Tu veux imprimer en 45 teintes différentes sans acheter 45 bobines ? C’est exactement la promesse du nouveau PLA ColorMix de Prusament, officialisé hier par Prusa sur son blog. Après le modèle logiciel open source dévoilé au printemps, la marque tchèque lance enfin ses filaments dédiés : cinq bobines translucides Cyan, Magenta, Jaune, Blanc et Noir, plus deux bobines effet glitter, pour mélanger les couleurs directement à l’impression. J’ai passé la soirée à éplucher l’annonce et les photos de tests, et franchement, le résultat m’a bluffé. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette gamme qui pourrait bien changer ta façon de voir l’impression 3D multicouleur.
🌈 Le PLA ColorMix, c’est quoi exactement ?

Pour comprendre le PLA ColorMix, il faut revenir au mois de mai. Prusa avait alors publié son modèle de mélange de couleurs open source, directement intégré dans PrusaSlicer et EasyPrint, et inspiré du projet communautaire Full Spectrum. La promesse était simple : avec une imprimante multicouleur, tu peux créer des tons supplémentaires à partir des filaments déjà chargés, un peu comme la quadrichromie CMJN en impression papier.
La différence avec le papier, c’est que l’on n’imprime pas sur une feuille blanche : on empile des couches dans l’air. Prusa a donc remplacé le noir de l’encre par du blanc dans la combinaison de base, d’où le nom CMYW (Cyan, Magenta, Jaune, White). Avec quatre têtes ou un MMU, tu commences avec ces quatre couleurs. Les couches fines alternées se fondent à distance normale de lecture : regarde le calendrier perpétuel ci-contre, imprimé dans des dégradés de bleu et de vert, c’est assez fou comme rendu.
💡 Pourquoi des filaments translucides ?

La grande question que je me suis posée en lisant l’annonce, c’est pourquoi Prusa n’a pas simplement sorti des bobines CMYW opaques. La réponse est dans les photos de tests. Les bundles de filaments de mélange déjà présents sur le marché sont majoritairement opaques et très saturés. Résultat : sur les surfaces qui ne sont pas parfaitement verticales, on voit un motif de rayures très marqué entre les couches alternées. Le rendu fait vite jouet en plastique.
Les filaments semi-translucides, eux, laissent passer la lumière à travers les couches fines, et les couleurs se superposent optiquement au lieu de se bloquer mutuellement. C’est exactement ce que Prusa a cherché en développant ses propres pigments. Avec un ratio 1:1 entre deux couleurs, il devient très difficile de distinguer un objet imprimé en PLA ColorMix d’un objet imprimé avec la teinte directe, même en regardant de près. Et cerise sur le gâteau, la translucidité règle le problème des surfaces horizontales : Prusa a testé des surfaces imprimées parallèlement, perpendiculairement et à 45 degrés, et la variation de couleur est minime, comme tu peux le voir sur l’image ci-contre.
Le plus délicat a été de trouver la bonne opacité pour le blanc et le noir du PLA ColorMix. Le noir a tendance à dominer très vite les mélanges, et un blanc opaque transforme les teintes en pastel au lieu de simplement les éclaircir. Sur le marché, la plupart des bundles concurrents se contentent d’un gris pour compléter la gamme, ce qui donne des ombrages très moyens. Prusa a donc ajusté ses pigments jusqu’à obtenir des blanc et noir semi-translucides avec la bonne opacité relative : c’est ce petit détail qui fait toute la différence dans les dégradés, et personne d’autre ne le propose aujourd’hui.
🎨 45 teintes : comment ça marche ?

Le vrai potentiel du PLA ColorMix se révèle quand on ajoute le noir à l’équation. Le noir peut se mélanger à partir de quantités égales de Cyan, de Magenta et de Jaune, mais le résultat tire vers un gris bleuté plutôt qu’un vrai noir. C’est pour cela que Prusa recommande une vraie bobine noire dans la palette CMYWK : sur une Prusa XL+ cinq têtes ou une imprimante équipée d’un MMU3, tu débloques alors les 45 nuances annoncées. Le tableau ci-contre, publié par Prusa, montre les combinaisons possibles.
Autre point fort du système : il n’est pas dépendant d’un filament précis. Le modèle logiciel est calibré sur de vraies impressions, et les données sont stockées dans la base OpenPrintTag Material Database. Prusa peut donc prédire de manière fiable le résultat du mélange de n’importe quels filaments Prusament PLA entre eux. Les imprimantes de la famille CORE One équipées de l’upgrade Bondtech INDX ajoutent même trois couleurs supplémentaires pour des mélanges encore plus fins.
Si tu hésites encore entre un système à carrousel type AMS et un vrai changeur d’outils, sache que cette technique de mélange par couches fonctionne sur les deux : je t’invite à relire mon comparatif AMS vs Tool Changer : lequel choisir pour le multicouleur pour faire le bon choix.
✨ Gold et Silver Glitter : l’effet Galaxy

En plus des cinq couleurs de base, Prusa ajoute deux bobines effet paillettes : le Gold Glitter et le Silver Glitter. Les deux sont fabriquées à partir de PLA Natural, donc elles n’influencent pas les teintes quand tu les mélanges. Leur vraie force, c’est l’ombrage : en combinant le blanc, le noir et les deux glitter, tu obtiens environ 20 nuances de gris différentes. C’est parfait pour des sculptures, des maquettes d’architecture ou des impressions en noir et blanc très réalistes.
Mais le plus fun, c’est l’effet Galaxy. En mélangeant simplement à 1:1 n’importe quel PLA foncé avec un des glitter, tu obtiens un rendu scintillant du plus bel effet. Prusa cite le Blood Red, l’Emerald Green, le Royal Blue ou l’Anthracite Grey comme de bons candidats. Le dragon d’eau ci-contre montre ce que donne l’ombrage : la base est en PLA Emerald Green, et les nuances sont faites au Gold Glitter et au Silver Glitter. On est très loin des impressions toutes plates habituelles, et je trouve que ça ouvre des possibilités énormes pour les miniatures et les figurines.
Le glitter se marie même avec des filaments chargés : Prusa a mixé son Woodfill Pastel Brown avec le Gold Glitter sur un cache-pot, et le rendu bois légèrement pailleté est étonnant pour de la déco. En jouant sur les ratios, tu peux aussi accentuer le contraste entre deux surfaces d’un même objet, un vrai plus pour les pièces qui doivent raconter une histoire visuelle. Ce duo glitter-PLA ColorMix transforme des impressions simples en objets que l’on a envie de toucher.
💰 Prix et bundles du PLA ColorMix

Passons aux choses sérieuses : le portefeuille. Chaque bobine de 1 kg du PLA ColorMix est vendue 32,99 euros TTC, que ce soit pour les cinq couleurs translucides ou pour les deux glitter. Prusa propose surtout trois formats intelligents. Le bundle PLA ColorMix complet, avec les sept bobines, est à 180,49 euros TTC. Vu que sept bobines à l’unité coûteraient environ 231 euros, l’économie est réelle, et c’est clairement la formule que je prendrais pour tester la technique.

Prusa lance aussi une version opaque appelée PLA CMYK, pensée pour les imprimantes quatre têtes. Le bundle contient les Cyan, Magenta et Jaune saturés plus un Pristine White, et il est vendu 123,99 euros TTC. L’idée, c’est de choisir selon le résultat recherché : les couleurs CMYK opaques restent plus vives et masquent mieux la structure interne, tandis que les couleurs ColorMix translucides se mélangent plus finement. Prusa conseille d’ailleurs d’utiliser le ColorMix Black plutôt qu’un noir classique comme quatrième couleur avec le bundle CMYK. Le petit poisson rouge ci-contre a été imprimé avec quatre, cinq puis sept filaments pour montrer la progression du mélange, et c’est un très bon visuel pour comprendre l’intérêt de la gamme.
🛠️ Mes réglages conseillés pour réussir tes impressions

Si tu veux te lancer dans le PLA ColorMix, Prusa a publié ses réglages de référence, et je te conseille de les suivre. Première règle : une hauteur de couche maximale de 0,15 mm. En dessous, le mélange est propre et les rayures disparaissent. Tu peux descendre à 0,1 mm pour un résultat parfait, mais le temps d’impression augmente vite, donc je ne le ferais que sur des pièces de prestige.
Deuxième règle : un remplissage gyroïde à 5-10%. Comme les filaments sont translucides, la structure interne peut se deviner à travers les parois fines, et le gyroïde assure un rendu homogène dans toutes les directions. Troisième règle : respecte l’ordre conventionnel des bobines Cyan, Magenta, Jaune, Blanc, Noir, Gold puis Silver, que ta machine ait quatre, cinq ou huit têtes. C’est le seul moyen de partager tes fichiers avec la communauté sans casser les couleurs de tes modèles. Tu peux enregistrer cet ordre dans un preset PrusaSlicer et tu n’y penses plus.
🔮 Et après ? Le PLA ColorMix et l’avenir de la couleur
Ce qui m’enthousiasme le plus dans l’arrivée du PLA ColorMix en version filament, ce n’est pas seulement la gamme elle-même, c’est tout l’écosystème qui se construit autour. Des applications commencent à apparaître pour automatiser le mapping des couleurs sur un modèle 3D, comme le ColorMix Image mapper créé par un employé de Prusa, le Color Mix Lab de MichaelQ sur Printables, ou encore Gradient Chef. Ces outils transforment une image en dégradés de couleurs applicables directement sur tes objets, et Prusa encourage les créateurs à partager leurs fichiers avec le tag colormix sur Printables.
Petite mise en garde quand même : Prusa a testé le mélange de quatre couleurs à la fois, et le résultat ressemble à de l’eau sale où l’on aurait trempé tous les pinceaux. Reste sur deux, voire trois couleurs max pour des mélanges propres.
En revanche, la technique fonctionne aussi avec d’autres matériaux : PETG, PC Blend et TPU se mélangent très bien, même si Prusa avoue ne pas encore savoir à quoi ça servira. C’est exactement le genre de recherche que j’aime voir dans le milieu maker. Si le sujet du coût réel du multicouleur t’intéresse, j’ai écrit un article complet sur le vrai prix de l’impression multicouleur, et tu peux aussi découvrir comment la preview de PrusaSlicer 3.0 réinvente l’outillage logiciel autour de ces techniques.
❓ Questions fréquentes sur le PLA ColorMix
Le PLA ColorMix de Prusament, c’est quoi ?
Le PLA ColorMix est une gamme de filaments semi-translucides développée par Prusament pour la technique de mélange de couleurs par couches intégrée à PrusaSlicer et EasyPrint. Cinq bobines (Cyan, Magenta, Jaune, Blanc, Noir) permettent de créer jusqu’à 45 teintes différentes sur une imprimante compatible CMYWK.
Quelles imprimantes sont compatibles avec le PLA ColorMix ?
Le PLA ColorMix fonctionne sur toutes les imprimantes multicouleurs. En configuration CMYW quatre couleurs, il faut quatre têtes ou un système type MMU3. Pour débloquer les 45 teintes avec le noir, Prusa recommande une Prusa XL+ cinq têtes ou un MMU3, et les imprimantes CORE One équipées de l’upgrade INDX peuvent ajouter trois couleurs supplémentaires.
Le PLA ColorMix remplace-t-il les filaments classiques ?
Non, c’est un outil complémentaire. Le PLA ColorMix excelle pour créer des dégradés, des ombrages et des nuances réalistes, là où un filament opaque classique donne une couleur unique et saturée. Pour des pièces qui demandent des couleurs vives et franches, Prusa propose d’ailleurs la gamme PLA CMYK complémentaire.
Quel est le prix du PLA ColorMix ?
Chaque bobine de 1 kg de PLA ColorMix coûte 32,99 euros TTC. Le bundle de sept bobines (cinq couleurs plus les deux glitter) est vendu 180,49 euros TTC, et le bundle PLA CMYK de quatre bobines est à 123,99 euros TTC sur l’e-shop Prusa.
📚 Sources et liens utiles
- L’annonce officielle du Prusament PLA ColorMix (blog Prusa, version française)
- Le bundle PLA ColorMix 7x1kg sur l’e-shop Prusa
- Le modèle ColorMix open source dans PrusaSlicer et EasyPrint
- Le Prusa CORE One+ Gen 2 INDX huit têtes sur prusa3d.com
Johan




