateau à 50 mm au-dessus de sa position la plus basse, au lieu de s’arrêter 100 mm sous la buse. Il y a donc nettement plus de place pour glisser la main. La précision de la calibration du nettoyeur de buse a également été revue, la calibration du dock pousse la tête plus doucement, et un assistant de contrôle d’équerrage guide le réalignement du portique.

🐛 Les bugs corrigés, et la 8.0.1 déjà sortie

Un firmware, ça se juge aussi sur ce qu’il répare. Le plus pénible de la liste, pour moi, c’était le faux message « Filament loading timed out » quand le capteur de filament de l’extrudeur est désactivé ou mal calibré. L’imprimante s’arrêtait net avec une erreur trompeuse, ou l’écran de chargement se fermait sans explication. Désormais elle affiche « Filament Sensor Not Ready », qui dit exactement quoi faire : activer ou calibrer le capteur.

Autre correction qui va faire du bien aux propriétaires de MK4 et de CORE One : sous forte charge, une erreur de communication pouvait rendre l’accéléromètre inutilisable jusqu’au redémarrage, et les calibrations Input Shaper et Phase Stepping échouaient en cascade. L’imprimante récupère maintenant l’accéléromètre toute seule. Sont également corrigés un plantage possible à la fin d’un envoi de fichier via PrusaLink, un plantage quand PrusaLink liste des fichiers sans clé USB insérée, et un gel au démarrage sur l’écran « Tool offset sensor: ready » sur les INDX.

Et Prusa n’a pas traîné : le même jour, la 8.0.1 est sortie pour les XL+, XL, MINI+ et MINI. Elle corrige deux choses, des variations de température de buse et des erreurs de thermal runaway sur la MINI, et un test de ventilateur qui échouait à tort quand le ventilateur d’impression tournait au-dessus de 7000 tr/min sur la XL. Si vous avez une de ces quatre machines, la 8.0.1 est votre cible.

🚧 Ce qui ne marche pas encore, et il faut le savoir

Je préfère être direct sur les limites, parce que c’est là qu’on évite les déceptions. Premièrement, sans lecteur OpenPrintTag compatible, rien ne se passe. La fonction est présente dans le firmware, mais le matériel doit être là. Deuxièmement, dès qu’une MMU est activée, la lecture OpenPrintTag est coupée : l’imprimante éteint le lecteur et délie le tag du filament chargé. Si vous imprimez en multicouleur avec une MMU3, vous perdez le suivi. C’est un choix d’architecture assumé par Prusa, pas un oubli.

Lecture du tag OpenPrintTag avec un smartphone posé sur la bobine

Troisièmement, la commande M600 et les boutons « Charger » et « Changer » de l’aperçu d’impression n’utilisent pas le tag : ils chargent le filament décrit par le G-code. Pour utiliser les données du tag lors d’un changement, il faut lancer l’opération depuis le menu Filament et choisir « Données depuis OpenPrintTag ». C’est listé noir sur blanc dans les bugs connus de la release, et j’espère que ça sautera à la prochaine version.

Quatrièmement, la fonction n’est pas disponible sur la CORE One INDX, et elle ne concerne en aucun cas les MK4, MK3.9, MK3.5, XL et MINI, qui récupèrent le reste du firmware mais pas le NFC. Enfin, le lecteur OpenPrintTag doit être un modèle compatible, et le fait que son firmware soit mis à jour par l’imprimante implique de laisser la machine au repos pendant l’opération, sinon l’écran de progression ne s’affiche pas.

Dernier point, plus anecdotique : sur les écrans d’erreur, le hash de l’appareil et les marqueurs [S] et [A] ont disparu au profit du modèle de l’imprimante. Et un nouvel écran Cyphal Info liste les cartes accessoires connectées sur le bus CAN, lecteur OpenPrintTag, contrôleur AC de la CORE One L, capteur de décalage d’outil, avec leur identifiant de nœud et leur état. C’est un outil de diagnostic pour le support, mais c’est aussi une fenêtre intéressante sur l’architecture interne de la machine.

🛠️ Mon verdict : tu mets à jour, ou pas ?

Si vous avez une CORE One ou une CORE One L et un lecteur OpenPrintTag, la réponse est oui, sans hésiter. Le suivi de consommation change réellement le quotidien : plus de bobine fantôme dont on ignore le poids restant, plus de calcul mental avant un print de vingt heures, et un historique qui survit au changement d’imprimante. C’est le genre de confort qu’on ne veut plus perdre une fois goûté.

Si vous avez une MK4, une XL ou une MINI, la mise à jour reste intéressante, mais pour d’autres raisons : le limiteur M204 F, les connexions Prusa Connect plus rapides, les chargements de flexible trois fois plus rapides, la correction de l’accéléromètre et celle de PrusaLink. Ce sont des gains de fiabilité, pas des arguments de vente, et c’est très bien comme ça.

Si vous imprimez en multicouleur avec une MMU, tempérez l’enthousiasme : la lecture est désactivée dès que la MMU est active. Vous profiterez du reste, pas du tag. Et si vous êtes sur une CORE One INDX, il faudra attendre une prochaine version. Prusa a d’ailleurs été transparent sur ce point dans ses notes, ce qui mérite d’être dit.

Reste une question de fond sur l’OpenPrintTag. Est-ce que l’OpenPrintTag va vraiment devenir le standard que tout le monde utilise, ou est-ce que chaque constructeur va continuer à bricoler sa puce maison ? La réponse ne dépend pas de Prusa, elle dépend des fabricants de filament. Vingt-deux logos affichés, c’est un bon début. Mais tant que les grandes marques vendues en Europe ne taguent pas leurs bobines en sortie d’usine, le standard restera une affaire de makers équipés de tags vierges. Et pour être honnête, c’est déjà énorme.

Écran de l'application OpenPrintTag : poids restant et données du filament

Dans mon atelier, le prochain chantier OpenPrintTag c’est le rangement. J’ai une étagère entière de bobines entamées dont je ne connais plus le poids, et je vais coller un tag sur chacune. Une fois flashées, l’imprimante me dira ce qu’il reste avant même de lancer la chauffe. Pour ceux qui veulent creuser la partie matériau et couleur, j’ai aussi détaillé le ColorMix Prusament et ses 45 teintes avec cinq bobines, parce que la combinaison des deux, tag plus mélange de couleurs, devient vraiment intéressante.

❓ FAQ : OpenPrintTag et firmware 8.0.0

Faut-il du matériel supplémentaire pour lire un OpenPrintTag sur une CORE One ?

Oui. Le firmware 8.0.0 apporte le support logiciel, mais il faut un lecteur OpenPrintTag compatible connecté à l’imprimante. Son firmware étant intégré à celui de la machine, il se met à jour automatiquement. Le nouveau menu Réglages > OpenPrintTag permet de vérifier l’état du lecteur et de lire le contenu brut d’un tag pour diagnostic.

Le firmware 8.0.0 fonctionne-t-il avec une MMU branchée ?

Le firmware fonctionne, mais la lecture du tag est désactivée dès que la MMU est activée. L’imprimante éteint le lecteur et délie le tag du filament chargé, donc plus de suivi de consommation en multicouleur. Toutes les autres nouveautés de la 8.0.0 restent disponibles, y compris le limiteur d’accélération M204 F et les corrections de bugs.

Où trouver des tags OpenPrintTag pour mes bobines d’autres marques ?

Le standard est ouvert et gratuit, la spécification est publiée, et un tag vierge se colle sur n’importe quelle bobine. On le flashe avec un téléphone via une application NFC générique ou l’outil de génération fourni par Prusa. Une fois la bobine vide, le tag se décolle et se réutilise. Rien n’oblige à acheter du Prusament pour en profiter.

La mise à jour 8.0.0 est-elle risquée pour une MK4 ?

Non, et elle corrige même deux problèmes qui touchaient la famille MK4 et les CORE One : l’accéléromètre qui devenait inutilisable après une erreur de communication, ce qui faisait échouer les calibrations Input Shaper et Phase Stepping, et un plantage possible en fin d’envoi via PrusaLink. La 8.0.0 intègre aussi les correctifs de sécurité de la 7.0.0, mais elle n’apporte pas l’OpenPrintTag sur la MK4, réservé aux CORE One et CORE One L.

🔗 Sources

Notes de version officielles : firmware 8.0.0 sur GitHub. Le standard : openprinttag.org. La documentation constructeur : base de connaissances Prusa. La reprise presse : 3Druck du 7 novembre 2026. Et pour les bidouilleurs qui veulent lire leurs tags avec autre chose qu’un téléphone : FlipperPrintTag, un projet communautaire qui lit et écrit l’OpenPrintTag depuis un Flipper Zero.

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Johan