Le 22 septembre 2026, Bambu Lab a sorti un produit que personne n’attendait aussi vite : le Bambu Lab R1, une découpeuse et graveuse laser CO2 de 55 W. Ce n’est pas le petit module laser greffé sur une H2D. C’est une machine complète, autonome, et la première de toute l’histoire de la marque qui n’imprime absolument rien du tout.

Autant te le dire tout de suite, ça me secoue plus que la sortie d’une énième imprimante FDM. Depuis des années, je bricole sur des lasers diode dans mon atelier, et je bute toujours sur les mêmes murs : l’acrylique transparent, la gravure du verre, et l’alignement des miroirs. Le Bambu Lab R1 attaque pile ces trois points. Je te déroule ce qu’il fait vraiment, ce qu’il coûte, et là où je garde mes réserves de maker méfiant.

L’essentiel sur le Bambu Lab R1
Laser CO2 de 55 W, champ utile de 600 x 300 mm (jusqu’à 3 000 mm avec le Conveyor), vitesse de découpe jusqu’à 1 000 mm/s, coupe de 18 mm de contreplaqué noyer et de 20 mm d’acrylique, alignement automatique du faisceau optique, sécurité classe 1, logiciel Bambu Suite, 2 499 € en Europe, précommandes ouvertes depuis le 22 septembre pour des expéditions en octobre.

🚀 Le Bambu Lab R1, première machine Bambu qui n’imprime pas

Le Bambu Lab R1 à côté d'une imprimante 3D Bambu Lab sur le même établi

Pour comprendre le geste, il faut regarder l’historique de la marque. Bambu Lab a construit sa réputation sur des imprimantes fermées, rapides, bardées d’automatismes qui ont mis une claque au marché de l’impression 3D grand public. Le laser, la marque y a goûté avec les modules embarqués des séries H. Un accessoire, sympa mais secondaire.

Le Bambu Lab R1, c’est la version adulte de cette idée. Une machine dédiée, avec son propre châssis, son propre tube laser et son propre logiciel. Le site d’analyse américain 3DPrint.com résume bien la logique industrielle : la marque a huit imprimantes 3D au catalogue et ajoute maintenant un outil de découpe. Elle ne tourne pas le dos au filament, elle élargit son atelier.

Et franchement, cette lecture me va. Quand je regarde mon propre atelier, la moitié de mes projets ne demande pas de plastique fondu : elle demande du bois découpé net, du plexi propre, du cuir coupé droit. Jusqu’ici, je passais par deux machines, deux logiciels et deux façons de penser. Un seul poste de travail qui fait tout, ça change la façon de concevoir un projet, pas juste la façon de le fabriquer.

🪵 Bois, acrylique et verre : la vraie différence d’un laser CO2

Un laser diode traverse l’acrylique transparent comme s’il n’existait pas. Le faisceau n’est pas absorbé, donc rien ne chauffe, donc rien ne se coupe. C’est le mur numéro un de tous les makers qui veulent fabriquer une enseigne, une boîte ou un bijou en plexiglas.

Découpe d'acrylique transparent réalisée avec le laser CO2 55W du Bambu Lab R1

Le CO2 règle ce problème par nature, parce que la longueur d’onde est absorbée par le plexi et par le verre. Le Bambu Lab R1 découpe donc l’acrylique transparent et grave la surface du verre, ce qu’un diode ne sait pas faire honnêtement. Bambu Lab annonce aussi une coupe plus rapide dans le bois épais, avec des bords moins noircis.

Les chiffres officiels donnent le cadre : 18 mm de contreplaqué noyer, 20 mm d’acrylique et une vitesse de déplacement jusqu’à 1 000 mm/s. Ce ne sont pas des valeurs de jouet. Pour situer, mon graveur diode 33 W galère sur du chêne massif de 10 mm, et il ne touche jamais l’acrylique transparent.

Gravure sur verre de bouteilles décorées avec le Bambu Lab R1

La gravure sur verre, c’est justement le terrain de jeu que je surveille depuis l’IFA de Berlin. J’avais suivi de près la LaserPecker U1 et sa tête UV, et je trouvais la promesse énorme avec un prix qui pique. Voir le Bambu Lab R1, un laser CO2 à 55 W, graver des bouteilles avec ce niveau de finesse me donne envie de ressortir mes idées de cadeaux personnalisés.

Hackster a publié un test complet du Bambu Lab R1 après deux semaines d’utilisation. Le journaliste Cameron Coward parle même d’un vrai effet de surprise sur la gravure : il s’attendait à une bête de découpe un peu brutale, et il a obtenu des traits fins et crisp, ce qui est rare sur un CO2 de cette catégorie. Il note aussi trois objectifs interchangeables : courte focale avec un point de 0,11 mm, moyenne à 0,17 mm et longue à 0,19 mm.

🎯 Auto Laser Alignment : la galère des miroirs est terminée

Le système TriSense du Bambu Lab R1 avec caméras, laser de mesure et encodeurs

Voilà la fonction qui me fait lever le sourcil. Sur un laser CO2, le faisceau voyage du tube jusqu’à la lentille en rebondissant sur une série de miroirs. Si un seul miroir est légèrement décalé, le faisceau part de travers, la puissance s’écroule et la machine devient inutilisable.

Sur la plupart des machines, cet alignement se fait à la main : on colle du papier thermique sur le support du miroir, on tire une impulsion, on regarde la brûlure, on tourne une vis, on recommence. Miroir par miroir. Pour un débutant, ça peut prendre une heure. J’ai vécu ce moment, et c’est exactement ce qui décourage les gens de passer au CO2.

Le Bambu Lab R1 fait tout seul ce travail. Un capteur d’alignement magnétique se clipse sur la tête, lit la position du faisceau, identifie le miroir fautif et corrige avec des actionneurs motorisés. Plus de papier thermique, plus d’impulsions de test, plus de vis à tourner à l’aveugle. La procédure dure environ une minute, et Bambu Lab indique que c’est une exclusivité maison.

📷 TriSense : trois yeux qui visent pour toi

Compensation de vibration et puissance synchronisée sur le Bambu Lab R1

Avant de couper, le Bambu Lab R1 doit répondre à trois questions : où est le matériau, où est le dessin, et à quelle hauteur se trouve la surface. Le système TriSense combine pour ça plusieurs capteurs dans un seul ensemble.

La caméra BirdsEye photographie toute la zone de travail, la caméra de tête repère l’objet à une petite échelle, le laser Pinpoint montre le point exact sur le matériau, et un laser de mesure de distance lit la hauteur de la surface pour ajuster la mise au point, même sur une forme bombée. Des encodeurs sur les axes X et Y complètent le tableau en suivant la position de la tête en temps réel.

Résultat concret : gravure régulière sur un bol arrondi, repérage d’objets minuscules difficiles à positionner à la main, et traçage d’une forme imprimée avec une précision annoncée sous les 0,2 mm. Autrement dit, tu scannes le contour d’un sticker et tu le découpes pile dessus.

Côté mouvement, la marque réutilise sa technologie d’imprimante : la compensation de vibration, qui gomme les effets de résonance et garde les traits nets dans les virages serrés, et la modulation de puissance synchronisée sur la vitesse, pour éviter les coins noirs et les lignes pâles sur une même pièce. C’est le premier CO2 à embarquer ces algorithmes.

🛡️ Classe 1 à la maison, classe 4 en production

Le Bambu Lab R1 fermé en classe 1 laser, utilisable sans lunettes dans un atelier maison

C’est le point sur lequel j’ai le plus d’exigences, parce qu’un laser qui coupe du plexi crache des fumées qui ne pardonnent pas. Le Bambu Lab R1 est classé classe 1 selon la norme IEC 60825-1 : le faisceau reste enfermé dans le bâti pendant une utilisation normale, donc tu peux travailler sans lunettes dans une pièce de vie.

La ventilation croisée aspire l’air d’un côté et le rejette de l’autre, ce qui évacue la fumée en continu. Quand un matériau long passe par l’ouverture, un rideau d’air garde les fumées à l’intérieur jusqu’à l’extraction. Le capot qui s’ouvre pendant un job arrête immédiatement le laser, cinq capteurs surveillent les flammes, un extincteur automatique est proposé en option et l’arrêt d’urgence coupe toute la machine.

Attention au détail que beaucoup oublient : dès que tu installes la Riser Base ou le Conveyor, l’enceinte n’est plus complète. La machine passe alors en classe 4 et exige des lunettes adaptées au CO2, pour un usage professionnel par du personnel formé. C’est logique, mais ça doit être dit avant l’achat, pas après.

💼 Le Conveyor : 3 mètres de matériau qui passent par la porte

Bambu Lab R1 et imprimante X2D côte à côte, un seul écosystème pour bois, acrylique et impression 3D

Le champ de travail de base fait 600 x 300 mm. Avec l’accessoire Conveyor, le Bambu Lab R1 avale des plaques jusqu’à 3 000 mm de long, bien plus que son propre plateau. Là, on ne parle plus de petites décos : on parle de panneaux, de pièces de mobilier et de production en série.

Le Conveyor impose la Riser Base, qui apporte aussi ses portes d’accès sur l’avant et le côté, pratique pour glisser un objet volumineux. Hackster prévient toutefois sur un point : ces deux accessoires dégradent l’étanchéité de l’enceinte, donc les fumées peuvent plus facilement s’échapper. À acheter en connaissance de cause, et pas sur un coup de tête.

Le reste de l’écosystème reste familier si tu possèdes déjà une machine Bambu Lab : même compte, même connexion à MakerWorld, même logique dans Bambu Suite sur Windows et macOS. Une section laser est en train de pousser sur MakerWorld, ce qui est la vraie promesse de la marque : un catalogue de fichiers prêts à découper, comme il y a des modèles prêts à imprimer.

🎨 Mes projets avec le Bambu Lab R1

Piano de concert en acrylique transparent découpé et gravé avec le Bambu Lab R1

Ce qui m’emballe le plus, ce n’est pas une fiche technique, c’est ce que je pourrais enfin sortir de l’atelier. Un diorama qui mélange bois découpé et pièces imprimées en 3D, une lampe en noyer avec un diffuseur gravé, une maquette de bateau dont chaque élément est ajusté au dixième de millimètre. Voilà les trois projets que je réserve au Bambu Lab R1.

Diorama Crystal Canyon Mining en bois et acrylique réalisé avec le Bambu Lab R1

Les visuels officiels montrent exactement ces projets : le diorama Crystal Canyon Mining avec sa mine et son acrylique gravé, la maquette de voilier en contreplaqué, la lampe en noyer et acrylique. Ce ne sont pas des démos techniques, ce sont des objets finis. Et c’est précisément là que le Bambu Lab R1 devient intéressant pour un atelier qui vend ses créations.

Maquette de bateau en contreplaqué découpée avec le Bambu Lab R1

Lampe en noyer et acrylique gravée avec le Bambu Lab R1

Pour un artisan ou un créateur de cadeaux personnalisés, la cible est claire : plaques gravées, découpes sur mesure, verres marqués à la demande, petites séries répétables sans surveillance. C’est exactement le terrain où la marque a déjà fait ses preuves en impression 3D, et le défi Make for Good sur MakerWorld a montré que sa communauté sait se mobiliser sur des projets utiles.

Rester dans l’écosystème a pourtant un prix, et Hackster le dit sans détour : pour beaucoup d’acheteurs, la décision se jouera surtout sur le budget. Posséder déjà une imprimante Bambu Lab ne suffit pas forcément à pencher la balance.

💰 Prix, accessoires et disponibilité en Europe

Le Bambu Lab R1 est annoncé à 2 499 dollars aux États-Unis, hors taxes et livraison incluse, et à 2 499 euros dans l’Union européenne, taxes comprises et livraison exclue. Les précommandes sont ouvertes depuis le 22 septembre 2026 sur la boutique officielle, avec des expéditions qui démarrent en octobre.

Dans la boîte, tu trouves un objectif courte focale. Le reste est vendu séparément : Riser Base, Conveyor, accessoire rotatif, objectifs moyenne et longue focale, Vision Encoder, purificateur d’air E1 Pro et système d’extinction automatique. Le Vision Encoder est une plaque de calibration qui corrige la dérive mécanique dans le temps et maintient une précision absolue de 0,1 mm sur 600 mm de course.

Mon conseil pour un budget réaliste avec le Bambu Lab R1 : compte la machine plus le purificateur E1 Pro. Couper du plexi sans filtration, c’est le meilleur moyen de transformer ton atelier en pièce invivable. Et pour un usage pro du bois long, le duo Riser Base et Conveyor devient vite indispensable.

⚔️ Bambu Lab R1 contre xTool P2S : mon comparatif honnête

Il faut nommer le concurrent, parce que le marché desktop CO2 n’attendait pas Bambu Lab. Le xTool P2S est aujourd’hui le rival le plus direct : champ de travail comparable, tube CO2 de 55 W lui aussi, base surélevée et chargeur automatique en option. Son prix catalogue tourne autour de 2 999 dollars, avec des promos régulières à 2 799 dollars.

Sur le papier, le Bambu Lab R1 et le xTool P2S se tiennent. Le nouveau venu est moins cher d’environ 500 dollars et il embarque l’alignement automatique, que le P2S ne propose pas. Si tu n’es pas à l’aise avec la mécanique de précision, ce seul point peut décider à ta place. J’avais suivi de près la nouvelle machine xTool et ses specs officielles, et je connais la solidité de leur écosystème logiciel.

Et c’est justement là que le bât blesse pour le nouveau venu. Au lancement, le Bambu Lab R1 ne fonctionne qu’avec Bambu Suite, le logiciel maison, qui n’est pas Bambu Studio. Le test de Hackster pointe deux manques : pas d’affichage caméra pendant la phase de création du dessin, et aucune option de passe successive pour descendre progressivement dans une matière épaisse. Bambu Lab a depuis précisé qu’un support progressif de LightBurn arriverait, ce qui rassure les habitués.

Mon avis tient en une phrase : le matériel du Bambu Lab R1 semble excellent, c’est le logiciel qui doit rattraper son retard. Vu la vitesse à laquelle la marque sort ses mises à jour, je ne parierais pas contre elle. Rappelons aussi que Bambu Lab sort d’un jugement défavorable aux États-Unis dans le dossier des brevets face à Stratasys, avec 27,6 millions de dollars à payer au Texas. La marque avance malgré tout, et ce R1 le prouve.

❓ FAQ : les questions que je me pose sur le Bambu Lab R1

Combien coûte le Bambu Lab R1 en Europe ?

Le Bambu Lab R1 est affiché à 2 499 euros TTC dans l’Union européenne, livraison non comprise. Aux États-Unis, il est à 2 499 dollars hors taxes. Les accessoires comme le Conveyor, la Riser Base, le purificateur E1 Pro ou l’extincteur automatique sont facturés en plus.

Le Bambu Lab R1 peut-il couper du métal ?

Non, pas dans le sens d’une découpe de métal brut. Un laser CO2 grave les métaux revêtus, comme de l’acier peint ou anodisé, et il marque la pierre et le verre. Pour couper de l’acier ou de l’aluminium, il faut un laser fibre, une technologie différente que le Bambu Lab R1 n’embarque pas.

Faut-il des lunettes de protection avec le Bambu Lab R1 ?

En configuration fermée, non : la machine est classée classe 1 selon la norme IEC 60825-1 et le faisceau reste à l’intérieur. Dès que tu montes la Riser Base ou le Conveyor, l’enceinte n’est plus complète et la machine devient classe 4. Des lunettes adaptées au CO2 deviennent alors obligatoires.

Peut-on utiliser LightBurn avec le Bambu Lab R1 ?

Pas pour l’instant. Au lancement, le Bambu Lab R1 fonctionne uniquement avec Bambu Suite, disponible sur Windows et macOS. Bambu Lab a indiqué qu’un support de LightBurn serait déployé progressivement, sans donner de date précise. C’est le point à surveiller si tu as déjà tes habitudes dans LightBurn.

📚 Sources

Communiqué officiel Bambu Lab sur le lancement du R1
Page produit officielle du Bambu Lab R1
Boutique officielle Bambu Lab : précommandes du R1
Analyse de 3DPrint.com sur la stratégie laser de Bambu Lab
Test complet du Bambu Lab R1 par Hackster (Cameron Coward)

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Johan