Elegoo M1 Ultra : retiens ce nom, parce que le 22 octobre 2026, Elegoo a mis en ligne la page produit de son tout premier scanner 3D. Pas une imprimante FDM, pas une résine, pas un graveur laser. Un scanner. Et pas un modèle d’entrée de gamme : un boîtier de 191 mm de haut, annoncé à 2 299 $, avec une précision de 0,02 mm que la marque qualifie elle-même de « métrologique ». Quand j’ai découvert la fiche ce matin, j’ai relu le prix deux fois. À ce tarif, Elegoo ne vise plus l’atelier du dimanche : il vient s’asseoir à la table de mesure.
Le calendrier n’a rien d’un hasard. Le 12 octobre, Bambu Lab dévoilait son S1, premier scanner de la marque, pour novembre 2026. Dix jours plus tard, la réponse s’appelle Elegoo M1 Ultra. Deux fabricants d’imprimantes qui se mettent à vendre des scanners à une semaine d’intervalle, ce n’est pas une coïncidence : c’est un nouveau champ de bataille qui s’ouvre, et il ne se joue pas sur le prix du filament.
Ce que j’ai vérifié sur le Elegoo M1 Ultra
Précision annoncée : 0,02 mm, dite « métrologique » · Prix : 2 299 $ · Écran tactile, pilotage sans PC · 191 x 76 x 50 mm · Early Bird : 100 $ de remise jusqu’au 11 novembre, 23 h PST · Offre bundle scanner plus imprimante : 400 $ de remise · Technologie de scan : non communiquée · Disponibilité : « bientôt », pas encore achetable
🎯 Ce que Elegoo a annoncé le 22 octobre 2026
La page produit du Elegoo M1 Ultra est en ligne depuis le 22 octobre 2026, et elle assume son statut de teaser. On y trouve un slogan qui claque, « Scan Anywhere. Measure Precisely. », quatre visuels de synthèse et un formulaire d’inscription. Rien de plus. Dans les données de la boutique, le produit existe pourtant bel et bien, avec sa référence EL-3DS-M1U et un statut qui ne laisse aucun doute : il n’est pas encore achetable.

La description officielle tient en une phrase, et c’est celle qu’il faut retenir mot pour mot : « un scanner 3D intelligent tout-en-un avec une précision de 0,02 mm de niveau métrologique, des modes de scan polyvalents, le scan sans fil et un logiciel intelligent ». Traduction : Elegoo promet un appareil autonome, qui n’a pas besoin d’un PC pour capturer, et qui serait assez précis pour de la mesure. La promesse est énorme. Les preuves, pour l’instant, se limitent à cette phrase.
Ce qui manque est presque plus parlant que ce qui est annoncé. Aucune ligne sur la technologie embarquée : laser, lumière structurée, ou combinaison des deux. Aucun poids. Aucune distance de travail. Aucune autonomie de batterie. Aucune taille maximale d’objet scannable. Sur le papier, le Elegoo M1 Ultra reste donc un boîtier noir avec un écran et une promesse. Et surtout, aucune date de commercialisation ferme : juste un « bientôt » qui laisse la porte ouverte à novembre comme à janvier.
C’est exactement la méthode que Bambu Lab a utilisée avec son S1, et je l’avais décortiquée dans mon analyse du Bambu Lab S1 et de sa sortie en novembre 2026. Une page nue, un visuel propre, un formulaire. Les deux marques testent la température avant de lâcher les chiffres. Sauf qu’Elegoo a fait une chose que Bambu Lab n’avait pas faite : il a laissé fuiter le prix dans le code source de sa page.
📐 0,02 mm : la promesse qui claque, et le détail qui manque

0,02 mm, c’est 20 microns. Pour situer, un cheveu humain tourne autour de 50 à 100 microns. Autrement dit, Elegoo annonce une précision trois à cinq fois plus fine qu’un cheveu, sur un appareil tenu à la main. Dans l’atelier, ça n’a rien d’anecdotique : à cette échelle, on ne parle plus de « joli scan pour imprimer un vase », on parle de contrôle dimensionnel, de rétro-ingénierie d’une pièce cassée et de reproduction d’un carter.
Le problème, c’est qu’un chiffre de précision ne veut rien dire tout seul. En métrologie industrielle, une valeur s’accompagne toujours d’un volume de mesure, d’une température de référence et d’une norme d’essai, typiquement la VDI/VDE 2634 pour les systèmes optiques. Les laboratoires qui vivent de la mesure, comme GOM et ses systèmes de scan optique, publient ces protocoles noir sur blanc. Sur la page du Elegoo M1 Ultra, il n’y a ni norme, ni volume, ni température. Juste 0,02 mm, en haut de page.
La comparaison avec le haut du panier est instructive. L’Artec Neo et ses 0,025 mm sans fil appartient à une famille d’appareils dont la précision est documentée, certifiée et vendue avec un logiciel de métrologie. Son prix, lui, n’a rien à voir avec celui du Elegoo M1 Ultra. C’est précisément là que le positionnement d’Elegoo devient intéressant : il annonce une finesse supérieure à un scanner pro reconnu, pour une fraction du tarif.
Mon verdict provisoire est simple. Si le chiffre tient lors de tests indépendants, le Elegoo M1 Ultra devient une petite bombe pour les bureaux d’études qui n’ont pas 20 000 € à mettre dans un scanner. S’il ne tient pas, le Elegoo M1 Ultra reste un très bon scanner de hobbyiste haut de gamme vendu au prix d’un scanner pro. La différence entre les deux scénarios se joue sur une seule chose : la certification, pas la fiche marketing.
🖐️ Touch to Scan : l’écran, les modes et la promesse all-in-one

Le deuxième argument d’Elegoo tient en trois mots : « Touch to Scan ». Le Elegoo M1 Ultra embarque un écran tactile sur la poignée, et la marque insiste sur le fait qu’on peut scanner sans ordinateur. C’est cohérent avec la formule all-in-one : tu poses l’objet, tu cadres, tu lances, le maillage se construit dans l’appareil. Pour un atelier qui n’a pas de poste fixe à côté de l’établi, c’est confortable.
Le Elegoo M1 Ultra promet aussi « plusieurs modes de scan pour chaque besoin », du scan sans fil et un logiciel qualifié d’intelligent, sans jamais détailler ce que ces modes font. Sur la page, une mosaïque montre six situations différentes, dont un intérieur de véhicule et une pièce mécanique. Six modes, donc, mais aucun nom, aucune plage de taille, aucune indication sur la manière dont le maillage se recolle.
Cette approche n’est pas inédite sur le marché. Le Sermoon P1S à 2 199 € fonctionne déjà sans PC, avec son propre écran et son propre logiciel embarqué. La différence, c’est que Sermoon documente sa fiche technique. Elegoo, pour l’instant, vend une intention. Et dans mon atelier, une intention ne remplit pas un plateau.
💰 2 299 $ : le vrai prix, et l’early bird qui court jusqu’au 11 novembre

Le prix du Elegoo M1 Ultra, donc : 2 299 $, soit environ 2 000 € selon la conversion citée par la presse spécialisée, hors TVA et hors frais d’import. C’est cher pour un premier scanner de la part d’une marque connue pour ses imprimantes à moins de 400 $. C’est aussi, objectivement, beaucoup moins cher que tout ce qui prétend à la métrologie dans le monde du scan 3D professionnel.
Elegoo a assorti l’annonce d’une mécanique promotionnelle classique mais bien ficelée. Le programme Early Bird offre 100 $ de remise jusqu’au 11 novembre à 23 h PST, ce qui ramène le Elegoo M1 Ultra à 2 199 $. L’offre bundle, elle, accorde 400 $ de remise si tu achètes le scanner avec une imprimante de la marque. Et les abonnés à la newsletter reçoivent 1 400 marqueurs de scan, annoncés à 19,99 $ de valeur, pendant la période Early Bird.
Cette dernière ligne est la plus intéressante de toute la page. 1 400 marqueurs, ce n’est pas un goodie pour débutant : c’est un consommable de scanning par marqueurs, utilisé pour recaler un maillage sur de grandes pièces ou sur des surfaces sans relief. Elegoo ne vend pas seulement un appareil, il installe un flux de travail. Et il le fait à dix jours d’une échéance, ce qui est la manière la plus efficace de transformer une hésitation en précommande.
Reste la question du positionnement. À 2 299 $, le Elegoo M1 Ultra est trois fois plus cher que le Creality Pika annoncé à 699 $, et à peu près au niveau du Sermoon P1S. Il joue donc dans la cour des scanners « semi-pro », pas dans celle des jouets de bureau. La vraie comparaison, ce sera avec le Bambu Lab S1, dont le prix n’est toujours pas connu.
🧰 Dans la boîte : des marqueurs, un trépied et un message clair

Le visuel du contenu de la boîte en dit long sur la clientèle visée. On y voit le scanner, sa batterie, un câble USB-C, un trépied compact qui ressemble à une perche, un plateau de calibration quadrillé de points, deux planches de marqueurs magnétiques, deux capuchons d’objectif, un pinceau et un chiffon. C’est une dotation d’atelier, pas un pack cadeau.
Le plateau de calibration et les planches de marqueurs confirment une chose : le Elegoo M1 Ultra travaille aussi en mode marqueurs, la méthode de référence pour scanner de grandes pièces ou des objets sans détail géométrique suffisant. C’est la même logique que sur les scanners industriels, où l’on sème des cibles sur le sol autour de la pièce pour recaler les nuages de points.
Pour un maker, c’est une bonne nouvelle : le Elegoo M1 Ultra ouvre l’accès à une méthode réservée jusque-là aux laboratoires de mesure. Pour un débutant, c’est un signal : le Elegoo M1 Ultra n’est pas un appareil qu’on sort du carton et qu’on utilise en quatre minutes sans lire la notice. Il demande un minimum de méthode, un éclairage maîtrisé et, souvent, une surface préparée. C’est le prix de la précision annoncée.
🆚 Elegoo M1 Ultra vs Bambu Lab S1 vs Creality Pika

Trois scanners, trois stratégies, et un tableau qui vaut mieux qu’un long discours. Voici ce que chaque marque accepte de dire, à la date du 23 octobre 2026.
| Elegoo M1 Ultra | Bambu Lab S1 | Creality Pika | |
|---|---|---|---|
| Prix | 2 299 $ | non annoncé | 699 $ |
| Précision annoncée | 0,02 mm | non annoncée | non annoncée |
| Sortie | « bientôt » | novembre 2026 | annoncé |
| Écran embarqué | tactile | non confirmé | non confirmé |
Ce que le tableau révèle, c’est un trou de positionnement. Le Creality Pika occupe l’entrée de gamme à 699 $. Le Bambu Lab S1 jouera l’intégration logicielle, avec l’écosystème Bambu Studio et MakerWorld derrière lui. Le Elegoo M1 Ultra, lui, mise tout sur le chiffre : 0,02 mm, un écran, du sans fil, et un prix trois fois supérieur au Pika.
Mon avis, à chaud : c’est le pari le plus risqué des trois. Parce qu’à 2 299 $, l’acheteur compare avec des appareils dont la précision est certifiée, et pas seulement affichée. Le Elegoo M1 Ultra devra démontrer sa valeur autrement que par un slogan, et c’est justement ce que les premières tests indépendants diront.
🏭 Pourquoi tous les fabricants d’imprimantes veulent te vendre un scanner

Il y a une logique industrielle derrière cette ruée. Avec le Elegoo M1 Ultra, Elegoo ne se contente plus d’être un fabricant d’imprimantes : la marque vend des FDM avec la gamme Centauri, des imprimantes résine Mars et Jupiter, un graveur laser Phecda, des résines, des filaments et même des dryers. Chaque nouveau produit est une porte d’entrée vers un écosystème de consommables.
Le scanner est la pièce qui manquait à cet édifice. Scanner, c’est capturer un objet réel pour l’imprimer. C’est donc l’étape zéro de la chaîne, celle qui attache l’utilisateur avant même qu’il achète du filament. Une marque qui possède le scanner, le slicer et l’imprimante possède tout le flux de travail, et peut facturer chaque étape.
La solidité financière d’Elegoo rend ce pari crédible. La marque a levé des fonds et affiché des ambitions qui dépassent largement le marché du loisir, comme je l’expliquais dans mon décryptage de la levée de fonds d’Elegoo face à Bambu Lab. Un scanner à 2 299 $, c’est exactement le genre de produit qui fait monter le panier moyen et qui crédibilise une marque sur le segment pro.
Et il y a un effet d’aubaine. Le marché du scan 3D à main était dominé par des spécialistes, Revopoint, Creality, Artec, Shining 3D. L’arrivée de deux géants de l’impression 3D en deux semaines change la donne : la capacité de production, la distribution et le budget marketing ne sont plus dans les mêmes mains. Les prix des scanners milieu de gamme vont probablement bouger dans les six prochains mois.
🔧 Ce que j’attends avant de sortir ma carte bleue
Je vais être direct : je n’achète pas un scanner sur une page de teasing. Il me manque trop d’éléments pour juger le Elegoo M1 Ultra sur pièce. La technologie d’abord, parce qu’un scanner laser et un scanner à lumière structurée ne se comportent pas du tout de la même façon sur une surface noire, brillante ou transparente. Ensuite la certification, parce que 0,02 mm sans norme ni volume de mesure, ça reste un argument de brochure.
Ma checklist avant achat
1. La technologie de scan et sa longueur d’onde · 2. La norme d’essai de la précision annoncée · 3. Le volume maximal scannable · 4. Le format d’export, STL, PLY, OBJ, et la présence d’un maillage fermé · 5. Le prix en euros, TVA et douane incluses · 6. Les retours d’utilisateurs sur des pièces mécaniques, pas sur des statuettes
Il y a aussi la question du calendrier. L’offre Early Bird du Elegoo M1 Ultra expire le 11 novembre, alors que le produit n’est ni testé ni daté. C’est une pression commerciale assumée, et elle fonctionne sur beaucoup de monde. Mon conseil : attends les premières vidéos de prise en main, même si tu perds les 100 $. Sur un appareil à 2 299 $, 100 $ de remise ne valent pas le risque de découvrir que le mode sans fil rame ou que le logiciel exporte des maillages troués.
❓ FAQ : le Elegoo M1 Ultra en questions
Combien coûte le Elegoo M1 Ultra ?
Le Elegoo M1 Ultra est affiché à 2 299 $, soit environ 2 000 € hors taxes et hors frais d’import. Pendant la période Early Bird, une remise de 100 $ s’applique jusqu’au 11 novembre à 23 h PST, ce qui le ramène à 2 199 $. Une offre bundle accorde 400 $ de remise supplémentaire si tu ajoutes une imprimante de la marque au panier.
Quelle précision annonce le Elegoo M1 Ultra ?
Elegoo annonce une précision de 0,02 mm, qu’il qualifie de niveau métrologique. Aucune norme d’essai, aucun volume de mesure et aucune température de référence ne sont précisés sur la page produit du Elegoo M1 Ultra. Le chiffre doit donc être considéré comme une promesse de la marque, en attente de vérification indépendante.
Quand sort le Elegoo M1 Ultra ?
Il n’y a pas de date ferme. La page officielle parle d’un produit « à venir » et la fiche boutique indique qu’il n’est pas encore disponible à la vente. Seule certitude : l’offre Early Bird court jusqu’au 11 novembre 2026, ce qui laisse penser à une commercialisation autour de cette date, sans confirmation d’Elegoo.
Le Elegoo M1 Ultra peut-il remplacer un scanner de métrologie ?
Pas en l’état, et pas sans documentation. Un scanner de métrologie se juge sur une précision certifiée selon une norme, sur un volume de mesure connu et sur une chaîne logicielle traçable. Le Elegoo M1 Ultra coche peut-être les cases matérielles, mais il manque aujourd’hui les trois éléments qui permettent de le comparer à un appareil de laboratoire.
🔗 Sources et liens officiels
Comme toujours, je préfère te donner les sources plutôt que de te demander de me croire. Voici les documents que j’ai utilisés pour cet article.
- Page produit officielle du Elegoo M1 Ultra : slogan, précision annoncée, offres Early Bird et bundle.
- L’article de 3Druck.com du 22 octobre 2026, qui a repéré le prix dans le code source de la page.
- La fiche de l’Artec Neo, référence de la métrologie portable sans fil.
- GOM, systèmes de scan optique industriel, pour comprendre ce que veut dire une précision documentée.
🎬 Le mot de la fin
Le Elegoo M1 Ultra n’est pas encore un produit, c’est une déclaration d’intention. Elegoo annonce qu’il sait fabriquer autre chose que des imprimantes à 379 $, et qu’il compte se battre sur le terrain de la mesure. La fiche est séduisante, le prix est courageux, la documentation est vide. C’est exactement le moment où il faut garder la tête froide et laisser les premiers testeurs essuyer les plâtres.
Si tu veux creuser le sujet du scan 3D à l’atelier, j’ai déjà décortiqué le Bambu Lab S1 et le Creality Pika à 699 $. Les deux articles te donneront la grille de lecture pour juger le Elegoo M1 Ultra quand les vrais chiffres tomberont.
Johan
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