L’essentiel
SoftFever, le créateur d’OrcaSlicer, a donné sa première interview au blog Snapmaker. Derrière ce slicer gratuit utilisé par des millions de makers : 6 bénévoles, aucune hiérarchie, et une règle simple qui fait trembler les géants de l’industrie.

Quand j’ai lu l’interview de SoftFever sur le blog Snapmaker, j’ai tout de suite compris que c’était une pépite. Le créateur d’OrcaSlicer ne parle jamais. Et là, pour la première fois, il dévoile les coulisses du slicer le plus utilisé de la planète. 6 bénévoles, pas de bureau, pas de salaire. Et leur logiciel gratuit est en train de redessiner l’industrie.

Franchement, c’est une putain de leçon sur comment un projet de week-end peut bouffer une industrie. Voici ce que j’en ai retenu.

🐋 L’histoire d’OrcaSlicer : de Voron à 200+ imprimantes

Logo OrcaSlicer

Tout commence il y a 4 ans. SoftFever monte une Voron 2.4, une imprimante de compétition. Il améliore tout : le châssis, les moteurs, la tête d’impression. Six mois de modifications. Résultat ? La qualité ne change pas.

C’est là qu’il a le déclic. Le problème, c’est pas le matos. C’est le slicer. Les réglages, les paramètres. Alors il bricole Cura, puis PrusaSlicer, puis SuperSlicer. Chaque fois il pousse plus loin. Et un jour, il tombe sur Bambu Studio.

Il adore l’interface : la sidebar, l’organisation. Sauf que Bambu Studio, tu le sais, il est verrouillé sur les machines Bambu Lab. Alors il fork le code, l’adapte à sa Voron, et balance tout sur GitHub. C’était il y a 3 ans.

Le chiffre qui claque
Aujourd’hui, OrcaSlicer supporte plus de 200 imprimantes. Une nouvelle version chaque nuit. Une communauté de contributeurs qui dépasse tout ce que l’industrie a vu. Et derrière tout ça : 6 personnes au cœur du projet.

🧠 La méthode SoftFever : pas de hiérarchie, pas de deadline

SoftFever vient du monde des boîtes. C’est un chef de produit à la base, il sait comment ça tourne. Et il a choisi l’inverse. Pas de feuilles de route, pas de direction, pas d’actionnaires. Aucune deadline. Aucune réunion.

Icône OrcaSlicer

« À quoi ça sert ? Bah ça sert à rien pour eux », comme il le dit. Et c’est ça qui est fascinant. Un mec qui a vu comment les entreprises fonctionnent, et qui construit délibérément le contraire. Par choix.

Mais à 200 demandes de code en attente, c’est plus gérable tout seul. Aujourd’hui, l’équipe passe la moitié de son temps à guider les contributeurs pour améliorer la qualité de leurs soumissions. Le piège ? Beaucoup de ces demandes sont générées par IA : du code torché par Claude ou ChatGPT, sans test, sans compréhension du projet.

Calibration Flow Rate OrcaSlicer

📏 La règle des 10% : la clé du succès d’OrcaSlicer

SoftFever a une règle, une seule. Avant d’ajouter une fonctionnalité, il se pose une question : « Est-ce que ça apporte une vraie valeur à 10% des utilisateurs, ou c’est le cas particulier d’un seul mec ? »

Si c’est pas 10%, c’est non. Point. C’est pour ça que la calibration intégrée est arrivée : tours de température, Pressure Advance, Flow YOLO. Parce que tous les makers en ont besoin. C’est aussi pour ça que le Scarf Joint Seam mode, ce truc de malade qui change l’ordre des parois pour une finition parfaite, est resté quasiment invisible pendant des mois. Jusqu’à ce qu’un YouTubeur en parle.

Le plus dur, c’est pas d’écrire du code. C’est de décider si on l’ajoute ou pas. Un mec ouvre un ticket en disant « c’est indispensable ». Un autre soumet le code qui fait exactement ce que le premier demande. Tu l’acceptes, et dans l’heure t’as 50 utilisateurs qui gueulent parce que t’as cassé leur façon de bosser. C’est un problème de produit, pas de code.

Ce que ça change pour toi
Si tu utilises OrcaSlicer, tu profites de cette rigueur. Chaque fonction qui arrive a passé le filtre des 10%. Pas de bloatware, pas de fonctionnalités inutiles qui alourdissent le logiciel. Juste ce dont un maker a vraiment besoin.

🔧 Version 2.4.1 : 3 correctifs à ne pas louper

La 2.4.1 est sortie le 28 juin. C’est pas une version majeure, c’est de la maintenance. Mais il y a 3 trucs qui méritent que tu mettes à jour.

1. Le Fuzzy Skin réparé. La 2.4.0 avait pété le truc : les murs en Fuzzy Skin s’effondraient, des artefacts dégueulasses. La 2.4.1 corrige ça. Si tu utilises le Fuzzy Skin, fonce.

Calibration Pressure Advance OrcaSlicer

2. La jupe et le brim en mode séquentiel. La 2.4.0 avait tout cassé. Si tu imprimais plusieurs objets en mode « un par un », la jupe était réimprimée avant chaque objet. Résultat : collisions de buse, impressions foirées. La 2.4.1 règle ça : une jupe unique, puis les objets dans l’ordre.

3. La version native ARM64 pour Windows. Si t’as un PC Snapdragon, une Surface Pro ou un portable ARM, OrcaSlicer tourne maintenant en natif. Pas d’émulation, donc plus rapide, moins de RAM. Les fonctions lourdes comme l’import STEP, le SVG vers 3D ou le texte en relief tournent enfin correctement.

Bref, si t’es encore en 2.3.2 ou 2.4.0, fonce. Ces bugs pouvaient ruiner tes impressions.

🔓 Open source vs écosystèmes fermés : pourquoi OrcaSlicer domine

C’est là que la différence entre OrcaSlicer et le reste devient flagrante. Prends Bambu Studio : c’est un excellent slicer, personne ne dit le contraire. L’interface est propre, les fonctionnalités sont pensées pour les machines Bambu Lab. Mais voilà le problème : tout est lié à l’écosystème Bambu. MakerWorld, le cloud, les profils propriétaires. Tu sors de cet écosystème, et le logiciel perd tout son intérêt.

OrcaSlicer, lui, supporte plus de 200 imprimantes de toutes les marques. Parce que le projet n’appartient à personne. SoftFever l’a dit dans l’interview : on n’a pas d’actionnaires, donc on n’a pas de comptes à rendre. Résultat : quand une fonctionnalité arrive dans OrcaSlicer, elle profite à TOUS les makers, pas juste aux clients d’une marque.

C’est exactement ce qui se passe avec la calibration intégrée. Tours de température, Pressure Advance, Flow YOLO : ces outils étaient réservés à des plugins ou des slicers payants avant. Aujourd’hui, n’importe quel maker avec OrcaSlicer peut calibrer son imprimante en 20 minutes, quelle que soit la marque. C’est ça, la force de l’open source bien exécuté.

🗞️ Les actus slicers de la semaine

Logo PrusaSlicer

Snapmaker lance un fonds d’innovation de 150 000 $. 50 000 $ déjà distribués à 6 projets open source : OrcaSlicer, Klipper, Moonraker, Fluidd, Full Spectrum, Surface Color Stitch. Et 100 000 $ restants en appel à projets jusqu’au 7 septembre. Si t’as un projet open source dans l’impression 3D, vas-y. C’est malin de la part de Snapmaker : ils construisent leur slicer Snapmaker Orca directement sur OrcaSlicer. En finançant le projet, ils financent leur propre écosystème. C’est comme ça que l’open source devrait tourner.

PrusaSlicer 2.9.6 est sorti en stable. ColorMix, le dégradé sans purge dont j’avais parlé dans l’hebdo du 31 mai, est maintenant disponible pour tout le monde. Ça marche bien.

Logo Bambu Studio

Bambu Studio 2.8.0 est sorti en beta. Deux trucs à retenir. L’Assembly Guide qui décompose automatiquement un fichier STEP en étapes de montage visuel. Et le Counter-Bore Bridging qui optimise le pontage des trous fraisés. C’est propre. Mais souviens-toi de ce que SoftFever disait sur les écosystèmes fermés : Bambu Studio 2.8.0 est excellent, sauf qu’il est fait pour l’écosystème Bambu. L’Assembly Guide est lié à MakerWorld.

✂️ Promo filament
La bobine Creality High Speed est à 10,99 € sur Joy-Buy. Et si t’en prends 8, t’en paies que 6 : ça revient à 8,24 € la bobine. C’est le filament que j’utilise le plus souvent, j’en ai des kilos à l’atelier. Le lien est plus bas. Par contre, le code promo que j’avais filé dans ma vidéo sur la présentation n’est plus valable. Joy-Buy ne m’a pas donné de date. Donc profites-en, ça peut ne pas durer.

🏁 Conclusion : OrcaSlicer, la revanche de l’open source

OrcaSlicer, c’est pas juste un slicer. C’est la preuve qu’un projet open source, sans structure, sans budget, peut écraser des boîtes qui ont des millions. 6 bénévoles. 200 imprimantes. Des millions d’utilisateurs. Et tout ça en refusant le modèle des grandes boîtes.

Pas de feuilles de route, pas de deadlines, pas d’actionnaires. C’est pas un hasard si SoftFever vient du monde du produit : il a vu comment les boîtes tournent, et il a construit l’inverse. L’interview montre les fissures : 200 demandes en attente, des contributeurs IA, la fatigue de trier. Mais tant que les 6 tiendront, OrcaSlicer tiendra aussi.

Et c’est ça qui est beau dans cette histoire. Un mec qui fork un logiciel un week-end, 5 autres qui le rejoignent, et 3 ans plus tard, des millions de makers utilisent leur outil gratuitement. Sans business plan, sans levée de fonds, sans roadmap. Juste une règle : est-ce que ça sert à 10% des utilisateurs ? C’est la méthode OrcaSlicer. Et franchement, vu les résultats, y a pas grand-chose à redire.

Alors, t’en es où ? OrcaSlicer ou encore sur Cura ? Dis-moi en commentaire ce qui t’a fait basculer. Je suis curieux.

Et si t’as raté ma vidéo sur Bambuddy, l’outil qui a libéré 100 000 machines du cloud : même philosophie, même combat. Le lien est dans la description de la vidéo ci-dessous, avec mon enquête sur les licenses GPL et les slicers.

📚 Sources

Johan

Rejoins la communauté des makers
Discord : discord.gg/vJRTMFtnGV

Si vous souhaitez partager