En février, je te parlais d’un scanner Creality à 3 319 € dans mon Hebdo, et je terminais avec une phrase que j’assume encore : pour la plupart des makers, il fallait garder le modèle filaire, « c’est la même optique, juste moins cher ». Creality a visiblement entendu l’argument. Le Sermoon P1S est disponible dans le monde entier depuis le 22 septembre 2026, et il apporte exactement ça : la même famille optique, l’autonomie complète, et 2 199 € affichés sur la boutique européenne. Aux États-Unis, le prix public est de 2 299 $, avec un tarif early bird à 2 099 $ jusqu’au 12 octobre 2026.
Sur le papier, c’est le premier scanner 3D que je regarde en me demandant s’il peut remplacer un vrai poste de métrologie dans un atelier de maker. Le Sermoon P1S scanne sans ordinateur, il tient dans une main, et il traite une bonne partie du boulot directement sur l’appareil. Je te détaille ce qui change par rapport au Sermoon P1, ce que les chiffres veulent dire en vrai, et si le chèque est justifié.

Un point de contexte avant d’entrer dans le technique. Creality a longtemps vécu sur des imprimantes FDM inspirées de Prusa, vendues à des prix cassés. Depuis deux ans, la marque monte en gamme et sort des machines plus complexes : les séries K1, K2, K3, la R1 laser, et maintenant une vraie ligne de scanners professionnels. Le Sermoon P1S est le symbole de ce virage. On n’est plus dans le scanner d’entrée de gamme qu’on offrait à Noël, on est dans un outil que Creality positionne face aux bureaux d’études.
🚀 Le Sermoon P1S, c’est un scanner 3D qui coupe le cordon
Le Sermoon P1S est un scanner 3D autonome annoncé à 2 299 $ (2 199 € sur la boutique européenne, 2 099 $ en early bird jusqu’au 12 octobre). Il combine 34 lignes laser croisées, 7 lignes parallèles, 1 ligne laser bleu et de la lumière structurée infrarouge, avec une précision annoncée de 0,02 mm. Tout le traitement se fait sur l’appareil, sans PC, grâce à un processeur Qualcomm 8 cœurs, 16 Go de mémoire et un écran tactile de 6 pouces.
Le vrai argument du Sermoon P1S n’est pas sa fiche technique, c’est sa liberté de mouvement. Un scanner classique t’oblige à traîner un portable, à surveiller un câble USB qui se débranche au mauvais moment et à revenir au bureau pour voir si ta couverture de scan est complète. Là, tu captures, tu regardes l’écran, tu recommences les zones manquantes, et tu repars. Pour quelqu’un qui scanne une pièce au fond d’un garage ou sous un capot, ce n’est pas un gadget, c’est un changement de méthode.
Le suivi est aussi sans marqueurs sur une bonne partie des objets, ce qui évite de coller des cibles partout. J’avais testé cette approche sur le EinScan Trak et son scan sans marqueurs, et c’est clairement la direction que prend tout le marché. Le Sermoon P1S s’inscrit dans cette lignée, avec une différence de taille : ici, la puissance de calcul est embarquée.
🔍 34 + 7 + 1 lignes laser bleu : quatre façons de capturer
C’est la partie qui m’intéresse le plus en tant qu’utilisateur. Le Sermoon P1S ne propose pas un seul mode de capture, mais quatre, et tu choisis selon la géométrie de la pièce. Les 34 lignes laser croisées servent à couvrir de grandes surfaces rapidement : un panneau de carrosserie, un carter, une pièce de bonne taille. Les 7 lignes parallèles descendent d’un cran dans le détail pour les petites formes. La ligne laser bleu unique va chercher ce que les autres ratent : les rainures étroites, les trous profonds, les recoins.

Quatrième mode : la lumière structurée infrarouge, avec la technologie MASK de Creality, pensée pour capter les contours et les détails fins sur les objets de petite et moyenne taille. Concrètement, tu as un seul appareil qui remplace trois scanners spécialisés. Je préfère te le dire franchement : aucun scanner n’est parfait partout, et le Sermoon P1S ne fera pas de miracle sur une pièce transparente ou chromée sans préparation. Mais la polyvalence annoncée est sérieuse.
En vitesse de capture, le laser bleu tourne à 60 images par seconde en autonome et grimpe à 100 images par seconde quand tu le branches à un PC. La lumière structurée infrarouge est plus lente : 20 images par seconde sur l’appareil, 30 avec un ordinateur. Ce n’est pas un détail anodin, parce que c’est le mode que tu utiliseras pour les petits objets détaillés, et c’est celui qui demande le plus de patience.
📐 0,02 mm : ce que la précision du Sermoon P1S change vraiment
Précision annoncée de 0,02 mm en mode laser bleu, précision volumétrique de 0,02 mm + 0,08 mm par mètre. Une mire d’étalonnage en verre de haute précision est fournie dans la boîte. Creality précise que ces mesures viennent de tests en laboratoire et qu’elles varient selon les vibrations, la température et les conditions d’utilisation. C’est honnête, et c’est important de le garder en tête.
La précision volumétrique est la donnée que je regarde en premier, parce qu’elle dit comment l’erreur se comporte quand la pièce grandit. Sur un objet de 20 cm, 0,08 mm par mètre représente une dérive de quelques centièmes de millimètre. Sur une pièce d’un mètre, ça commence à compter. Pour de la rétro-ingénierie sur des pièces mécaniques, des supports, des fixations ou des carters, c’est largement suffisant. Pour du contrôle qualité à la micron près sur une pièce de fonderie, tu prends un scanner de métrologie et tu paies dix fois plus.

Ce positionnement est exactement celui du scanner Artec Neo et ses 0,025 mm, sauf qu’on ne parle plus du même budget. Le Sermoon P1S joue la carte du « assez précis pour 95 % des besoins d’un atelier », et c’est un terrain sur lequel beaucoup de pros peuvent se reconnaître. La mire en verre fournie d’origine montre d’ailleurs que Creality assume ce discours de sérieux : c’est l’accessoire qu’on trouve chez les fabricants de scanners de mesure, pas chez les vendeurs de gadgets.
Autre point qui va compter pour ceux qui scannent du métal : la marque annonce une réduction du recours au spray de scan sur les surfaces sombres et les métaux réfléchissants adaptés. Quand tu sais le temps que tu perds à pulvériser puis à nettoyer un carter, tu comprends que c’est un vrai gain. Attention, Creality reste prudent sur le sujet : il n’est pas question de promettre un scan sans préparation sur n’importe quelle surface. Sur une pièce noire mate ou un aluminium brossé, oui. Sur un chrome poli, tu sortiras toujours ton AESUB, et d’ailleurs les acheteurs de la période de lancement en reçoivent une bombe offerte.
🏋️ 807 g et 16 Go de RAM : le scanner est aussi un ordinateur
Pour tenir un scan sans PC, il faut de la puissance. Le Sermoon P1S embarque un processeur Qualcomm 8 cœurs cadencé jusqu’à 3,36 GHz, un GPU Adreno 740, un FPGA, 16 Go de mémoire LPDDR5X et 256 Go de stockage UFS 4,0. Traduit en langage d’atelier : tu captures, tu vérifies la couverture, tu lances un nettoyage du maillage et tu peux ressortir un fichier propre avant même de rentrer au bureau. Le tout sur un écran tactile de 6 pouces qui te sert de retour vidéo en direct.

Tu peux aussi travailler autrement : en Wi-Fi 7 pour envoyer les données à un PC quand tu as besoin de plus de confort, ou en USB 3,0 pour une liaison filaire stable. Les deux batteries de 3 300 mAh sont interchangeables et la charge rapide PD 3,0 est supportée. Sur une journée de scans, c’est exactement le genre de détail qui décide si tu peux finir le chantier ou pas. Je préfère ça à une batterie scellée qu’il faut renvoyer en SAV.
Reste le poids : 807 g avec la batterie. Sur le papier, c’est raisonnable pour un appareil autonome, mais tu le sens au bout de vingt minutes bras tendu. Le site 3DPrint.com fait la comparaison avec un Shining Einstar annoncé autour de 500 g, et il a raison de le souligner. Ce n’est pas éliminatoire, c’est juste la contrepartie logique d’un ordinateur embarqué : si tu veux la puissance sur place, tu portes la puissance sur place.
💶 Prix du Sermoon P1S : 2 199 € en Europe, 1 000 $ sous le Sermoon P1
C’est le vrai sujet. Le Sermoon P1S est affiché 2 299 $ en prix public et 2 099 $ en early bird jusqu’au 12 octobre 2026, tandis que la boutique européenne l’affiche à 2 199 €. Le Sermoon P1, lui, était positionné à 3 299 $ sur la boutique américaine et à 3 319 € en promotion au moment de son lancement. On parle donc d’un écart de l’ordre de 1 000 $ entre les deux générations, et c’est ce qui rend le Sermoon P1S intéressant.

Évidemment, il y a des compromis au passage. Le Sermoon P1S perd 8 Go de mémoire vive par rapport au P1 et sa précision volumétrique passe de 0,06 à 0,08 mm par mètre. En échange, il gagne douze lignes laser croisées et une poignée de grammes. Si tu fais de la reconstruction de grandes pièces avec beaucoup de finesse, la version P1 reste devant. Si tu veux l’autonomie, la vitesse de capture sur de grandes surfaces et un ticket d’entrée plus doux, le Sermoon P1S est le bon compromis.

Il faut aussi regarder ce que fait la concurrence. Les journalistes spécialisés le répètent depuis l’annonce : avec Revopoint, 3DMakerpro et Shining sur le même terrain, le marché du scanner 3D à moins de 3 000 € s’est tendu en deux ans. Mon analyse de la semaine dernière sur le cloud ShiningSpace et le stockage de tes scans allait déjà dans ce sens : le matériel baisse, c’est le logiciel et l’écosystème qui font la différence.
Le Sermoon P1S est livré avec CrealityScan, qui gère la capture, l’optimisation et l’export en STL, OBJ et PLY, avec un comblement automatique des trous assisté par intelligence artificielle. Creality promet aussi des mises à jour OTA, donc des algorithmes qui s’améliorent après l’achat. Ce dernier point, je le souligne, parce que c’est exactement ce que tout le monde promet et que peu de marques tiennent.
🧰 Et dans mon atelier, ça sert à quoi ?
Je vais être direct : ce n’est pas un scanner pour tout le monde, et Creality ne prétend pas le contraire. La marque vise deux usages principaux, la rétro-ingénierie et l’automobile, avec l’impression 3D et les makers en usage secondaire. Concrètement, dans un atelier comme le mien, je vois trois cas d’usage qui tiennent la route.
Le premier, c’est la pièce cassée qu’on ne trouve plus. Tu scannes le morceau d’origine, tu répares ou tu renforces le maillage, et tu réimprimes. Avec la précision du Sermoon P1S, tu peux aller chercher les portées d’appui et les perçages sans reprendre tout le modèle à la main. Le deuxième, c’est la pièce d’adaptation : un support, une entretoise, un boîtier qui doit épouser une forme existante. C’est là que le scan sans PC devient vraiment pratique, parce que tu mesures sur place et tu valides en quelques minutes.
Le troisième usage est plus subtil : la rétro-ingénierie d’ensemble. Quand je veux modifier un modèle existant, je préfère partir d’un nuage de points propre plutôt que de deviner des côtes. Plus la donnée d’entrée est solide, moins tu passes de temps à corriger ensuite. Le Sermoon P1S joue exactement ce rôle dans la chaîne.
Et pour ceux qui bricolent de la voiture, je comprends l’enthousiasme. Scanner un panneau, préparer un élargisseur, refaire une pièce de carrosserie introuvable : le Sermoon P1S avec ses 34 lignes croisées est taillé pour ça. C’est d’ailleurs l’usage que met en avant la presse spécialisée américaine, qui le voit comme l’outil idéal pour un atelier de carrosserie ou un projet de kit car. À 2 199 €, ça reste un investissement, mais ce n’est plus le prix d’une voiture d’occasion, et c’est précisément ce qui a changé en deux ans.
❓ FAQ : tes questions sur le Sermoon P1S
Le Sermoon P1S remplace-t-il vraiment un ordinateur ?
Oui pour tout le cycle de capture et une bonne partie du post-traitement. Le Sermoon P1S gère la numérisation, la vérification de la couverture, le nettoyage du maillage et l’export depuis son écran de 6 pouces, avec 16 Go de mémoire et 256 Go de stockage embarqués. Tu repasses sur un ordinateur quand tu veux aller plus loin en CAO, en retopologie ou pour préparer une impression complexe.
Quelle est la différence entre le Sermoon P1S et le Sermoon P1 ?
Le Sermoon P1S est plus abordable, avec des lignes laser croisées qui passent de 22 à 34 et un poids qui descend de 830 à 807 g. En contrepartie, il embarque 16 Go de mémoire vive au lieu de 24 et sa précision volumétrique est annoncée à 0,02 mm plus 0,08 mm par mètre, contre 0,06 mm par mètre sur le P1. C’est un arbitrage entre prix d’entrée, vitesse sur grandes surfaces et finesse sur les très grosses pièces.
À qui s’adresse le Sermoon P1S à 2 199 € ?
Aux professionnels et aux makers avancés qui scannent en déplacement : ateliers automobiles, bureaux d’études, maintenance industrielle, mais aussi créateurs qui clonent des objets pour les modifier ou les reproduire. Le Sermoon P1S n’a pas de sens si tu scannes deux figurines par an, tu trouveras largement moins cher. Il a du sens dès que tu dois te déplacer autour de l’objet plutôt que d’amener l’objet au scanner.
Faut-il encore du spray de scan avec le Sermoon P1S ?
Moins souvent, pas jamais. Creality annonce que le Sermoon P1S réduit le besoin de spray sur les surfaces sombres et les métaux adaptés, et une bombe AESUB autodisparue est offerte aux acheteurs de la période de lancement. Sur une pièce noire mate ou un aluminium, le gain de temps est réel. Sur un métal poli ou une surface transparente, la préparation reste indispensable.
🔗 Sources
Toutes les données techniques de cet article viennent du communiqué officiel Creality et de sa reprise par la presse spécialisée :
- Communiqué officiel Creality du 22 septembre 2026 (specs, prix public et early bird, disponibilité mondiale)
- Fiche produit Sermoon P1S de la boutique officielle européenne (prix affiché en euros)
- Fiche officielle du Sermoon P1 (22 + 7 + 1 lignes, 24 Go de mémoire, 830 g, précision volumétrique 0,06 mm par mètre)
- Engineering.com : Creality launches standalone Sermoon P1S 3D scanner (28 septembre 2026)
- CGMagazine : Creality Sermoon P1S 3D Scanner Brings Professional Scanning Anywhere (22 septembre 2026)
- Fossbytes : Creality Sermoon P1S 3D Scanner Launches With PC-Free Operation (30 septembre 2026)
- 3DPrint.com : Creality Goes Pro with Sermoon P1S 3D Scanner (1er octobre 2026)
Si tu veux comparer avec ce qui existe déjà chez Creality côté optique, j’avais décortiqué le CR-Scan Otter lors de sa première découverte, et la logique reste la même : la marque empile les gammes, du scanner à moins de 500 € jusqu’au poste autonome à 3 000 €. Le Sermoon P1S vient occuper le milieu de cette échelle, et c’est probablement là que se joue le prochain gros volume de ventes.
On y partage nos scans, nos ratés de maillage et nos astuces de rétro-ingénierie, tous les jours.
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Johan




