Le verdict Stratasys Bambu Lab est tombé, et il fait l’effet d’une claque dans le petit monde de l’impression 3D de bureau. Le 17 septembre 2026, un jury fédéral du district Est du Texas a donné raison à Stratasys : les sociétés liées à Bambu Lab devront payer 27,6 millions de dollars pour avoir contrefait quatre brevets américains. Le jury a même qualifié cette contrefaçon de « volontaire ». Traduction immédiate : pour lui, ce n’était pas un accident.
Dans mon atelier, rien ne s’arrête. Mes machines impriment toujours, mes projets avancent. Mais le dossier Stratasys Bambu Lab mérite qu’on s’y attarde, parce qu’il ne parle pas seulement d’argent : il parle de ce qu’on a le droit d’utiliser quand on conçoit une imprimante 3D moderne. Tour de purge, remplissage des couches, détection de force sur la tête d’extrusion : ce sont des briques présentes sur des machines à 300 euros comme sur des industrielles à plusieurs centaines de milliers. Je n’ai pas encore ces pièces sur mon établi, mais j’ai lu les documents, je les ai croisés, et je te donne mon analyse sans langue de bois sur cette affaire Stratasys Bambu Lab.
⚡ L’essentiel en 30 secondes
- 17 septembre 2026 : un jury fédéral du Texas juge que les quatre brevets Stratasys présentés au procès sont valides et violés par les sociétés Bambu Lab.
- 27,6 millions de dollars de dommages pour la période passée, dans le verdict Stratasys Bambu Lab. La contrefaçon est jugée volontaire.
- Aucune injonction prononcée à ce stade : Bambu Lab peut continuer à vendre ses machines.
- Bambu Lab annonce vouloir contester et faire appel. Le second procès Stratasys Bambu Lab n’a toujours pas de date.
🏛️ Ce que le jury du Texas vient de décider

Ce premier procès Stratasys Bambu Lab s’est tenu sur une semaine devant la cour fédérale du district Est du Texas, division Marshall. À l’arrivée, le jury a tranché dans les deux sens qui comptent pour un plaignant : il a jugé que les quatre brevets défendus par Stratasys étaient valides, et que les défendeurs les avaient violés. Quatre sociétés étaient visées sous la bannière Bambu Lab : Shanghai Lunkuo Technology, Tuozhu Technology Limited, Shenzhen Tuozhu Technology et Bambulab Limited.
Les 27,6 millions de dollars du verdict Stratasys Bambu Lab couvrent uniquement les dommages passés. Stratasys n’a pas précisé comment cette somme se répartit entre les quatre brevets ni entre les différentes entités. Le brevet US 9,592,660 figurait dans la plainte initiale mais n’a pas été présenté au jury. Et le jugement final, lui, n’est pas encore écrit : c’est lui qui fixera les mesures réellement accordées par la cour.
Stratasys a réagi par un communiqué très court, dans son style habituel : l’entreprise dit rester concentrée sur la livraison de ses technologies et sur la protection de la propriété intellectuelle qui sous-tend son innovation. Côté Bambu Lab, le ton est différent : la société dit respecter le processus judiciaire mais être en désaccord avec le verdict, et annonce qu’elle compte utiliser son droit à une révision après procès puis à un appel. Une réaction que l’on peut lire en détail dans la mise à jour publiée par 3D Printing Industry.
⚖️ Les 4 brevets au cœur du verdict Stratasys Bambu Lab

Voilà le cœur technique du dossier, et c’est la partie qui me parle le plus dans tout le verdict Stratasys Bambu Lab. Le premier brevet, le US 9,421,713, porte sur une méthode d’impression additive avec des tours de purge. Autrement dit le principe même d’imprimer de la matière dans une tour séparée quand on change de tête ou de ligne de dépôt : exactement ce que fait une machine multicouleur pour éviter de mélanger les teintes.
Le deuxième brevet retenu dans ce verdict Stratasys Bambu Lab, le US 7,555,357, concerne la génération de trajectoires d’extrusion qui remplissent les petits vides à l’intérieur des couches imprimées. Rien de spectaculaire à l’œil nu, mais c’est ce qui fait la différence entre une couche pleine et une couche qui sonne creux quand tu la cognes.
Les deux derniers brevets, le US 9,168,698 et le US 10,556,381, appartiennent à la même famille et portent sur la détection de force : sentir le contact de la buse avec le plateau, repérer une déviation ou une erreur de fonctionnement. Si tu as déjà vu une imprimante faire son nivellement toute seule en tapotant le plateau, tu as vu cette technologie en action. J’avais d’ailleurs décortiqué les dépôts récents de Bambu Lab dans mon analyse des trois brevets qui pourraient tuer les purges, et le parallèle avec le conflit Stratasys Bambu Lab est frappant.
Ce qui rend le verdict lourd, c’est moins la somme que la validation de ces quatre brevets. Un brevet invalidé, c’est un argument qui disparaît. Un brevet validé par un jury et confirmé par une cour d’appel, c’est un mur. Pour Stratasys, c’est aussi une première victoire dans un affrontement Stratasys Bambu Lab qui traîne depuis août 2024.
🗓️ Deux ans de guerre juridique, décryptés

Pour comprendre le verdict Stratasys Bambu Lab, il faut remonter le fil. Stratasys a déposé deux plaintes distinctes contre Bambu Lab en août 2024, devant la même cour fédérale du Texas. Les plaintes initiales invoquaient dix brevets américains couvrant des technologies utilisées dans les imprimantes à extrusion de matière de bureau. Ce premier procès n’en a examiné que quatre.
Entre-temps, la bataille Stratasys Bambu Lab s’est déplacée sur deux autres terrains. Devant l’Office américain des brevets et des marques, Bambu Lab a contesté plusieurs brevets Stratasys. Le tribunal a jugé non brevetables les revendications attaquées du brevet US 9,592,660 sur le plateau de fabrication chauffant, et du brevet US 8,562,324 sur l’impression 3D en réseau. Sur le brevet de tour de purge US 9,421,713, en revanche, le tribunal a estimé que Bambu Lab n’avait pas démontré la non-brevetabilité. Bambu Lab a fait appel de cette décision devant la cour d’appel fédérale du circuit fédéral.
En Europe, la donne était encore différente. Le 24 avril 2026, la division locale de La Haye de la Juridiction unifiée du brevet a rejeté la demande de mesures provisoires de Stratasys visant l’imprimante Bambu Lab H2C, au motif, à ce stade, que la machine n’entrait pas dans le champ du brevet européen invoqué. Stratasys n’a pas fait appel de cette décision, mais une action en nullité du brevet européen portée par Bambu Lab reste pendante.
Autrement dit : personne n’a gagné la guerre. Stratasys a remporté une bataille au Texas, perdu une manche en Europe et obtenu un partage devant l’office des brevets. C’est ce qui rend la suite du dossier Stratasys Bambu Lab aussi imprévisible, et c’est aussi ce qui rend ce verdict Stratasys Bambu Lab difficile à lire comme un simple rapport de force.
🇪🇺 En Europe, Bambu Lab avait gagné la première manche

La décision de La Haye mérite qu’on s’y arrête dans ce dossier Stratasys Bambu Lab, parce qu’elle montre que l’affaire n’est pas un simple duel entre un grand ancien et un jeune ambitieux. La juridiction européenne a examiné le brevet EP2964450, qui appartient à la même famille que le brevet américain de tour de purge. Elle a conclu, à un stade provisoire, que la H2C n’entrait pas dans son périmètre. Stratasys n’a pas interjeté appel.
Attention au piège de lecture : cette décision européenne ne règle rien pour les États-Unis. Les brevets en jeu ne sont pas les mêmes, les produits accusés ne sont pas les mêmes, et la procédure portait sur des mesures provisoires et non sur une décision au fond. Une victoire européenne ne s’importe pas, et une défaite américaine ne s’exporte pas. C’est une règle de base dans ce genre de litige Stratasys Bambu Lab, et elle explique pourquoi les deux camps peuvent tous les deux revendiquer une victoire le même mois.
Cela dit, je trouve révélateur que Bambu Lab ait choisi de mettre cette décision en avant dans sa communication. La marque s’est construite en jouant la carte de la vitesse et de l’ouverture, et elle doit désormais construire un deuxième récit : celui d’une entreprise capable de tenir une guerre de brevets sur trois continents. Sur le fond, je préfère juger les machines que les avocats, mais cette dimension compte : elle détermine qui aura le droit d’intégrer quoi dans dix ans.
🔧 Ce que le verdict Stratasys Bambu Lab change dans ton atelier

Question honnête : est-ce que ton imprimante va s’arrêter ? Non. À ce stade, aucun juge du dossier Stratasys Bambu Lab n’a prononcé d’injonction, et Stratasys n’a pas indiqué s’il comptait en demander une. Tes fichiers continuent de s’imprimer, ton slicer continue de fonctionner, et le marché de l’occasion ne va pas s’effondrer cette semaine.
La vraie question est ailleurs, et elle concerne le rythme des innovations. Une bonne partie des fonctions qu’on trouve aujourd’hui sur une imprimante de bureau, du nivellement automatique au calcul des tours de purge, touche à des brevets déposés il y a dix ou quinze ans. Si les constructeurs doivent licencier ces briques, l’argent qui part en redevances ne part pas en recherche. Et si certains choisissent de contourner, on obtient des solutions différentes, parfois moins bonnes, parfois meilleures. Regarde par exemple le système 4 couleurs sans purge de la Creality K3 : c’est exactement le genre de réponse technique qu’un contexte juridique tendu peut accélérer.
Il y a aussi un effet collatéral dont on parle peu : la volatilité de l’écosystème logiciel. Bambu Lab a bâti une partie de sa réputation sur son écosystème fermé mais cohérent, et l’épisode OrcaSlicer a déjà montré à quel point cette communauté réagit vite et fort, comme je le racontais dans le dossier sur la fin de l’open source. Ajoute une décision de justice dans l’équation, et tu obtiens un public qui doute. Dans mon atelier, ce doute a un coût réel : je conseille des machines à des débutants, et je n’aime pas leur recommander un écosystème dont l’avenir juridique dépend d’une cour d’appel.
💰 27,6 millions de dollars : beaucoup ou pas ?

Sur le papier, 27,6 millions de dollars, c’est une somme considérable pour un particulier et une ligne comptable pour un groupe industriel. Impossible de savoir précisément quel poids cela représente sans les comptes des deux entreprises, et je refuse d’avancer un chiffre que je n’ai pas vérifié. Mais l’analyse de 3DPrint.com met le doigt sur le vrai enjeu : un tel procès Stratasys Bambu Lab entre le pionnier historique de la FDM et l’acteur qui a bouleversé le marché de bureau ne se joue probablement pas sur 27,6 millions.
Ce qui se joue dans ce verdict Stratasys Bambu Lab, c’est l’accès aux technologies. Un verdict de contrefaçon volontaire, c’est une base solide pour demander des dommages majorés, des redevances ou une interdiction de vente sur les produits concernés. C’est aussi, pour les concurrents qui regardent de loin, un signal : les brevets du fondateur du FDM ne sont pas des décorations. Les constructeurs qui ont construit leur croissance sur des fonctions proches de celles décrites dans ces quatre brevets vont devoir relire leurs fiches techniques avec attention.
Et il y a l’autre versant, celui que les fabricants brandissent à chaque procès : sans un système de brevets solide, personne ne finance la recherche. C’est un argument qui se défend. Mais dans mon atelier, la réalité est plus simple : une tour de purge, c’est de la matière jetée. Le jour où un juge dit qui a inventé la tour de purge, ça ne réduit pas mon bac de déchets. C’est peut-être ça, la limite de ce verdict Stratasys Bambu Lab vu depuis un établi.
🚀 La suite : appel, second procès et menace d’injonction

Bambu Lab a annoncé son intention de demander une révision après procès, puis de faire appel. C’est la suite logique, et cela signifie qu’aucun des 27,6 millions de dollars du verdict Stratasys Bambu Lab n’est définitivement acté. Un appel devant la cour d’appel fédérale du circuit fédéral peut confirmer, réduire, annuler, ou renvoyer le dossier. Compte plusieurs mois, peut-être davantage, avant d’y voir clair.
En parallèle, le second volet du dossier Stratasys Bambu Lab reste en attente. Stratasys avait déposé deux recours distincts en août 2024, et le second n’a toujours pas de date de procès selon le communiqué de l’entreprise. Il porte sur un autre ensemble de brevets, dont le brevet US 8,562,324 sur l’impression 3D en réseau, déjà attaqué devant l’office des brevets. Autrement dit, le feuilleton Stratasys Bambu Lab a encore plusieurs saisons devant lui.
Pour suivre le dossier Stratasys Bambu Lab proprement, il y a deux endroits à surveiller : les communiqués investisseurs de Stratasys, qui donnent la version officielle du plaignant, et la documentation Bambu Lab, où les fiches produits officielles indiquent noir sur blanc quelles fonctions sont embarquées. Pour la partie procédurale, la chambre de recours de l’office américain des brevets publie les décisions des contestations, et la Juridiction unifiée du brevet documente le volet européen.
Mon conseil si tu hésites à acheter aujourd’hui : ne bloque pas ton projet pour un verdict. Aucune injonction n’est prononcée, et le matériel que tu achètes fonctionne indépendamment de l’issue de l’appel. En revanche, si tu construis une startup autour d’un système multicouleur ou d’un mécanisme de détection, fais relire ta conception par un conseil en brevets avant de lever des fonds. C’est moins fun que de calibrer un débit, mais c’est le genre d’erreur qui coûte dix ans.
❓ Questions fréquentes sur le verdict Stratasys Bambu Lab
Combien Bambu Lab doit-il payer à Stratasys après ce verdict Stratasys Bambu Lab ?
Le jury a accordé environ 27,6 millions de dollars à Stratasys au titre des dommages passés. Cette somme ne se répartit pas officiellement entre les quatre brevets ni entre les quatre sociétés visées. Elle pourra évoluer lors du jugement final, puis d’un éventuel appel, et elle ne comprend ni redevances futures ni éventuelle injonction.
Quels brevets sont concernés par le premier verdict Stratasys Bambu Lab ?
Quatre brevets américains : le US 9,421,713 sur les tours de purge, le US 7,555,357 sur le dépôt en couches par extrusion, et les US 9,168,698 et US 10,556,381 sur la détection de force au niveau de la tête d’extrusion. Le jury les a tous jugés valides et violés. Un cinquième brevet, le US 9,592,660, figurait dans la plainte initiale mais n’a pas été soumis au jury.
Dois-je arrêter d’acheter une imprimante Bambu Lab ?
Non, pas sur la base de ce verdict Stratasys Bambu Lab. Aucune injonction n’a été prononcée, et Stratasys n’a pas annoncé s’il en demanderait une. L’appel de Bambu Lab peut renverser la décision. Si tu veux te protéger, regarde plutôt la disponibilité des pièces et le suivi logiciel de la machine que l’issue du procès.
Le conflit Stratasys Bambu Lab est-il terminé ?
Non. Bambu Lab a annoncé qu’il demanderait une révision après procès puis qu’il ferait appel, et le second procès Stratasys contre Bambu Lab, déposé en août 2024, n’a toujours pas de date. En Europe, la Juridiction unifiée du brevet a refusé en avril 2026 les mesures provisoires visant la H2C, et une action en nullité du brevet européen reste pendante.
🎯 Mon regard de maker sur ce verdict Stratasys Bambu Lab
Je vais être direct : ce verdict Stratasys Bambu Lab ne me réjouit pas, mais il ne m’inquiète pas non plus pour mon atelier. Ce que je retiens, c’est qu’une bonne partie des fonctions que j’utilise tous les jours, souvent en râlant parce qu’elles ne sont pas parfaites, est couverte par des brevets déposés par des gens qui ont construit la FDM avant que le grand public s’y intéresse. Il y a une forme de justice là-dedans, et une forme de frein aussi.
Le vrai enseignement du dossier Stratasys Bambu Lab, c’est que la guerre ne se joue plus sur le prix des machines. Elle se joue sur le contrôle des briques techniques et sur la capacité à les intégrer sans se faire attaquer. Pour toi et moi, ça veut dire une chose très concrète : continuer à lire les fiches techniques en regardant ce que chaque constructeur a réellement le droit d’embarquer, et ne pas tenir pour acquis que les fonctions d’aujourd’hui seront là demain.
Si ce genre d’analyse t’intéresse, tu trouveras de quoi creuser dans mes autres dossiers : la partie technique des purges et du multicouleur, et ce que les constructeurs préparent pour la prochaine génération de machines de bureau.
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Johan
🔗 Sources
- 3DPrint.com : Stratasys Wins $27.6M in Patent Case Against Bambu Lab (18 septembre 2026)
- 3D Printing Industry : Stratasys Awarded $27.6 million in Damages, Bambu Lab Disputes
- Communiqués de presse officiels Stratasys
- Page produit officielle Bambu Lab H2D
- USPTO : Patent Trial and Appeal Board (contestations de brevets)
- Juridiction unifiée du brevet (volet européen)
Note de rédaction : à la date de publication, aucune vidéo de la chaîne YouTube du CréAtelier ne couvre le verdict Stratasys contre Bambu Lab. Aucun embed vidéo n’est donc intégré à cet article, la règle restant de ne jamais forcer un contenu vidéo hors sujet.




