Le Prusa HT Hotend vient d’arriver, et je vais être direct : c’est exactement le genre de mise à jour que j’attendais sur ma CORE One. Une tête d’impression qui monte à 400 °C, que tu échanges en moins d’une minute sans le moindre outil, et qui débloque des polymères que je réservais jusqu’ici aux machines de bureau à 10 000 euros. Prusa a ouvert les commandes fin septembre 2026, avec le hotend seul à 259 € et une CORE One L+ livrée directement avec, à 1 849 €.

Dans cet atelier, j’imprime surtout du PLA, du PETG et un peu d’ASA quand la pièce doit tenir dehors. Le jour où j’ai voulu sortir une pièce technique en PPS-CF, je me suis heurté au mur des 290 °C de ma machine. Avec le Prusa HT Hotend, ce mur tombe. Je te détaille ce que ça change concrètement, ce que ça coûte, et surtout ce qu’il faut prévoir en plus pour ne pas transformer ton atelier en usine à fumées.

🚀 Le Prusa HT Hotend, c’est 400 °C au bout de la buse

L’essentiel en trois lignes
Le Prusa HT Hotend monte à 400 °C, s’installe sans outil en moins d’une minute et reste monté en permanence, même pour ton PLA du dimanche. Prix affiché : 259 € TTC sur la boutique européenne, soit 214,05 € hors taxes. Compatible avec toute la famille CORE One, pas avec les MK4S, MINI, XL et XL+.

Prusa HT Hotend monté sur la tête d'impression d'une Prusa CORE One

Ce que j’aime dans la philosophie Prusa, c’est qu’ils ne t’obligent pas à racheter une machine. Le Prusa HT Hotend est un upgrade : tu démontes ta tête actuelle, tu clips la nouvelle, et ta CORE One devient une imprimante haute température. La buse livrée est une ObXidian 500 de 0,4 mm, durcie, donc taillée pour les filaments chargés en fibre de carbone ou de verre qui bouffent une buse laiton en deux bobines.

Le kit du Prusa HT Hotend contient aussi deux idlers (un pour les matériaux standards, un pour les filaments haute température), une plaque principale imprimée en PC Blend Carbon Fiber, des gants pour ne pas graisser la tête et un guide utilisateur imprimé. Le changement se fait à la main, sans clé, et Prusa annonce moins d’une minute pour passer d’une configuration à l’autre. Le délai de préparation de commande est annoncé à deux semaines sur la fiche produit.

Prusa HT Hotend, l'upgrade 400 °C pour imprimantes Prusa CORE One et CORE One L

Un point qui m’a rassuré : tu n’es pas obligé de démonter le Prusa HT Hotend quand tu reviens au PLA. Prusa confirme que les matériaux standards s’impriment normalement avec la tête haute température en place. Fini les deux imprimantes dans l’atelier, une pour le quotidien et une pour les pièces techniques : la même machine fait les deux, et c’est précisément ce que je cherche depuis des mois.

L’autre détail qui compte, c’est la compatibilité. Le Prusa HT Hotend fonctionne sur la CORE One, la CORE One+, la CORE One+ Gen 2, la CORE One L et la CORE One L+. Il ne se monte pas sur les MK4S, les MINI, les XL ou les XL+, ni sur la Pro HT90. Si tu as acheté une XL+ en août, tu devras passer par une autre machine pour le très haute température.

🔥 PPS, PPSU, PEKK-CF : les matériaux qui changent tout

Le vrai sujet n’est pas la température en soi, c’est ce qu’elle débloque. Avec le Prusa HT Hotend à 400 °C, la liste des filaments imprimables sur un bureau s’allonge sérieusement, et je t’avoue que j’ai passé une soirée entière sur la fiche produit à lire les fiches techniques des matériaux.

Le PPS chargé fibre de carbone ou fibre de verre ouvre la porte. Sa température de déformation à la chaleur grimpe jusqu’à 250 °C, il décroche une classification d’inflammabilité UL94 V-0 et il résiste à des produits chimiques qui dissolvent la plupart des plastiques. Prusa précise qu’aucun solvant connu ne peut le dissoudre sous 200 °C. Pour une pièce dans un compartiment moteur ou une pièce en contact avec du carburant, on ne parle plus du même monde.

Pièce imprimée en PPS fibre de verre avec le Prusa HT Hotend

Le PPA chargé fibre de carbone joue dans une autre catégorie : usure, chaleur, produits chimiques et stabilité dimensionnelle, avec une reprise d’humidité plus faible que les polyamides classiques type PA6, PA12 ou PA612. C’est le matériau que je regarde pour les engrenages et les pièces qui coulissent, là où le PETG finit toujours par s’user.

Et puis il y a le PPSU, que je connaissais surtout par le milieu médical : ténacité élevée, stabilité thermique, résistance à l’hydrolyse, capable de supporter des cycles répétés d’eau chaude et de vapeur. Pour des bacs de stérilisation ou des supports d’instruments, c’est le jour et la nuit par rapport à ce que je bricolais avec du PETG. Le PEKK-CF complète le tableau avec des propriétés mécaniques et des températures de service continu qui visent clairement l’aéronautique et les pièces structurelles.

Pièce en PPA fibre de carbone imprimée sur Prusa CORE One avec le Prusa HT Hotend

Prusa annonce que le Prusa HT Hotend ajoute des profils PrusaSlicer dédiés au PPS chargé fibre de carbone ou fibre de verre et au PPA fibre de carbone. C’est loin d’être un détail : sans profil validé, tu passes tes week-ends à calibrer des températures de buse qui n’existent dans aucune documentation. Là, tu ouvres PrusaSlicer, tu choisis le matériau, et tu imprimes.

Je garde quand même une réserve honnête : ces filaments coûtent cher. Une bobine de PPS-CF n’a rien à voir avec une bobine de PLA, et le calcul de rentabilité ne tient que si tu remplaces une pièce métallique ou une pièce importée. Pour imprimer un dragon articulé, tu peux rester au PLA sans aucun remords.

💪 Même tes filaments habituels deviennent plus solides

Les chiffres à retenir
PA11 Carbon Fiber imprimé avec le Prusa HT Hotend : adhérence entre couches en hausse de 23 %. PC Blend Carbon Fiber à 350 °C : plus 7 %. Et sur l’ASA, le PA, le PA11 et le PETG, Prusa annonce des pièces jusqu’à 30 % plus solides grâce à la meilleure liaison entre les couches.

C’est la partie que beaucoup de makers vont sous-estimer. Le Prusa HT Hotend ne sert pas seulement à imprimer du PPS : il transforme aussi la qualité de ce que tu imprimes déjà. En montant la température de buse, tu améliores la liaison entre les couches, et donc la résistance mécanique de la pièce finie. Le PA11 Carbon Fiber est le cas d’école : il est à la limite basse de sa plage sur une tête standard, et il gagne 23 % d’adhérence intercouche avec le hotend haute température.

Engrenage imprimé en PC Blend avec le Prusa HT Hotend sur une imprimante 3D Prusa

Sur le PC Blend Carbon Fiber, c’est plus subtil : la pièce est déjà imprimable avec un hotend normal, mais à 350 °C, l’adhérence gagne 7 %. Dans mon atelier, 7 % sur une pièce qui casse en cisaillement, c’est souvent la différence entre un prototype qui tient et un prototype qui finit à la poubelle. Le Prusa HT Hotend joue exactement ce rôle : il ne remplace pas ta machine, il repousse son plafond. J’ai déjà publié mon retour sur le Prusament PLA Lightweight et sur le Prusa XL+, et la logique est la même : Prusa ne sort pas un nouveau produit par an, ils font évoluer ce que tu possèdes déjà.

Côté logiciel, le hotend s’accompagne d’un profil haute température pour le PC Blend, avec un objectif clair : réduire le warping et améliorer les propriétés mécaniques. Ceux qui me suivent savent que je peste régulièrement contre les profils bâclés livrés avec les machines. Ici, le travail semble fait sérieusement.

🖨️ CORE One L+ : la machine livrée avec le Prusa HT Hotend

Prusa ne vend pas seulement un upgrade : ils sortent aussi une CORE One L+ équipée d’origine du Prusa HT Hotend, avec en plus une filtration avancée. Prix affiché sur la boutique européenne : 1 849 €. Aux États-Unis, la page entreprise annonce un tarif à partir de 1 850,93 $ pour la même famille de machines.

Prusa CORE One L+, imprimante 3D équipée du Prusa HT Hotend dans un atelier

Les caractéristiques valent le détour. Volume d’impression de 300 × 300 × 330 mm, soit environ 30 litres, chambre activement chauffée jusqu’à 60 °C, plateau chauffant en fonte à convection AC avec double boucle qui grimpe à 120 °C, et une précision de plateau annoncée sous 2 °C. En configuration standard, la buse plafonne à 290 °C : c’est précisément le plafond que le Prusa HT Hotend fait sauter pour atteindre 400 °C.

À côté, la CORE One+ Gen 2 se contente d’une chambre passive à 55 °C et d’un volume de 250 × 220 × 270 mm, pour 1 349 €. Prusa est assez honnête dans son propre tableau comparatif : la CORE One+ Gen 2 accepte les matériaux haute température uniquement sur des pièces de petite taille, parce que sa chambre chauffe moins et que le refroidissement des grandes pièces devient un problème. Si ton objectif est d’imprimer du PPS-CF sur 30 cm de long, il faut la CORE One L+, et c’est la seule configuration où le Prusa HT Hotend donne son plein potentiel.

Et au-dessus, il y a la Prusa Pro HT90, avec une chambre à 90 °C et une tête à 500 °C pour le PEEK, le PEKK et le PEI. On ne joue plus dans la même cour, ni sur le prix. Le Prusa HT Hotend occupe le milieu de gamme : il apporte le 400 °C à ceux qui possèdent déjà une CORE One, sans changer de machine.

⚙️ Ce qu’il faut prévoir en plus du hotend

Voilà la partie que je refuse d’oublier, parce qu’un hotend à 400 °C change aussi la chimie de ton atelier. Prusa le dit noir sur blanc : certains matériaux demandent un équipement complémentaire, et ce n’est pas du marketing. Le Prusa HT Hotend ne s’achète jamais seul dans un premier temps.

Système de filtration avancée monté à l'arrière d'une imprimante Prusa CORE One

Premier point : le plateau. Les matériaux haute température demandent un plateau haute température dédié, sinon tu vas arracher la surface de ta feuille actuelle. Deuxième point : la filtration. Pour les filaments qui dégagent des composés volatils, comme le PA11, il faut une filtration HEPA et charbon actif. Troisième point : le séchage. Les polymères techniques sont hygroscopiques, et une bobine de PPA humide ruine une impression qui a coûté 60 € de filament.

Drybox pour filament technique utilisé avec le Prusa HT Hotend sur une CORE One

Sur ce dernier point, j’ai déjà mon compte rendu sur le déshumidificateur filament Sunlu FilaDC i10, qui reste ma référence pour garder dix bobines au sec. Prusa propose de son côté l’USS Drybox, pensé pour leurs machines. Si tu passes au PPS ou au PPA, ce n’est pas un accessoire : c’est la condition pour que la pièce tienne.

Plateau haute température requis pour imprimer du PPS-CF avec le Prusa HT Hotend

Le plateau haute température, justement, je l’ai appris à mes dépens sur une autre machine. Arracher une feuille PEI avec une pièce en PC Blend collée dessus, ça ne se répare pas. Sur une CORE One, la feuille standard n’est pas prévue pour les polymères techniques, et Prusa recommande explicitement un plateau haute température pour ces matériaux.

Je note aussi que la CORE One L+ est annoncée livrée assemblée, pré-calibrée, capable de détecter le 110 V ou le 230 V sur la forme d’onde du secteur et de se reconfigurer seule. Pour un maker européen qui commande aux États-Unis, c’est le genre de détail qui évite un retour produit très pénible.

💶 Mon avis d’atelier : est-ce que ça les vaut, ces 259 € ?

Ma réponse est oui, à une condition. Si tu imprimes déjà de l’ASA, du PC Blend, du PA11 ou du PETG sur une CORE One et que tes pièces cassent régulièrement, le Prusa HT Hotend est l’achat le plus rentable que tu peux faire cette année. Tu gagnes en adhérence, tu débloques des matériaux que tu ne pouvais pas toucher, et tu ne rachètes pas une imprimante. Sur le plan du matériel, les 400 °C à ce prix, personne ne propose ça sur une machine fermée de fabrication européenne.

Si en revanche tu imprimes du PLA pour de la déco, si tu ne sors jamais de pièce technique et si tes bobines coûtent moins de 20 €, attends. Tu paierais 259 € pour un potentiel que tu n’exploiteras pas, et tu ajouterais un plateau, une filtration et un drybox à la facture pour rien. Dans ce cas, le Prusa HT Hotend finirait dans un tiroir, et c’est le pire destin possible pour du matériel de cette qualité.

Mon autre réserve concerne la disponibilité des filaments. Le PPS-CF et le PPSU restent des matériaux de niche, chers, et souvent en rupture. Avant de commander le hotend, regarde ce que tu peux réellement te procurer en Europe, sinon tu auras une tête 400 °C et rien à lui donner à manger. C’est le même piège que les slicers : comme je l’expliquais dans mon article sur PrusaSlicer 3.0, l’outil ne vaut que par ce que tu en fais.

Mon verdict en une phrase
Le Prusa HT Hotend est l’upgrade qui transforme une CORE One de bureau en machine de production de pièces techniques, sans changer d’imprimante ni de logiciel. À 259 €, c’est du matériel, pas du gadget.

❓ FAQ : tes questions sur le Prusa HT Hotend

Le Prusa HT Hotend est-il compatible avec toutes les imprimantes Prusa ?

Non. Le Prusa HT Hotend se monte sur la CORE One, la CORE One+, la CORE One+ Gen 2, la CORE One L et la CORE One L+. Il n’est pas compatible avec les MK4S, les MINI, les XL, les XL+, la Pro HT90, ni avec les machines équipées d’un changeur INDX. Prusa publie la liste exacte des modèles non compatibles directement sur la fiche produit du Prusa HT Hotend.

Quels matériaux peut-on imprimer avec le Prusa HT Hotend ?

Avec les 400 °C, tu débloques le PEKK-CF, le PPS chargé fibre de carbone ou fibre de verre, le PPSU, le PPA et le PPA-CF. Pour les matériaux que tu utilises déjà, le Prusa HT Hotend améliore l’adhérence entre les couches : plus 23 % sur le PA11 Carbon Fiber, plus 7 % sur le PC Blend Carbon Fiber imprimé à 350 °C, et jusqu’à 30 % de solidité en plus sur l’ASA, le PA, le PA11 et le PETG selon Prusa.

Combien coûte le Prusa HT Hotend et la CORE One L+ ?

Le Prusa HT Hotend est affiché à 259 € TTC sur la boutique européenne, soit 214,05 € hors taxes, avec un délai de préparation de commande annoncé à deux semaines. La CORE One L+ livrée avec le hotend et la filtration avancée est à 1 849 €, et la CORE One+ Gen 2 à 1 349 €. Aux États-Unis, la page entreprise Prusa affiche la CORE One L+ à partir de 1 850,93 $.

Faut-il acheter autre chose que le hotend pour imprimer du PPS-CF ?

Oui, et c’est important. Pour les matériaux haute température, il faut un plateau haute température dédié, une filtration HEPA et charbon actif quand le filament dégage des composés volatils, et un drybox pour les polymères hygroscopiques comme le PPA. Le Prusa HT Hotend seul ne suffit pas : c’est l’écosystème complet qui rend l’impression fiable et sûre dans un atelier. Prusa détaille cette liste sur la fiche officielle du Prusa HT Hotend.

🔗 Sources

Toutes les données de cet article viennent de la documentation officielle Prusa et de la reprise presse de l’annonce :

Si tu veux aller plus loin sur l’impression de pièces techniques, j’ai aussi décortiqué l’arrivée du Zetamix 316L et l’impression métal : c’est l’étape d’après quand le polymère ne suffit plus.

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Johan