Impression 3D : On peut TOUT imprimer ? Ce que dit la loi !

Impression 3D : On peut TOUT imprimer ? Le Guide Légal Complet pour les Makers

Salut à tous les passionnés de tech ! Vous savez, on passe nos journées à slicer, à calibrer nos machines et à admirer cette première couche parfaite qui se dépose sur le plateau. C’est magique. Mais on a tendance à oublier qu’une imprimante 3D, au-delà d’être un jouet génial, est juridiquement une machine à reproduire. Et en France, la reproduction, c’est un terrain miné.

On entend souvent tout et n’importe quoi sur les réseaux. Certains jurent que tant qu’on ne vend pas, on risque rien. D’autres pensent que les fichiers gratuits sont libres de tout droit. J’ai voulu en avoir le cœur net. Alors, j’ai plongé dans le Code de la propriété intellectuelle (CPI) pour voir ce qui s’applique réellement à nos petits STL. Attachez vos ceintures, on va parler de loi, mais promis, on va rester entre makers.

1. Ton fichier STL est-il une “œuvre de l’esprit” ?

C’est la première question à se poser. Pour la loi française, dès que vous créez quelque chose qui porte l’empreinte de votre personnalité, vous êtes un auteur. L’Article L111-1 du CPI est très clair là-dessus : l’auteur d’une œuvre jouit d’un droit de propriété exclusif dès l’instant où il la crée.

Cela signifie que si vous modélisez un pot de fleur original, il vous appartient. Mais cela veut aussi dire que si vous téléchargez la création de quelqu’un d’autre, elle lui appartient totalement, même si elle est gratuite sur Thingiverse !

Art. L111-1

Droit exclusif

L’auteur décide SEUL si son objet peut être copié ou non.
Art. L122-3

Reproduction

Imprimer un objet en 3D, c’est créer une copie matérielle. C’est une reproduction.

2. L’exception de Copie Privée : Le grand malentendu

C’est là que beaucoup de makers se trompent. On entend souvent : “Tant que je le garde chez moi, c’est légal”. C’est ce qu’on appelle l’exception de copie privée, définie par l’Article L122-5 2° du CPI. Mais attention, ce n’est pas un totem d’immunité !

Pour que cette exception fonctionne, il y a deux conditions que presque personne ne respecte. D’abord, l’usage doit être strictement réservé au cercle de famille. Si vous imprimez un buste de super-héros pour l’offrir à un ami ou le montrer fièrement dans un salon de makers, l’exception saute. Et surtout, il y a le piège de la source licite.

Le piège de la source licite :

La loi française exige que la copie soit faite à partir d’une source légale. Si vous téléchargez un modèle piraté ou un Fan Art mis en ligne sans l’accord de la marque, votre copie est illicite, même si vous ne la vendez jamais. C’est dur, mais c’est la loi.

3. Vendre du Fan Art : Un pari très risqué

Parlons maintenant de ceux qui veulent en faire un business. On voit passer des centaines d’annonces sur Etsy ou eBay pour des figurines imprimées. Beaucoup pensent qu’un abonnement Patreon “Merchant” suffit. Mais attention : si le modèle est un “Fan Art” (Pokémon, Star Wars, etc.), le modeleur n’a souvent pas lui-même la licence officielle.

Vendre ces objets sans accord de la marque tombe sous le coup de l’Article L335-2 du CPI. Et là, on ne rigole plus du tout avec les chiffres.

⚖️ Ce que tu risques pour une contrefaçon :

La loi prévoit jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende. Les marques sont de plus en plus vigilantes et utilisent l’Article L335-3-1 pour protéger leurs modèles numériques. Ce n’est pas parce que “tout le monde le fait” que c’est autorisé.

4. La Clause de Réparation : Enfin une bonne nouvelle !

Heureusement, tout n’est pas noir. L’impression 3D est l’outil parfait pour lutter contre l’obsolescence programmée, et le droit commence à le reconnaître. L’Article L513-6 du CPI a récemment ouvert une porte fantastique : la clause de réparation.

Si vous imprimez une pièce pour réparer un objet complexe afin de lui rendre son apparence initiale (comme un morceau de carrosserie ou un bouton spécifique), la loi est de votre côté. C’est une énorme victoire pour le mouvement Right to Repair.

Le conseil du Maker :

Si vous modélisez vous-même une pièce cassée pour sauver votre lave-vaisselle ou votre voiture, vous êtes non seulement un génie du DIY, mais vous êtes aussi parfaitement dans les clous de la légalité !

🔴 STOP AUX IDÉES REÇUES !

Il y a tellement de “faux experts” sur YouTube et TikTok qui vous racontent que s’il n’y a pas de signe “$” sur un fichier, vous pouvez en faire ce que vous voulez. C’est un mensonge dangereux qui peut vous coûter très cher.

J’ai voulu mettre les points sur les i. Dans ma dernière vidéo, je démonte ces mythes un par un et je vous explique comment protéger votre passion sans risquer la saisie de vos machines.

DÉCOUVRIR LE VERDICT JURIDIQUE FINAL

Analyse réalisée avec l’aide précieuse du rapport d’expertise de Technapa.

En résumé…

L’impression 3D nous donne des super-pouvoirs de création, mais comme dirait l’autre, cela implique de grandes responsabilités. Le droit d’auteur (L111-1) n’est pas notre ennemi, il est là pour que les créateurs puissent vivre de leur travail.

Mon conseil pour rester un maker épanoui : concentrez-vous sur vos propres designs, respectez les licences des autres et utilisez votre imprimante pour réparer le monde (grâce à l’Article L513-6) !


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