L’affaire Bambu Lab OrcaSlicer est en train de devenir le plus gros scandale de l’impression 3D depuis 5 ans. Il y a deux semaines, un développeur indépendant a reçu un cease & desist de Bambu Lab. Son crime ? Avoir restauré une fonctionnalité que la marque avait volontairement supprimée du célèbre slicer open source. Le projet a été fermé. La communauté s’est embrasée. Et aujourd’hui, une question brûle toutes les lèvres : à qui appartient vraiment ton imprimante 3D ?

⏱️ Bambu Lab OrcaSlicer : la chronologie d’une dérive (janvier 2025 à mai 2026)
Pour comprendre pourquoi l’affaire Bambu Lab OrcaSlicer est un tournant pour l’impression 3D grand public, il faut remonter le fil. Voici les dates clés :
| Date | Événement |
|---|---|
| 2022 | OrcaSlicer naît comme fork de Bambu Studio, lui-même fork de PrusaSlicer : tous sous licence AGPL-3.0 (copyleft open source). |
| Janvier 2025 | Bambu Lab déploie une mise à jour firmware qui coupe l’impression cloud directe depuis OrcaSlicer. Les utilisateurs doivent désormais passer par Bambu Connect, un middleware propriétaire. Choix imposé : mettre à jour et perdre OrcaSlicer, ou rester sur un vieux firmware non maintenu. (source 3Dnatives) |
| 2025-2026 | Bambu Lab étend son « contrôle d’autorisation » aux modèles d’entrée de gamme (P1P, P1S, A1). Le « walled garden » se referme progressivement sur tous les utilisateurs, comme je l’expliquais dans mon analyse du lancement de la X2D. |
| Avril 2026 | Le développeur polonais Paweł Jarczak crée le fork OrcaSlicer-BambuLab sur GitHub. Il restaure l’impression cloud directe. Le projet gagne rapidement en popularité. |
| Début mai 2026 | Bambu Lab envoie un cease & desist à Jarczak. Accusations : « impersonation de Bambu Studio », « contournement des contrôles d’autorisation », « reverse engineering ». Aucune précision technique ou juridique n’est fournie malgré les demandes du développeur. (source Tom’s Hardware) |
| Mai 2026 | Jarczak ferme le projet. Il annonce pivoter vers le développement pour imprimantes Klipper open source. Bambu Lab n’a émis aucune déclaration publique à ce jour. |
🔒 Janvier 2025 : le verrou Bambu Lab OrcaSlicer qui a tout déclenché
Quand Bambu Lab a annoncé sa mise à jour de sécurité en janvier 2025, la promesse officielle était simple : « protéger les utilisateurs contre les commandes non autorisées ». Dans les faits, ça s’est traduit par une couche d’autorisation obligatoire entre n’importe quel slicer tiers et votre imprimante.
Bambu Connect est devenu le passage obligé. Plus d’impression directe depuis OrcaSlicer vers le cloud Bambu Lab. L’alternative ? Continuer à utiliser l’ancien firmware sans recevoir de mises à jour, un choix que personne ne devrait avoir à faire sur une machine qu’il a payée.
J’ai couvert cette polémique Bambu Lab OrcaSlicer en détail dans mes vidéos YouTube quand elle a éclaté, et déjà à l’époque, une partie de la communauté tirait la sonnette d’alarme. Mais ce que personne n’avait anticipé, c’est que Bambu Lab irait jusqu’aux menaces juridiques contre un développeur individuel.
⚔️ Avril-mai 2026 : le fork Bambu Lab OrcaSlicer qui a mis le feu aux poudres
Paweł Jarczak n’est pas un hacker mystérieux. C’est un développeur qui a regardé le code source de Bambu Studio : publié sous licence AGPL-3.0, je le rappelle : et s’est dit qu’il pouvait légalement créer une version modifiée qui restaure la connexion directe au cloud.
Spoiler : il avait raison sur le plan technique. Le chemin de connexion cloud fonctionnait encore. Bambu Lab ne l’avait tout simplement pas désactivé côté serveur, ils l’avaient juste retiré du code client. Le fork de Jarczak ne faisait que réactiver ce qui existait déjà.
Quelques jours après la publication du fork sur GitHub, Bambu Lab a dégainé :
- Accusation d’impersonation de Bambu Studio
- Accusation de contournement des contrôles d’autorisation
- Accusation de reverse engineering de code propriétaire
- Menace de poursuites judiciaires immédiates
Jarczak a demandé des précisions techniques. Il n’en a reçu aucune. Il a demandé sur quels articles de loi reposaient les accusations. Silence radio. Mais le cease & desist, lui, était bien réel. Résultat : le repo GitHub a été vidé. Les releases supprimées. Le projet : mort.
Pour approfondir le contexte, je vous renvoie vers mon test de la Creality Hi Combo où j’expliquais déjà les différences entre écosystèmes ouverts et fermés.
🧬 L’ironie de l’AGPL : le code est libre, mais Bambu Lab attaque ceux qui l’utilisent
C’est là que l’affaire Bambu Lab OrcaSlicer devient juridiquement fascinante : et moralement indéfendable.
Bambu Studio est sous licence AGPL-3.0, la plus protectrice des licences open source. Elle a été héritée de PrusaSlicer, le projet open source de Prusa Research. Cette licence dit explicitement : vous avez le droit de copier, modifier et redistribuer le code, y compris pour des versions modifiées, à condition de rester sous la même licence.
Autrement dit : Bambu Lab a bâti son logiciel sur du code open source (PrusaSlicer), l’a modifié pour créer Bambu Studio, et menace maintenant un développeur qui… fait exactement la même chose avec leur code.
Vous avez bien lu. La licence qui protège Bambu Studio est la même que celle que Jarczak invoque pour justifier son fork. (Analyse juridique complète sur Stack-Archive)
🔥 La communauté en ébullition : « le Nintendo de l’impression 3D »
Sur Reddit, sur le forum officiel Bambu Lab, sur GitHub : la réaction à l’affaire Bambu Lab OrcaSlicer a été immédiate et sans ambiguïté. Le surnom qui résume le mieux le sentiment général ? « The Nintendo of 3D printing » : en référence à la politique agressive de Nintendo contre les créateurs de contenu et les développeurs indépendants. (source XDA Developers)
Les commentaires que j’ai pu lire ces derniers jours sont éloquents :
- « Une fois que j’achète un produit, il est à moi. Je l’ai payé. Laissez-moi faire ce que je veux avec. »
- « Cette affaire simplifie ma décision pour ma prochaine imprimante. »
- « Ma prochaine machine sera probablement une Prusa. »
Ce ne sont pas des trolls. Ce sont des clients Bambu Lab, des makers qui ont investi dans l’écosystème, et qui aujourd’hui regardent ailleurs.
🎯 L’affaire Bambu Lab OrcaSlicer : ce que ça signifie pour toi, maker
Que tu possèdes déjà une Bambu Lab ou que tu envisages d’en acheter une, cette affaire Bambu Lab OrcaSlicer te concerne directement. Voici pourquoi :
Si tu as une Bambu Lab aujourd’hui : ton imprimante fonctionne encore. Bambu Studio marche. OrcaSlicer avec Bambu Connect aussi (pénible, mais ça marche). Le problème n’est pas immédiat : il est directionnel. Chaque mise à jour firmware rapproche Bambu Lab d’un écosystème 100% fermé où tu n’as plus le choix de tes outils.
Si tu envisages d’acheter une imprimante : pose-toi la question du coût de sortie. Un écosystème fermé signifie que le jour où tu n’es plus d’accord avec la direction prise par la marque, tu ne perds pas juste une imprimante : tu perds tes profils, tes workflows, tes habitudes. C’est le business model de l’enfermement.
À l’inverse, un écosystème ouvert comme Klipper ou Prusa te garantit que ton matériel reste sous ton contrôle, aujourd’hui comme demain.
🔮 Mon analyse : le tournant de 2026
Je vais être direct avec vous : l’affaire Bambu Lab OrcaSlicer est un point de bascule pour l’impression 3D grand public.
Depuis 2022, Bambu Lab a sorti les meilleures imprimantes du marché en rapport qualité-prix. Le X1C a changé la donne. Le P1S a démocratisé la vitesse. Le A1 a tué les bedslingers milieu de gamme. Mais depuis janvier 2025, la stratégie a changé : la croissance par l’innovation a laissé place à la croissance par le verrouillage.
Et c’est là que le bât blesse. Dans l’atelier, quand je branche mon imprimante, je veux décider quel slicer j’utilise. Je veux pouvoir tester un nouveau firmware si j’en ai envie. Je veux posséder ma machine : pas la louer sous conditions.
Prusa l’a compris depuis 10 ans. Klipper l’incarne depuis le jour 1. Et c’est pour ça que le pivot de Jarczak vers Klipper n’est pas anecdotique : c’est le canari dans la mine de charbon.
Si les développeurs les plus talentueux de la communauté quittent l’écosystème Bambu Lab pour l’open source, ce sont les utilisateurs qui vont suivre. Le verdict final sur l’affaire Bambu Lab OrcaSlicer n’est pas encore tombé : mais la direction, elle, est déjà claire.
Retrouve mes analyses sur l’écosystème Bambu Lab et le futur de l’impression 3D open source sur la chaîne Le CréAtelier.
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Johan 🔧