Bambu Lab vient de sortir de sa zone de confort. Le 12 octobre 2026, la marque a mis en ligne une page produit pour le Bambu Lab S1, son tout premier scanner 3D, avec un slogan qui tient en six mots : Easy in Hand, Pro in Every Scan. Autrement dit : simple à tenir en main, précis comme un outil de pro. Pas de fiche technique, pas de prix, juste un « Coming soon » et un visuel qui montre un boîtier noir en forme de pistolet.
J’ai passé la soirée à recouper les documents de la FCC avec les images officielles, et il y a déjà énormément de choses à dire sur ce Bambu Lab S1.
Parce que oui : après l’imprimante 3D, le laser CO2 et le filament, la marque s’attaque maintenant à l’étape qui vient AVANT l’impression, la capture d’un objet réel. Et ça, dans mon atelier, c’est une petite révolution qui se prépare.

🎯 Ce que Bambu Lab a vraiment annoncé le 12 octobre 2026
La page officielle est volontairement vide. On y lit le nom complet du produit, « Bambu Lab S1 3D Scanner », le slogan, la mention « Coming soon » et un formulaire d’inscription pour être prévenu du lancement. Rien d’autre. Pas une ligne sur la résolution, la précision, les lasers embarqués ou le logiciel livré avec.
La seule information concrète, c’est la fenêtre de sortie : novembre 2026. Bambu Lab confirme donc un produit à moins d’un mois de sa commercialisation, sans avoir dévoilé le moindre chiffre. C’est une méthode que la marque connaît bien : teaser, puis fuite contrôlée, puis annonce complète. Sur l’embargo, ils sont devenus très forts.
Ce qui me frappe, c’est la logique de gamme. En septembre, Bambu Lab lançait son premier graveur laser CO2, j’en parlais dans mon analyse du Bambu Lab R1. Quelques semaines plus tard, des références d’imprimantes inédites (P3C, H3C, X2D Pro) apparaissaient dans les documents de la FCC américaine. Aujourd’hui, c’est le tour du Bambu Lab S1, un scanner. La marque ne vend plus une imprimante, elle vend une chaîne complète : je scanne, je modélise, j’imprime, je grave.
Mon repère pour situer le truc : Bambu Lab annonce un produit sans fiche technique à un mois de sa sortie, avec une page « Coming soon ». Dans le monde du scanner 3D, personne ne fait ça. Les acteurs historiques annoncent des specs trois mois à l’avance parce que la précision est leur seul argument. Ici, la marque parie sur autre chose : la facilité d’usage.
📄 La FCC a déjà dit l’essentiel (ou presque)
Fin septembre 2026, deux documents sont passés dans la base de la FCC : une étiquette réglementaire et un dessin technique du boîtier. Ce sont les membres du forum Bambu Lab qui les ont repérés en premier, et la presse spécialisée a suivi. Ce que ces documents disent est très concret, contrairement au teaser officiel du Bambu Lab S1.
La certification a été délivrée par SGS North America le 22 septembre 2026. L’étiquette porte la référence produit complète, les logos FCC, CE, UKCA, RoHS et WEEE, et une dimension de 52,8 mm sur 27,9 mm. Le dessin montre la silhouette du boîtier avec la position exacte de cette étiquette, en bas de la poignée.

Sur le plan radio, le Bambu Lab S1 embarque un module WiFi 5 GHz compatible avec les largeurs de canal de 20, 40 et 80 MHz. C’est du WiFi moderne, donc du transfert de nuage de points sans câble obligatoire, à condition que le logiciel suive.
Sur le plan énergie, la plaque indique une entrée de 20 volts à 3 ampères, soit 60 watts. Le rapport d’essai mentionne aussi un débit d’absorption spécifique maximal de 3,81 W/kg pour les mains et les membres, et une utilisation autorisée uniquement en intérieur. Un scanner qui chauffe un peu dans la main et qui reste dans l’atelier, donc.

Le point le plus intéressant, c’est ce qui n’apparaît pas : aucune trace de batterie sur le document. Une entrée en 20 V / 3 A ressemble à une alimentation externe, ce qui laisse penser que le Bambu Lab S1 aura besoin d’un ordinateur ou d’une alimentation secteur pour fonctionner. C’est exactement le reproche que je fais à la majorité des scanners à main du marché.
🔍 Le design du S1 : pistolet, optiques et molette
Le visuel officiel est très sombre, volontairement. On y distingue un corps noir mat, une poignée type pistolet, une fenêtre frontale derrière laquelle se devinent plusieurs optiques rondes alignées, un bouton de déclenchement sur la poignée et une molette ronde sur le flanc. La forme correspond trait pour trait au dessin déposé à la FCC, ce qui confirme qu’il ne s’agit pas d’un rendu marketing mais bien du produit final.

Ce que je ne peux pas encore te dire sur le Bambu Lab S1, c’est la technologie embarquée. Laser bleu seul, laser bleu plus infrarouge, lumière structurée, ou combinaison des trois ? Impossible de trancher sur ces images. Le nombre d’optiques visibles suggère plusieurs sources, mais un scanner à main peut très bien n’embarquer qu’un seul projecteur et deux caméras.
Autre détail qui alimente les discussions : la partie supérieure du boîtier présente une zone plate, visible aussi sur le dessin technique. Sur certains scanners concurrents, cet espace accueille un petit écran de contrôle. Si Bambu Lab a prévu un affichage intégré, ce sera une première dans cette gamme de prix. Si ce n’est qu’une surface plane pour la ventilation, la promesse « Pro in Every Scan » devra se jouer ailleurs.
💰 Le prix : le vrai sujet qui fâche
Voilà le point où tout le monde se regarde. Tom’s Hardware a sorti l’info la plus croustillante de ce dossier : Bambu Lab aurait un accord-cadre avec SCANOLOGY, un fabricant de scanners 3D professionnels. Or SCANOLOGY commercialise le 3DeVOK MT Gen2, un scanner composite filaire qui combine lasers bleus et infrarouges, avec exactement la même entrée électrique de 60 watts que le Bambu Lab S1. C’est la piste la plus sérieuse pour situer le tarif du Bambu Lab S1.

Sauf que ce scanner est vendu 8 299 dollars. Si le Bambu Lab S1 reprenait la même plateforme, il faudrait oublier tout ce que la marque a construit avec ses imprimantes à prix agressif. Je n’y crois pas une seconde. Une entrée en 60 W identique ne prouve rien d’autre qu’une alimentation de puissance comparable, et les fabricants sourcent souvent les mêmes blocs d’alimentation.
Mon pari, et je le donne pour ce qu’il vaut : le Bambu Lab S1 va chercher le même terrain que la P1S ou l’A2L, c’est-à-dire un scanner pensé pour l’amateur équipé, pas pour le bureau d’études. Les prix du marché donnent le cadre : une Creality CR-Scan Otter est à 719 dollars, la Creality Pika à 629 dollars selon Tom’s Hardware, un EINSTAR 2 à 1 249 dollars sur le site de SHINING3D. Si le Bambu Lab S1 se glisse entre 500 et 900 euros, il fera très mal. Ce n’est qu’une hypothèse : à ce jour, aucun tarif n’a filtré.
🆚 Face aux scanners 3D déjà sur le marché
Le créneau est encombré, et pas forcément de la façon qu’on imagine. Creality occupe le terrain depuis des années avec sa gamme CR-Scan, du petit Ferret Pro aux modèles plus sérieux, jusqu’au Sermoon P1S qui monte à 2 199 euros avec ses fonctions automatiques. J’ai détaillé ce Sermoon P1S dans mon article sur le scanner 3D de Creality : c’est aujourd’hui la référence du scanner qui travaille sans PC.
En face, Revopoint a construit une gamme très lisible, du POP 4 que j’ai testé sur la chaîne jusqu’au MIRACO tout-en-un. SHINING3D attaque le segment prosumer avec l’EINSTAR 2, et Artec reste la référence métrologique hors de prix, dont j’ai analysé le Neo sans fil et sa précision de 0,025 mm. Reste à savoir où le Bambu Lab S1 se placera dans cette grille de prix.

Ce que tous ces appareils partagent, c’est le même mur : après le scan, il faut nettoyer. Les nuages de points arrivent en vrac, avec du bruit, des trous, des surfaces molles. Le nettoyage et le maillage demandent un logiciel dédié et une machine correcte. C’est là que 80 % des makers abandonnent, et c’est exactement l’endroit où je vois le Bambu Lab S1 attaquer.
Imagine un scanner qui dépose directement un maillage propre dans une bibliothèque, prêt à être imprimé. Bambu Studio gère déjà les supports, l’orientation et les profils de filament. Si le S1 s’intègre à cet écosystème, la marque ne vend plus un capteur, elle vend un flux de travail complet. C’est sa vraie force depuis le début.
🧩 Ce que ça change concrètement dans mon atelier
Mon usage du scan, je vais être honnête, n’a rien de spectaculaire. Je scanne des pièces cassées pour en refaire des neuves, je numérise des objets du quotidien pour les adapter, je récupère des formes que je ne sais pas dessiner à la main. C’est du dépannage, pas de la sculpture.
Pour ce genre de travail, la précision absolue importe moins que la régularité. Un scanner d’atelier, même limité à 0,05 mm, qui me sort un maillage propre à chaque essai vaut mieux qu’un appareil de laboratoire qui me demande vingt minutes de réglage. C’est précisément la promesse du slogan : Easy in Hand. Si Bambu Lab la tient, le Bambu Lab S1 va servir tous les jours dans l’atelier, alors que mes confrères au scanner expert le sortent deux fois par mois.
Deuxième enjeu : le stockage et le partage des scans. Un nuage de points complet, ça pèse vite des centaines de mégaoctets. Avec un WiFi 5 GHz et une intégration probable à un cloud, la question du rangement devient centrale. J’ai justement détaillé comment ShiningSpace range et partage des scans dans un espace en ligne, et c’est le genre de brique qui manque encore à l’écosystème Bambu.
❓ FAQ : le Bambu Lab S1 en questions
Quand sortira le Bambu Lab S1 ?
Bambu Lab annonce une sortie en novembre 2026, sans jour précis. La page officielle du Bambu Lab S1 affiche simplement « Coming soon » avec un formulaire d’alerte. Compte donc sur une annonce complète quelques jours avant la mise en vente, comme la marque le fait à chaque lancement.
Combien coûtera le Bambu Lab S1 ?
Aucun prix n’a été communiqué, ni par Bambu Lab, ni par un revendeur. Les seuls indices disponibles viennent des documents de la FCC et d’un éventuel partenariat avec SCANOLOGY. Pour te donner un ordre de grandeur du marché, les scanners à main se négocient entre 629 dollars et 8 299 dollars selon la technologie embarquée.
Faut-il un ordinateur pour utiliser le Bambu Lab S1 ?
C’est très probable. L’étiquette de conformité du Bambu Lab S1 mentionne une alimentation de 20 volts et 3 ampères, soit 60 watts, sans batterie identifiable. Un appareil filaire de cette puissance se pilote en général depuis un PC ou une alimentation dédiée. La présence du WiFi 5 GHz laisse toutefois espérer un transfert sans câble des scans.
Le Bambu Lab S1 peut-il remplacer un scanner 3D professionnel ?
Non, et ce n’est pas son objectif. Un Artec ou un scanner de métrologie travaille au centième de millimètre avec certificat. Le Bambu Lab S1 vise la fabrication additive : capturer une forme réelle pour l’imprimer. Ce sont deux métiers différents, avec des prix qui n’ont rien à voir.
🔗 Sources et liens officiels
Page produit officielle du Bambu Lab S1 : bambulab.com/en/s1 (teaser et inscription aux alertes).
Analyse de la fuite FCC et du partenariat SCANOLOGY : Tom’s Hardware, 12 octobre 2026.
Annonce officielle et détails de conformité : 3Druck.com, 12 octobre 2026.
Prix de référence des concurrents : EINSTAR 2 (SHINING3D) et Creality CR-Scan Otter.
Mes articles liés : Sermoon P1S, le scanner à 2 199 €, Artec Neo et sa précision de 0,025 mm et le Bambu Lab R1, premier laser CO2 de la marque.
Je vais suivre ce dossier de près, parce qu’un scanner signé Bambu Lab, c’est le genre de produit qui peut faire basculer tout un atelier. Dès que le prix tombe, je te le décrypte ici, et je te dirai si le Bambu Lab S1 mérite sa place sur ton établi ou s’il finit dans un tiroir.
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Johan




