699 euros. Quatre têtes. Zéro purge. J’avais quitté le stand Flashforge à Formnext 2025 avec l’impression qu’il ne se passait rien de marquant de ce côté-là — je l’avais même dit dans ma vidéo. Quatre mois plus tard, ils balancent la Creator 5 et retournent complètement la table du multi-matériaux abordable. Cette semaine dans l’Hebdo Makers, je décortique pourquoi cette machine est un événement, je te donne les infos terrain sur la mise à jour MMU3 de Prusa qui va te faire économiser des heures, et j’épluche avec toi les zones grises juridiques de la licence Open Community Prusa — parce que si tu vends des pièces dérivées, tu dois lire ça maintenant.

La vidéo complète est juste en dessous — tout ce que j’écris ici, je le détaille à l’oral avec les images en direct depuis l’atelier.


🖨️ Flashforge Creator 5 : 4 têtes à 699€, et ça chamboule tout le marché CoreXY

📋 Specs techniques annoncées
Vitesse : 600 mm/s — Accélération : 30 000 mm/s² — Volume : 256×256×256 mm — Plateau : 120°C — Buses : 0,25 à 0,8 mm acier trempé — Caméra 1080p — IA détection spaghetti — Wi-Fi double bande — Logiciel : Flash Studio / Orca-Flashforge

Flashforge Creator 5 — imprimante 3D 4 têtes CoreXY
Flashforge Creator 5 — 4 têtes, système FlashSwap, zéro purge

La Flashforge Creator 5 a été annoncée à TCT Asia 2026. Le système de pré-commande fonctionne par paliers : le prix descend à mesure que les souscripteurs s’engagent — 649 dollars si 2 000 personnes déposent 10 dollars, et côté Europe le palier le plus bas atteint 699 euros avant le 19 avril. Prix standard après la campagne : 799 dollars. Expédition prévue début mai 2026.

Pour que tu comprennes pourquoi c’est un événement : jusqu’ici, si tu voulais un vrai changeur d’outils — des têtes physiquement indépendantes qui se permutent pendant l’impression — tu avais deux options. Le Prusa XL 5-tool aux alentours de 3 800 à 4 000 dollars, ou la Snapmaker U1 entre 849 et 999 dollars. Flashforge arrive entre les deux avec quatre têtes sur une architecture CoreXY. C’est un segment qu’on n’avait pas vu se remplir à ce prix.

Le système s’appelle FlashSwap. Les têtes se garent physiquement sur le côté droit de la machine pendant qu’elles ne travaillent pas. Résultat annoncé : quasi zéro purge, zéro déchets de filament. J’avais testé la K2 Pro de Creality — et ce que j’avais appelé un “gouffre financier” dans cette vidéo, c’est exactement ça : à chaque changement de couleur, les buses longues forcent une purge massive, des dizaines de secondes d’impression jetées à la poubelle sous forme de boulettes de plastique cramé. Avec le FlashSwap, cette purge forcée disparaît complètement — sur le papier.

⚠️ Nuance obligatoire
Aucune impression indépendante documentée à ce jour. Toutes ces caractéristiques viennent des communications officielles Flashforge. La question qui revient sur Reddit : est-ce que Flashforge peut vraiment tenir 600 mm/s sans que la qualité s’effondre ? La réponse arrivera en mai quand les premières machines sortiront des cartons. J’attendrai de voir tourner la bête en vrai avant de me prononcer.


📦 Brèves matériel : Bambu, Revopoint, Creality

Trois signaux à surveiller cette semaine côté hardware :

🤖 Bambu Lab / MakerLab — Meshy 6

Tu glisses une photo dans ton logiciel de découpe et il génère un modèle 3D imprimable directement. L’IA de conversion image vers modèle 3D intégrée dans le workflow — sans passer par un outil tiers. Encore imparfait pour des pièces techniques, mais pour de la déco ou de la personnalisation rapide, c’est un raccourci qui peut valoir le coup.

📦 Creality — Brevet changement de filament

Creality a déposé un brevet pour un système de changement de filament plus propre sur les machines FFF. Les détails techniques restent flous, mais l’intention est là : moins de purge manuelle, plus de confort. J’y reviens en section Rumeurs car le sujet est plus complexe qu’il n’y paraît.

📡 Revopoint MetroY Ultra — TCT Asia 2026

0,015 mm de précision, 3 millions de points par seconde. Du niveau industriel dans un format plus accessible. Si tu travailles sur de la rétro-ingénierie ou de la numérisation de pièces mécaniques, c’est une machine à surveiller de près.

Revopoint MetroY Ultra — scanner 3D haute précision
Revopoint MetroY Ultra — 0,015 mm, 3M pts/s

⚡ MMU3 Prusa — -20% sur le temps de changement : mets à jour maintenant

Prusa MMU3 — mise à jour micrologiciel -20% temps de changement
Prusa MMU3 — la dernière mise à jour majeure avant le passage à l’INDX

Prusa vient de pousser une mise à jour micrologiciel qui réduit significativement le temps de changement du MMU3 — de 52 secondes à 42 secondes par changement, soit -20%. Sur une impression complexe avec beaucoup de changements de couleur, Prusa annonce jusqu’à 5h30 d’économie sur la durée totale d’impression.

✅ Action immédiate
Si tu as une Prusa avec MMU3, mets à jour maintenant. C’est le genre de gain qui ne coûte rien et qui change concrètement la vie en atelier sur les longues sessions multi-couleurs. Contexte : c’est la dernière mise à jour majeure du MMU3 avant que le développement bascule sur le futur système INDX. Profites-en tant que c’est encore chaud.


🔬 Faux nivellement automatique — le problème qui ne disparaît pas

AM Research vient de sortir son bilan 2025 avec une projection 2026-2027 sur le marché FDM. Ce qui ressort : les machines progressent sur les matériaux techniques, mais le problème du faux nivellement automatique reste omniprésent.

Tu achètes une machine qui affiche “bed leveling auto” en gros sur la fiche produit — et tu passes quand même 20 minutes à relancer la séquence de calibration, ajuster le décalage en Z via l’écran, et sacrifier trois premières couches avant d’obtenir quelque chose de correct. J’ai vécu ça en direct sur plusieurs machines. C’est un des points de friction les plus cités sur Reddit et dans les forums cette semaine.

⚠️ Ce que dit l’analyse AM Research
Le nivellement automatique est commercialement présenté comme une solution clé-en-main, mais techniquement c’est encore une aide à la calibration — pas une calibration complète. La différence se ressent immédiatement en atelier, surtout sur les impressions à grande surface.


⚖️ Licence Open Community Prusa — les zones grises qui te concernent si tu vends des pièces

Une analyse juridique publiée sur Fabbaloo vient d’éplucher la nouvelle Open Community License de Prusa Research — et elle a trouvé des zones grises qui méritent ton attention directe si tu crées à partir de leurs modèles.

La licence se veut ouverte : tu peux utiliser, modifier et partager les modèles Prusa. Mais quand tu arrives sur la commercialisation des projets dérivés, les termes deviennent flous. Est-ce que tu peux vendre des pièces imprimées depuis un modèle Prusa ? Est-ce que tu peux vendre le modèle modifié ?

Une analogie simple pour poser le problème : c’est comme acheter une partition “libre de droits” pour jouer dans ta chambre, mais la licence dit vaguement “usage commercial possible” sans préciser si jouer en concert avec un ticket d’entrée c’est commercial ou pas. Tu sais pas si t’es dans les clous — et dans le doute, tu ne fais rien. C’est exactement l’effet que ce type de flou juridique produit sur l’écosystème maker.

⚠️ Si tu vends des pièces dérivées de modèles Prusa
Lis cette analyse complète avant de continuer. Les ambiguïtés relevées sont concrètes et peuvent avoir des conséquences réelles sur ton activité.


🔒 Sécurité & Réglementation — DRM, licences et encadrement commercial

Ce débat sur la licence Prusa s’inscrit dans une tendance plus large. Les grandes marques de l’impression 3D cherchent à encadrer l’usage commercial de leurs modèles sans tuer l’esprit maker. C’est légitime — elles investissent massivement en R&D. Mais les formulations imprécises créent de l’insécurité juridique pour tout le monde.

Ce n’est pas le premier cas — Bambu Lab a eu ses propres controverses sur les DRM de bobines — et ce sera pas le dernier. L’enjeu pour les makers professionnels : naviguer dans un écosystème où les règles changent vite et sont souvent écrites par des juristes qui ne connaissent pas l’atelier.


💬 Rumeurs & Débats — Creator 5 et brevet Creality

Sur Reddit et Discord, deux sujets chauffent cette semaine :

😤 Creator 5 — le scepticisme légitime

Beaucoup de scepticisme légitime dans les communautés : aucune impression indépendante documentée, des caractéristiques très agressives, une marque qui n’a pas historiquement la même réputation que Bambu ou Prusa sur le segment CoreXY haut de gamme. La question qui revient : est-ce que Flashforge peut vraiment tenir 600 mm/s sans que la qualité s’effondre ? Mai nous le dira.

📜 Brevet Creality — verrouillage filaments tiers ?

Certains y voient une avancée bienvenue. D’autres flairent un mécanisme qui pourrait verrouiller l’utilisation de filaments tiers à terme. J’ai déjà eu un avant-goût sur ma K2 Pro : dès que j’utilise OrcaSlicer à la place de Creality Print, la machine affiche un avertissement — “modèle non découpé avec notre logiciel, risque de mauvaise qualité”. Dans mon expérience personnelle, c’est exactement l’inverse. Ce genre de message, c’est pas de la sécurité — c’est de la pression commerciale déguisée en protection.


💡 Inspiration — Laser fibre 20W pour graver des pistes PCB à 0,1 mm

Pas de promo matériel cette semaine — mais un projet Hackaday qui vaut le détour. Un maker a utilisé un laser fibre 20W avec une table à vide pour graver des pistes PCB à 0,1 mm de précision. Il combine gravure laser et attaque chimique pour des résultats qui rivalisent avec la production industrielle — en atelier maison.

Laser fibre 20W pour graver des pistes PCB à 0,1 mm — projet Hackaday
Laser fibre 20W + table à vide — pistes PCB à 0,1 mm en atelier maison

✅ Pourquoi c’est intéressant
L’approche est concrète, documentée, et reproductible. Si tu fais de l’électronique personnalisée et que tu cherches à internaliser la production de PCB, c’est une piste sérieuse à explorer. Lire le projet complet sur Hackaday →


🏆 Le Coin des Makers — Merci à ceux qui ont joué le jeu

Je veux prendre un moment pour remercier les trois makers qui ont répondu présent au premier défi Multi-Procédés — combiner au moins deux techniques de fabrication en un seul objet. David (Gw3nnHaDu), MaximusXVII, G4r0K — c’est exactement l’esprit que je voulais créer ici.

Les défis suivants n’ont pas eu de suite. Plutôt que de continuer à lancer des défis dans le vide, je mets cette énergie là où elle crée vraiment de la valeur — dans du contenu qui vous apporte quelque chose de concret. Si l’envie vous revient un jour, dites-le en commentaire.


📱 L’Ouverture Tech — Samsung Exynos 1680 et le smartphone comme outil d’atelier

Samsung vient d’officialiser l’Exynos 1680, la puce 4 nm qui équipe désormais le Galaxy A57 et le Galaxy A37. Gains annoncés sur le CPU, le GPU, et surtout le NPU — le processeur dédié à l’IA embarquée.

Ce qui m’intéresse directement : un NPU plus puissant dans un smartphone accessible, c’est de meilleures capacités de scan photogrammétrique, de reconstruction 3D en temps réel, et de reconnaissance de formes sur le terrain. Le smartphone comme outil de mesure et d’acquisition dans l’atelier — c’est une tendance qui s’accélère, et l’Exynos 1680 en est un marqueur concret.

📊 Ce que ça change en pratique
Un NPU plus puissant dans un téléphone à prix accessible signifie que la photogrammétrie de terrain — capturer une pièce avec ton smartphone pour la reconstruire en 3D — devient plus rapide et plus précise sans investir dans du matériel dédié. À suivre sur les prochains benchmarks réels.


En parlant de scan et d’acquisition 3D mobile — j’ai creusé exactement cette question quand j’ai testé le CR-Scan Ferret Pro de Creality : est-ce qu’un scanner 3D dédié a encore du sens face à un smartphone bien équipé ? La réponse t’étonnera peut-être. C’est la vidéo juste là :

Johan 🔧

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Discussions en cours sur la Creator 5, partages de projets, retours d’expérience terrain — tout se passe sur le serveur Discord Le CréAtelier. Si t’as des questions sur ce que j’ai couvert cette semaine, c’est là que ça se passe.

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