Quand j’ai vu passer l’Engo Titanium, j’ai d’abord cru à une énième paire de lunettes connectées habillée de marketing. Puis j’ai lu la fiche technique : un cadre titane imprimé en 3D d’une seule pièce, 28,9 grammes sur la balance, une HUD couleur et 500 exemplaires seulement pour la planète entière. Là, mon regard de maker s’est arrêté net. Une marque française de Grenoble vient de sortir la paire AR la plus légère jamais pensée pour la course à pied, et elle doit cette prouesse à la fabrication additive.

Dans mon atelier, j’ai l’habitude de l’impression 3D qui bricole, qui prototypise, qui répare. Là, on parle d’un objet porté sur le nez, vendu plus de 500 € et fabriqué en titane aérospatial. C’est exactement le genre de projet qui montre où en est réellement la technologie. Je te détaille ce que contient l’Engo Titanium, ce qu’il change pour un coureur et pourquoi un cadre imprimé en 3D coûte aussi cher.

L’essentiel en trois lignes : l’Engo Titanium est une paire de lunettes AR de sport avec un cadre titane imprimé en 3D d’une seule pièce, 28,9 g, 24 h et plus d’autonomie, une HUD couleur et une série limitée à 500 exemplaires dans le monde. Prix en France : 569,95 € en Azure ou Silver, 629,95 € en version photochromique Shift.

🏔️ Engo, la marque française qui ose le titane imprimé en 3D

Engo Eyewear est une société française basée à Grenoble, spécialisée dans les lunettes de réalité augmentée pour sportifs. Sa cible, ce sont les coureurs et les cyclistes qui veulent leurs données de performance sans baisser la tête, sans sortir la montre du poignet et sans s’arrêter au bord de la route.

Leur nouvelle arme s’appelle l’Engo Titanium. Le constructeur la présente comme la paire de lunettes AR la plus légère jamais conçue pour la course à pied. Pour y arriver, la marque a pris un chemin que très peu d’acteurs grand public osent : le cadre n’est ni moulé, ni assemblé, il est imprimé en 3D dans du titane de qualité aérospatiale, couche après couche. Les montures sont fabriquées et assemblées en France.

Engo Titanium, cadre titane imprimé en 3D pour lunettes de réalité augmentée

Éric Marcellin-Dibon, cofondateur d’Engo Eyewear, résume la promesse sans détour : avec l’Engo Titanium, la marque veut redéfinir ce que signifie porter des lunettes de performance. Son argument tient en une phrase, un design si léger et si fluide que l’athlète oublie qu’il les porte, tout en gardant les bonnes données sous les yeux.

Je connais ce discours par cœur, toutes les marques de wearable le tiennent. Sauf que dans ce cas précis, il y a un chiffre vérifiable derrière : 28,9 grammes. Et ce chiffre, il ne sort pas d’un moule, il sort d’une imprimante 3D métal.

🖨️ Un cadre imprimé en 3D, pas moulé, et ça change tout

La fiche produit officielle est très claire : le cadre de l’Engo Titanium n’est ni fondu, ni moulé, ni assemblé. Il est « cultivé », couche par couche, dans du titane aérospatial. Comprendre : on a affaire à une seule pièce monobloc, issue d’un procédé de fusion laser sur lit de poudre, le même type de technologie que celle utilisée pour certaines pièces aéronautiques ou pour des pièces de satellites.

Pourquoi le titane ? La marque répond elle-même à la question : pour son rapport résistance sur poids. C’est le matériau qui permet un cadre assez fin pour disparaître sur le visage, tout en restant structurellement stable quand tu cours vite ou que tu descends un col à 60 km/h. C’est aussi la raison historique pour laquelle l’aérospatiale l’utilise.

Engo Titanium en version Azure, lunettes AR avec cadre titane imprimé en 3D

Le vrai tour de force industriel, c’est l’aveu de la marque : son procédé de fabrication ne peut pas être mis à l’échelle. Autrement dit, Engo n’a pas trouvé comment produire ces montures en série. Résultat, la production est bloquée à 500 exemplaires dans le monde. C’est frustrant pour le client, mais c’est extrêmement honnête de leur part, et ça explique en grande partie le prix.

Cette logique, je l’ai déjà décortiquée pour l’impression 3D métal de bureau avec la SnowPod et sa technologie SLM. Le métal imprimé reste lent, cher et contraignant, mais il ouvre des géométries impossibles à obtenir par moulage. Ici, sur l’Engo Titanium, la récompense est immédiate : moins de matière, moins de pièces, moins de grammes. Je l’ai vu sur le terrain avec les pièces métal du Charles de Gaulle en Zetamix 316L : quand tu remplaces un assemblage par une pièce unique imprimée, tu gagnes du poids et de la rigidité en même temps.

Le détail qui tue : un cadre monobloc imprimé en titane, ça veut dire zéro charnière vissée, zéro collage, zéro vis qui se desserre au bout de 200 sorties. La structure entière est née en une seule fois dans la machine. C’est aussi pour ça que la marque recommande de ne jamais forcer sur la monture : c’est un objet de précision, pas un accessoire à jeter dans un sac de sport.

⚖️ 28,9 g sur le nez : la chasse au gramme

Parlons chiffres, parce que c’est là que l’Engo Titanium devient intéressant. La version titane pèse 28,9 g, contre 38,5 g pour la version standard en polymère de la même gamme. Dix grammes d’écart, ce n’est pas rien quand l’objet passe trois heures sur ton nez pendant un semi-marathon.

Pour situer, la marque compare elle-même : les lunettes connectées grand public type Ray-Ban Meta dépassent les 50 g, et les lunettes de sport classiques, sans aucune électronique, tournent déjà entre 25 et 40 g. L’Engo Titanium fait donc le poids d’une paire de lunettes de soleil sport en plastique, mais avec une HUD couleur et une batterie embarquée.

Engo Titanium version Silver, lunettes AR imprimées en 3D pesant 28,9 grammes

L’autonomie suit la même logique : 24 heures et plus pour la version titane, contre 20 heures pour la version polymère. Sur une sortie longue, une étape de bikepacking ou un week-end de trail, ça change complètement la donne. Tu pars sans batterie externe, sans câble et sans angoisse du pourcentage qui dégringole.

Le confort de port est travaillé aussi : les branches imprimées en 3D sont réglables horizontalement et verticalement, et le pont de nez en silicone se déforme pour épouser la morphologie de chacun. Petit détail de fiche technique : la FAQ de la marque parle de 28 g, tandis que la fiche officielle de l’Engo Titanium affiche 28,9 g, soit 38,5 g pour la version polymère. Je retiens le chiffre de la fiche produit.

C’est le genre de détail que je ne voyais pas dans mes premières impressions 3D d’objets portés, et ça montre que le procédé est devenu crédible pour du vrai produit fini. La même bascule technologique que sur la combinaison Nike et ses vortex imprimés en 3D : l’impression n’est plus là pour faire joli, elle sert la performance.

📊 La HUD couleur : tes données sans quitter la route

Le cadre est léger, mais ce que l’Engo Titanium affiche est tout aussi important. Sur l’Engo Titanium, l’écran de réalité augmentée projette tes métriques directement dans ton champ de vision, en couleur avec un compteur Garmin. La marque annonce plus de 40 widgets disponibles : fréquence cardiaque, allure, puissance, zones d’effort, durée d’intervalle et bien d’autres.

Engo Titanium : application de personnalisation des 40 métriques des lunettes AR imprimées en 3D

Le mode entraînement structuré est la fonction que je trouve la plus maligne. Tu crées ta séance dans Garmin ou dans une app de workout, et les jauges en direct s’affichent dans la monture : vert quand tu es dans la bonne zone, rouge quand tu dois pousser ou lever le pied. Sur des fractionnés, tu arrêtes de calculer de tête et de regarder ta montre toutes les trente secondes.

Engo Titanium porté en course, lunettes AR imprimées en 3D avec hud couleur

La paire est compatible avec les appareils Garmin, les Apple Watch et les compteurs de vélo. Sur la version Cyclist de la gamme, l’intégration du radar Garmin Varia affiche les véhicules qui arrivent derrière toi sous forme d’icônes qui remontent à l’écran. La marque précise d’ailleurs dans sa documentation qu’il s’agit d’une aide à la perception et pas d’un remplacement de la vigilance du cycliste, ce qui est la formule honnête à utiliser.

Et puis il y a ce que l’Engo Titanium n’a pas, par choix : ni caméra, ni haut-parleur, ni microphone, ni assistant, ni notifications. La marque l’assume totalement. Chaque composant en plus, c’est du poids, de la batterie et de l’attention en moins. En retirant tout ça, elle arrive à 28,9 g et à 24 heures d’autonomie. Dans un marché saturé de lunettes qui veulent tout faire, cette radicalité me plaît beaucoup.

💶 Prix, disponibilité et série limitée à 500 exemplaires

L’Engo Titanium est disponible en trois coloris : Azure, Silver et Shift. En France, la paire est affichée à 569,95 € en Azure ou Silver sur la boutique officielle d’Engo. La version photochromique Shift, dont la teinte s’adapte automatiquement à la luminosité, monte à 629,95 €. Aux États-Unis, les mêmes modèles sont à 689,95 et 759,95 dollars.

Point important : la série de l’Engo Titanium est limitée à 500 unités dans le monde, et la vente passe exclusivement par le site de la marque. Si tu veux la version standard en polymère, elle est à 349,95 € en France, avec 38,5 g et 20 heures d’autonomie.

Engo Titanium Photochromic Shift, cadre titane imprimé en 3D et verres photochromiques

Le contenu de la boîte reste classique pour du haut de gamme : la paire, son étui et de quoi l’entretenir. Rien de superflu, ce qui colle bien à la philosophie du produit. La marque confirme par ailleurs que la compatibilité avec les résines et matériaux spécifiques n’est pas concernée ici, puisqu’il s’agit de lunettes et pas d’un dispositif médical.

À ce prix, tu n’achètes pas un gadget, tu achètes une pièce de fabrication additive en titane produite en France, avec l’écart de poids et d’autonomie comme seule justification. C’est un positionnement premium assumé, et la presse spécialisée le relève : Engo n’essaie pas de concurrencer les lunettes connectées de divertissement, elle vise la performance sportive pure.

Ce que l’Engo Titanium n’est pas : ce n’est pas un casque audio déguisé en lunettes, ce n’est pas une caméra embarquée et ce n’est pas un assistant vocal. C’est un afficheur de performance. Si tu cherches à écouter de la musique en courant, il faut regarder ailleurs, la marque le dit explicitement.

🤔 Est-ce que l’Engo Titanium vaut le coup ?

Ma réponse tient en une question : combien de temps durent tes sorties ? Si tu cours ou roule moins d’une heure, la version standard de la gamme te donne exactement les mêmes données, le même écran et la même compatibilité pour 220 € de moins. Les dix grammes ne se sentent pas sur une séance courte.

Engo Titanium vu de près, cadre titane imprimé en 3D d'une seule pièce

Engo Titanium et son kit, lunettes AR avec cadre titane imprimé en 3D

En revanche, si tes séances dépassent les trois heures, si tu enchaînes les sorties longues, les trails ou les étapes de plusieurs jours, l’équation s’inverse complètement. Les dix grammes en moins et les quatre heures d’autonomie en plus se transforment en confort réel et en tranquillité d’esprit. C’est exactement le raisonnement de la marque, et je le trouve plutôt juste.

Mon seul bémol concerne la série limitée de l’Engo Titanium. Le fait que le procédé ne soit pas industrialisable veut dire que ces lunettes resteront un objet rare, et c’est aussi ce qui fait leur valeur. Pour un maker, la leçon est plus large : l’impression 3D métal est passée du statut de curiosité d’atelier à celui de procédé de production pour des objets portés tous les jours. Il y a deux ans, je n’aurais pas parié un euro là-dessus.

Si tu veux creuser le sujet du titane imprimé dans l’électronique grand public, j’ai décortiqué la charnière imprimée en 3D de l’iPhone Duo : même logique, même matériau, même obsession du gramme.

❓ FAQ Engo Titanium

L’Engo Titanium est-il vraiment imprimé en 3D ?

Oui. Le cadre est une pièce unique en titane de qualité aérospatiale, fabriquée couche après couche par fabrication additive, sans moulage ni assemblage. La marque décrit une monture « cultivée » et non fondue, ce qui explique sa finesse et sa rigidité. C’est également la raison pour laquelle la production est limitée à 500 unités dans le monde.

Combien pèse l’Engo Titanium et pourquoi ça compte ?

L’Engo Titanium pèse 28,9 g, contre 38,5 g pour la version polymère de la gamme. Pour comparaison, les lunettes connectées grand public dépassent souvent les 50 g et les lunettes de sport classiques oscillent entre 25 et 40 g. Sur une sortie longue, dix grammes en moins et quatre heures d’autonomie en plus changent vraiment le confort.

Peut-on écouter de la musique ou passer des appels avec l’Engo Titanium ?

Non, et c’est un choix assumé. L’Engo Titanium n’a ni haut-parleur, ni microphone, ni caméra, ni assistant vocal. C’est un afficheur de performance qui se connecte à ta montre Garmin, à une Apple Watch ou à un compteur de vélo pour projeter tes métriques en couleur dans ton champ de vision. Retirer ces composants est justement ce qui permet d’atteindre 28,9 g et plus de 24 heures d’autonomie.

Combien coûte l’Engo Titanium et où l’acheter ?

En France, l’Engo Titanium est à 569,95 € en Azure ou Silver, et à 629,95 € en version photochromique Shift. Aux États-Unis, comptez 689,95 et 759,95 dollars. La vente se fait exclusivement sur la boutique en ligne d’Engo, et la production est limitée à 500 exemplaires dans le monde pour la déclinaison en titane.

🔗 Sources

Dans mon atelier, ce genre de news me rappelle pourquoi je continue à suivre l’impression 3D métal de près. Si tu veux voir d’autres objets du quotidien transformés par la fabrication additive, je te conseille de jeter un œil à mes dossiers sur les matériaux et les machines qui font bouger le game. Et si tu imprimes tes propres pièces techniques, dis-moi ce que tu penses du titane.

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Johan

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