Hier, le 1er septembre 2026, Prusa Research a lâché la première preview publique de PrusaSlicer 3.0, et je peux te dire que c’est l’annonce logicielle la plus excitante de l’année dans l’impression 3D. On ne parle pas d’une mise à jour de confort, on parle du plus gros chantier de l’histoire du slicer : interface jetée et réécrite de zéro, profils repensés pour les machines multi-outils, plugins sécurisés et un vrai mode offline.
Le timing est d’ailleurs magnifique, puisque cette preview tombe exactement 15 ans après le tout premier commit de Slic3r, le 1er septembre 2011. J’ai passé la soirée sur le blog officiel et dans les fichiers de la bêta, et dans cet article je te livre tout ce qu’il faut savoir sur PrusaSlicer 3.0 : les nouveautés qui changent vraiment l’usage, ce qui manque encore, et si tu dois tester la preview dès maintenant ou attendre la version stable.
🎉 PrusaSlicer 3.0 : pourquoi cette preview est un séisme

Pour comprendre l’ampleur, il faut rappeler d’où vient ce logiciel. PrusaSlicer est né du fork de Slic3r, le projet lancé par Alessandro Ranellucci le 1er septembre 2011. Depuis, le code est passé du Perl au C++, et des fonctions se sont empilées pendant quinze ans : modificateurs de réglages, imprimantes multi-outils, projets multi-plateaux, peinture de couleurs, édition SVG, gestion à distance des imprimantes. Tout ça a créé une dette technique énorme.
Prusa l’admet sans détour dans son annonce : à un moment, corriger un bug devenait risqué, parce que la correction cassait autre chose ailleurs. La décision a donc été radicale. Pour PrusaSlicer 3.0, l’équipe a jeté l’interface utilisateur et l’a réécrite de zéro, en partant des usages réels des makers en 2026. Le moteur de slicing, lui, a été conservé dans ses grandes lignes, car son architecture a fait ses preuves. Mais autour, tout a été reconstruit avec des responsabilités claires, de nouveaux formats et une base de tests plus solide.
Ce qui rend cette preview importante, ce n’est pas un gadget en plus. C’est le socle qui va porter les prochaines années du slicer : des plugins sans fork, des projets plus riches, des performances améliorées et une philosophie open source maintenue contre vents et marées. PrusaSlicer 3.0 arrive dans un contexte où Bambu Studio et sa couche réseau propriétaire font débat, et c’est un signal fort envoyé à tout le secteur.
🧱 Un projet, plusieurs plateaux : la gestion de jobs repensée

La première nouveauté qui saute aux yeux, c’est la gestion des plateaux. Les beds multiples existaient depuis PrusaSlicer 2.9.0, mais de façon minimale. Dans PrusaSlicer 3.0, chaque plateau devient une vraie partie du projet, avec sa propre configuration. Tu peux préparer plusieurs plateaux dans un même fichier, les slicer indépendamment, utiliser des profils différents, et même mélanger plusieurs imprimantes dans le même projet.
Imagine : tu prépares un lot pour ta MK4S et un autre pour ta XL, côte à côte dans la même fenêtre. Tu glisses un modèle d’une imprimante à l’autre d’un simple drag and drop. La limite de neuf plateaux de la 2.9.x a disparu, et le slicing des plateaux se fait en parallèle. Pour moi qui enchaîne les séries de pièces, c’est un gain de temps énorme, même avec une seule machine : je peux créer des plateaux dédiés à des matériaux ou des réglages différents et gérer tout un projet dans un seul fichier.
Autre détail qui change la vie avec PrusaSlicer 3.0 : tu peux ouvrir plusieurs projets dans une même instance, chacun dans son onglet, avec ses propres dialogues et sélections. Fini les six fenêtres du slicer ouvertes en même temps sur mon bureau. Et si l’application plante, elle sauvegarde en continu tes projets ouverts dans un dossier backup_projects, pour récupérer ton travail sans pleurer.
🔧 Des profils enfin pensés pour les machines multi-outils

C’est LA réponse à un problème que je connais bien avec ma config multitête. Sur une Prusa XL, tu peux avoir une buse 0,25 mm sur un outil pour les détails fins, une 0,4 mm pour le quotidien et une 0,6 mm pour les pièces solides. L’ancien système de profils était incapable de décrire correctement cette machine : il fallait créer trois profils d’imprimante séparés et jongler entre eux selon l’outil voulu.
Dans PrusaSlicer 3.0, le système de profils est devenu multicouche, pensé autour des imprimantes multi-outils modernes. Le slicer décrit le matériel que tu as vraiment, au lieu de le forcer dans une combinaison figée. Choisir une buse devient aussi simple que de sélectionner un outil dans une liste, et tu peux assigner des profils d’impression ou d’imprimante complets à chaque outil individuellement, puis les mixer dans une même impression. J’ai récemment suivi l’évolution de la gamme chez Prusa avec la Prusa XL+ qui arrive sans hausse de prix, et cette refonte logicielle va clairement dans le même sens : le matériel évolue, le logiciel suit enfin.

La gestion des sources de profils a aussi été réécrite : l’écran Preset Sources et mises à jour centralise désormais les sources en ligne et locales. Le format des profils passe de .ini à .yaml, avec une structure de données entièrement neuve. Bonne nouvelle pour la transition avec PrusaSlicer 3.0 : les anciens projets 3MF issus de PrusaSlicer 2.x se chargent correctement, et les configurations sont transformées puis associées automatiquement aux bons profils système.
🖥️ Une interface réécrite de zéro, pensée pour 2026

Lançons l’application et la première chose que tu remarques, c’est que l’interface de PrusaSlicer 3.0 n’a plus rien à voir. Pas juste des boutons déplacés et des coins arrondis : Prusa dit avoir observé comment les gens utilisent réellement un slicer en 2026, puis redessiné toute l’expérience. Les outils sont en haut, un explorateur de scène occupe la gauche et un panneau contextuel la droite. Les raccourcis clavier restent globalement les mêmes, pour ne pas traumatiser ceux qui ont le logiciel dans les doigts depuis des années.
Le panneau de droite est désormais totalement contextuel. Si tu actives l’outil de peinture, tu vois tout ce qui concerne la peinture, pas le taux de remplissage courant. Il affiche les réglages de profil quand un plateau est sélectionné, les options de l’objet quand un objet est choisi, et les contrôles d’outil quand un outil est actif. L’aperçu du G-code propose une vue basique pour les vérifications rapides et un mode inspection pour l’analyse fine.
Côté confort, PrusaSlicer 3.0 ajoute un View Cube pour piloter la caméra, un mode clair en plus du thème sombre, et la caméra se centre automatiquement sur le plateau sélectionné. Tu peux même choisir le schéma de navigation auquel tu es habitué : Tinkercad, Blender, SolidWorks ou Fusion sont proposés nativement. Le rendu 3D a été amélioré avec de l’OpenGL plus avancé, ombres, reflets et occlusion ambiante pour mieux visualiser comment les objets reposent sur le plateau, le tout désactivable dans les préférences si ta carte graphique est limitée.
🔌 Des plugins sécurisés : la fin du fork obligatoire

Voici la fonction qui va faire parler d’elle dans PrusaSlicer 3.0. Le logiciel a toujours été open source, et c’est précisément ce qui a permis l’écosystème que tu connais : OrcaSlicer, SuperSlicer, Bambu Studio et tant d’autres sont nés de forks. Mais forker un logiciel aussi complexe, c’est cher : il faut des développeurs dévoués, et beaucoup de forks finissent abandonnés. Avec PrusaSlicer 3.0, la communauté peut étendre le slicer sans le forker, grâce à des plugins.
Le concept est simple : une API permet d’ajouter des fonctions sans toucher au code source principal. Pour démarrer, Prusa a choisi le domaine le plus utile, les impressions de calibration. Deux plugins paramétriques sont inclus : la tour de débit et la tour de température. Tu choisis l’impression voulue, tu saisis tes paramètres dans une boîte de dialogue, et un projet complet avec objet et réglages se matérialise, prêt à slicer. Tout le mécanisme de génération est distribué comme plugin Lua, pas noyé dans le code du slicer.
Le point crucial, c’est la sécurité. Les plugins tournent dans un bac à sable par défaut : aucun accès général à ton disque, aucun accès à tes données hors du projet chargé, aucun accès au réseau. Les plugins soumis au futur marketplace communautaire passeront par un processus de revue, un peu comme Printables pour les modèles. Tu pourras toujours installer des plugins non vérifiés à tes risques, mais le sandbox est conçu pour les empêcher de sortir du slicer.
J’ai écrit un dossier complet sur OrcaSlicer et les questions de licence qui secouent le secteur, et je vois cette annonce comme une réponse intelligente au problème des forks qui divergent : au lieu de réimplémenter les fonctions en parallèle, on les branche proprement dans PrusaSlicer 3.0. Le marketplace communautaire n’est pas encore dans cette preview, Prusa annonce qu’il arrivera dans une prochaine version, mais l’architecture est déjà là.

🔒 Mode offline et sécurité : la rupture avec le cloud imposé

Autre point fort de PrusaSlicer 3.0, la sécurité et le respect de la vie privée. Depuis l’intégration de Prusa Connect et Printables dans la 2.8, certains utilisateurs craignaient une dérive vers le compte obligatoire et le cloud imposé, à l’image de ce que fait la concurrence. Prusa a entendu la critique et va plus loin que jamais.
Dans la 3.0, tu peux désactiver sélectivement chaque service en ligne, Connect, Printables, même la vérification des mises à jour de profils, avant qu’aucune communication réseau n’ait lieu. Et surtout, le mode offline complet de PrusaSlicer 3.0 ne charge tout simplement pas les bibliothèques réseau : le slicer tourne en isolation totale, sans connexion de fond, sans alerte du pare-feu. Les environnements cloisonnés et airgap sont pleinement supportés.
Prusa prépare aussi Prusa Connect Local, un petit cloud qui tournera chez toi ou sur ton réseau, pour garder le contrôle de tes fichiers. Le message est clair et je le partage à 100% : tes fichiers sont plus en sécurité sur ton matériel. Dans un marché où certains fabricants imposent leur infrastructure, voir le leader open source marteler ce principe, c’est rafraîchissant. Si tu veux creuser le sujet des slicers et des licences, je t’invite à lire mon analyse sur OrcaSlicer et les six bénévoles qui font trembler Bambu Lab.
⚡ Plus rapide, toujours open source, et des promesses pour la suite
Côté performances, la refonte interne se fait sentir. PrusaSlicer 3.0 démarre plus vite, le slicing est plus rapide, et les projets multi-plateaux se traitent en parallèle. Le chargement de modèles très denses est mieux géré : quand la scène devient trop lourde, les trajets d’outils sont masqués pendant la rotation et réaffichés quand la caméra s’arrête. On garde une navigation fluide même sur des pièces complexes, avec tout le détail au moment voulu.
Et parce que la question est sur toutes les lèvres : oui, PrusaSlicer 3.0 reste sous licence AGPLv3, intégralement open source. Prusa aurait techniquement pu fermer la nouvelle interface, mais l’équipe a choisi d’honorer les principes fondateurs, dans la lignée de la volonté d’Alessandro Ranellucci. Tu restes libre de lire et modifier le code, à condition de partager tes travaux dérivés sous la même licence. La philosophie open source continue, et c’est exactement ce que je défends sur ce site depuis le début, comme dans mon article sur la Prusa CORE One L et sa déclaration de guerre philosophique.
Comme toute preview, celle-ci n’est pas complète. Prusa prévient que ce n’est pas une alpha presque finale : c’est une build de travail qui montre la direction, avec des fonctions encore en cours de portage depuis la 2.9.6. Certaines d’entre elles attendront la 3.1.0 pour être totalement réimplémentées. L’API Lua des plugins est expérimentale et va évoluer, avec des changements cassants probables. C’est le jeu des previews, et Prusa compte sur les retours de la communauté pour ajuster le tir.
Pour ma part, je vais installer PrusaSlicer 3.0 en parallèle de la 2.9.6, puisque l’installation côte à côte est officiellement supportée sans conflit, et je te ferai un retour d’expérience complet dès que j’aurai slicé mes premières pièces réelles avec. La preview est téléchargeable gratuitement sur le blog officiel et sur le dépôt GitHub, et les rapports de bugs sont bienvenus sur le forum ou le gestionnaire de tickets.
❓ PrusaSlicer 3.0 : mes réponses à tes questions
Quand sortira la version finale de PrusaSlicer 3.0 ?
Prusa n’a pas donné de date pour la version stable. La preview publiée le 1er septembre 2026 est une alpha de travail destinée à recueillir les retours, pas une version finie. L’équipe précise que certaines fonctions de la 2.9.6 ne sont pas encore portées et n’arriveront qu’avec la 3.1.0. Le plus sage est de tester la preview en parallèle de ta version actuelle en attendant la stabilisation.
Mes anciens projets 3MF sont-ils compatibles avec PrusaSlicer 3.0 ?
Oui, les fichiers 3MF créés avec PrusaSlicer 2.x se chargent avec la géométrie et les réglages, et tes valeurs modifiées restent marquées comme modifiées. L’inverse est plus limité : un 3MF enregistré en 3.0 ouvert dans la 2.x ne charge que la géométrie, les réglages étant ignorés, avec un avertissement dès la 2.9.1. Les 3MF tiers issus de Bambu Studio ou OrcaSlicer s’importent comme géométrie, et les formats STL, OBJ et STEP fonctionnent normalement.
Les plugins de PrusaSlicer 3.0 sont-ils sûrs ?
La sécurité est le cœur du système de plugins de PrusaSlicer 3.0. Par défaut, les plugins tournent dans un sandbox sans accès général au disque, sans accès à tes données hors du projet chargé et sans aucune communication réseau. Les plugins publiés sur le futur marketplace communautaire passeront par un processus de revue. Tu peux installer des plugins non vérifiés à tes risques, mais le bac à sable est conçu pour limiter la casse au slicer lui-même.
PrusaSlicer 3.0 reste-t-il gratuit et open source ?
Absolument. La version 3.x est publiée sous licence AGPLv3, comme les versions précédentes, Slic3rPE et le Slic3r d’origine. Prusa aurait pu fermer la nouvelle interface sans violer la licence, mais a choisi de rester fidèle à l’esprit du projet. Tu peux lire, modifier et redistribuer le code de PrusaSlicer 3.0, à condition de partager tes travaux dérivés sous la même licence.
🔗 Sources et liens pour aller plus loin
Pour vérifier chaque information de cet article, voici mes sources : l’annonce officielle sur le blog Prusa (PrusaSlicer 3.0 Preview, Built for the Future of 3D Printing), le dépôt officiel du code sur GitHub (prusa3d/PrusaSlicer), l’analyse du lancement par All3DP (Prusa Reveals PrusaSlicer 3.0 Preview) et le site officiel Prusa (prusa3d.com).
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Johan



